Un congrès international… en douze fois cinq minutes

par Christian Du Brulle

A Liège, on oublie cette semaine les vastes réunions scientifiques, aux auditoires accueillant des centaines de participants en séances plénières!
 
On met également entre parenthèses les sessions scientifiques où un spécialiste s’adresse à la salle dans une sorte de longue communication unidirectionnelle illustrée de quelques schémas.
 
Pour le 14e Congrès international de Stéréologie qui se tient actuellement en bord de Meuse, le Pr Eric Pirard (ULg), responsable de l’Unité de Géoressources minérales & Imagerie géologique (GeMME), et organisateur de ce congrès a décidé d’innover.

 

« Nous voulons encourager au maximum les échanges entre les participants », explique-t-il.
 
« Notre priorité est de favoriser au maximum les discussions entre spécialistes de différents domaines ayant la stéréologie et l’analyse d’images en commun. Nous avons donc décidé d’articuler cette rencontre internationale différemment ».
 
Cinq demis journées très rythmées
 
Cette nouvelle formule de congrès se concrétise par une série rythmée de courtes présentations à l’ensemble des participants. La rafale de présentations est suivie de rencontres plus interactives et décentralisées.
 
« Par demi-journée, nous proposons d’abord une série de douze présentations de cinq minutes chacune », précise le Pr Pirard.
 
« Ensuite, chacun des orateurs rejoint un stand et réunit autour de lui les chercheurs intéressés par ses travaux pour une véritable discussion plus approfondie sur le sujet. Au final, tous les congressistes ont ainsi la possibilité de découvrir l’ensemble des thématiques du congrès et d’en approfondir l’une ou l’autre, en fonction de ses domaines de recherche».
 
Au total, le congrès s’étale sur cinq demi-journées.
 
Une formule enthousiasmante
 
Bilan à mi-parcours?
 
« C’est un succès », note le Professeur Pirard, qui clôture avec ce congrès ses quatre années à la présidence de la Société internationale de Stéréologie.
 
« Tous les échos recueillis jusqu’à présent sont positifs. Bien entendu, cette formule plus interactive demande à être affinée. Et elle n’est pas envisageable pour des congrès rassemblant des milliers de personnes. Cette semaine à Liège, au 14 Congrès de stéréologie, nous ne sommes qu’une centaine de scientifiques. Mais la formule mérite qu’on la développe».
 
Une méthode également en phase avec la stéréologie
 
Une formule qui est également intéressante dans le cadre précis de la stéréologie, une discipline très interdisciplinaire. Elle porte sur l’analyse et l’étude de corps solides. Cela peut concerner la mesure de la taille, des formes, l’appréciation de la texture d’objets complexes, intégrant des éléments différents, comme dans les matériaux granuleux par exemple.
 
Des domaines d’applications multiples
 
« Les outils techniques d’imagerie ont connu de formidables développements au cours de ces dernières années », souligne l’ingénieur Eric Pirard.
 
« Et ils sont largement disponibles. Chacun, dans nos domaines de recherche, nous développons un certain savoir-faire spécifique. Et celui-ci peut être utile à certains collègues travaillant sur d’autres types de matériaux ou d’objets. Le but de ce congrès est donc de faciliter ces échanges de savoir-faire. D’où cette nouvelle formule ».