Globalement, l'indice des conditions de bien-être est meilleur dans les zones rurales par rapport aux communes urbaines.

Heureux comme un Wallon?

par Christian Du Brulle

Où fait-il théoriquement bon vivre en Wallonie? L’Institut Wallon de l’Évaluation, de la Prospective et de la Statistique (Iweps), vient de dresser la carte résumant la situation des 262 communes de la région en matière de « bien-être ».

 

« Il s’agit d’une carte des « conditions » de bien-être pour chaque commune », précise Sébastien Brunet, administrateur-général de l’Iweps et Professeur à temps partiel en science politique à l’Université de Liège. « Cette carte résume la situation à un chiffre pour chaque commune.

 

Cet « Indice des conditions de bien-être » (ICBE) est établi au départ de 60 indicateurs clés, regroupés en 8 familles. Il s’agit par exemple des « moyens de vie » de la population, des relations avec les institutions, des équilibres sociaux, etc. »

 

Pour déterminer cet indice, les chercheurs de l’Iweps se sont basés sur plus d’une centaine de paramètres, comme l’emploi, le revenu, les relations familiales, l’enseignement, la santé, le logement, la communication, la mobilité…

 

L'indice moyen de condition de bien-être est de 0,57. Sur cette carte, les communes les mieux classées sont en couleur sombre. (Cliquez pour agrandir)
L’indice moyen de condition de bien-être est de 0,57. Sur cette carte, les communes les mieux classées sont en couleur sombre. (Cliquez pour agrandir)

 

L’ICBE n’est pas une mesure du niveau de bien-être

 

« Cette carte ne mesure donc pas le niveau de bonheur, ni même celui de bien-être des habitants de la Région », précise Christelle Ruyters, chargée de recherche à l’Iweps. « Elle concentre un ensemble de paramètres reflétant divers services, conditions de vie, etc. susceptible de rendre la vie de ces habitants plus facile ».

 

Ce nouvel indicateur en est à sa seconde édition. Il dénote une ébauche d’évolution positive pour certaines communes (en général les plus petites et les plus rurales). Mais surtout, avec d’autres indicateurs développés par l’Iweps, comme l’Indice de la situation sociale (ISS), cet outil permet de se faire une autre idée de la situation de la région que celle décrite par le traditionnel PIB (Produit Intérieur brut).

 

Cinq indicateurs alternatifs

 

Les nouvelles données produites par cet Institut scientifique régional doivent permettre aux pouvoirs publics de prendre les décisions les plus éclairées possibles. Et c’est bien là l’enjeu des indicateurs alternatifs au PIB développés par l’Iweps.

 

« Le PIB est l’instrument de mesure de l’activité économique le plus connu », indique l’Iweps. « Il mesure la richesse produite sur le territoire. Mais il n’est pas en soi une mesure du bien-être ou du progrès sociétal. D’où la mise sur pied des indicateurs alternatifs décidés par le gouvernement wallon en 2012 ».

 

Cinq indicateurs complémentaires au PIB ont été programmés. Ils pourraient être huit à terme :

 

  • Situation sociale
  • Bien-être
  • Empreinte écologique
  • – Situation environnementale : un indicateur des composantes de l’environnement
  • – Situation environnementale : un indicateur de l’impact de ces composantes sur la santé humaine
  • – Capital économique
  • – Gouvernance
  • – Pressions sociales et économiques sur l’environnement

 

« Les trois premiers indicateurs sont désormais une réalité », indique Sébastien Brunet. Ils sont à la disposition des décideurs politiques, à tous les niveaux: communal, provincial, régional. Ces outils offrent un autre regard sur le territoire et sur ses habitants. Pour l’année prochaine, nous travaillons à l’élaboration d’indicateurs relatifs à la gouvernance et au capital économique ».

 

 

D’autres indicateurs explorés au niveau fédéral

 

Dans le cadre de son programme de la « Science pour un développement durable », la Politique Scientifique fédérale (BELSPO) a également soutenu des travaux de recherches concernant l’élaboration d’indicateurs alternatifs au PIB. C’est le cas du projet WELLBEBE (Wellbeing in Belgium).

 

« Nous savons que notre mode de vie actuel n’est ni généralisable à l’ensemble de la planète ni durable en terme de ressources. La question qui se pose aujourd’hui est donc de savoir comment nous pouvons réduire notre empreinte écologique sans perdre notre niveau de bien-être, voire en l’améliorant… », indique Paul-Marie Boulanger, Directeur de l’Institut pour un développement durable (IDD).

 

En collaboration avec le Hoger Instituut voor de Arbeid (HIVA) de l’Université le Leuven (KULeuven) et le Centre du développement durable de l’Université Libre de Bruxelles, les partenaires de WELLBEBE ont dès lors travaillé à l’élaboration d’une méthodologie et d’un cadre théorique pour tenter de résoudre cette nouvelle équation du « bien-être durable ».

 

Un résumé de ce projet de recherche est à découvrir dans une brochure publiée par la Politique Scientifique fédérale.