Un renouveau industriel se propage en Wallonie

par Raphaël Duboisdenghien

Une dynamique de progrès s’est mise en marche en Wallonie… «Elle le doit probablement en grande partie à notre approche pragmatique en matière d’innovation et aussi à la dynamique des pôles de compétitivité, véritable machine de progrès pour notre région», estime Jacques Pélerin, président du comité exécutif du Groupement de Redéploiement
Économique (GRE) de la province de Liège.

 

«Wallonie, réindustrialisation et innovation - Sortir par le haut? », Editions de l’Académie royale de Belgique (VP 5 euros, VN 3,99 euros).
«Wallonie, réindustrialisation et innovation – Sortir par le haut? », Editions de l’Académie royale de Belgique (VP 5 euros, VN 3,99 euros).

L’ingénieur préconise l’optimisme dans «Wallonie, réindustrialisation et innovation – Sortir par le haut?» aux éditions de l’Académie royale de Belgique (VP 5 euros, VN 3,99 euros). Un manifeste de combat selon Bruno Colmant qui préface cette vision du renouveau industriel. L’économiste, professeur à la Solvay Business School, recommande sa lecture aux responsables politiques, économiques et syndicaux qui choisissent d’aborder l’avenir en face. Dans une perspective de progrès partagé.

 

Des entreprises renaissent et se développent

 

La taille de la Wallonie est un atout majeur par la proximité entre décideurs et acteurs politiques, socio-économiques, scientifiques. Les pôles de compétitivité illustrent le poids encore très fort des industries au sud du pays. De grandes sociétés jouent un rôle de pilote de l’innovation envers des petites et moyennes entreprises (PME), universités et centres de recherche dans les projets du Plan Marshall. Elles ont souvent davantage de facilités que de plus petites structures pour mener à bien des projets de recherche et développement (R et D).

 

Des entreprises renaissent et se développent dans d’autres domaines d’activité. Créée après la fermeture de l’usine par Nestlé à Hamoir, la société Belourthe est citée en exemple. Ses produits nutritionnels sont exportés dans quelque 50 pays des 5 continents. À Engis, l’usine Prayon, destinée à la fabrication de zinc, est devenue l’outil de production de la société Hydrométal. L’un des leaders mondiaux de la revalorisation de métaux non-ferreux.

 

Pour l’académicien Jacques Pélerin, «Ce sont là de belles démonstrations de la réorientation d’actifs et d’équipements vers des produits et marchés différents prouvant que la créativité et l’intelligence stratégique peuvent faire des merveilles. Les différents bras financiers du gouvernement wallon, comme la Société régionale d’investissements de Wallonie, la Sogepa ou la Sowalfin, le partenaire financier des PME, se révèlent des outils très utiles de l’économie régionale. Tant pour soutenir la pérennisation que le développement des entreprises locales.»

 

Faire encore mieux et encore plus vite

 

Les PME constituent une composante essentielle de l’économie. Ces dernières années, elles ont fortement contribué à la croissance de la richesse régionale. Aussi diversifiées et performantes qu’en Flandre en matière de rentabilité, les PME wallonnes sont plus performantes en création d’emplois.
«En dépit des progrès, la reprise économique se fait attendre et le niveau de chômage reste inacceptable», constate Jacques Pélerin qui a un long vécu dans le domaine industriel. «Les emplois créés dans certains secteurs ou entreprises permettent juste de compenser ceux perdus dans d’autres. Ce problème doit évidemment être au cœur de nos priorités. Il faut faire encore plus. Encore mieux et encore plus vite! De nouveaux gisements d’innovation apparaissent pour faire grandir les entreprises existantes et en créer de nouvelles.»

 

S’appuyer davantage sur les TIC

 

En matière d’innovation, il ne suffit pas de trouver l’idée. Il est indispensable de la transformer rapidement en réalité concrète. Et de la mettre sur le marché. Un passage qui peut prendre plusieurs années…

 

«Il faut être à même de tenir physiquement et moralement, et surtout rester optimiste. En Wallonie, nous nous en sortons relativement bien pour exécuter le premier looping qui est celui du développement technique. Il en va malheureusement différemment pour le second, celui du développement commercial. Pour éviter les innovations qui ne produiront aucune création de valeur et d’emploi, il faut aussi innover. S’appuyer davantage sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui révolutionnent peu à peu l’approche et la relation de l’entreprise avec ses clients.»

 

Si l’alchimie humaine est essentielle à la réussite des projets initiés dans des sociétés ou des universités, elle l’est encore plus pour les innovations développées dans des pôles de compétitivité. Où grandes entreprises, PME, universités et centres de recherche se côtoient.