La saga du rail belge est loin d’être totalement écrite

par Christian Du Brulle

Le RER progresse en Belgique. Les grandes lignes internationales, à l’exception de quelques liaisons en trains rapides (Thalys, ICE, TGV…), ont par contre fondu en Europe. Le rail est en perpétuelle évolution.

"Les chemins de fer belges: hier, aujourd’hui, demain", par Louis Gillieaux, Editions Racine, 34,99 euros.
« Les chemins de fer belges: hier, aujourd’hui, demain », par Louis Gillieaux,
Editions Racine, 34,99 euros.

Louis Gillieaux, jadis responsable du patrimoine historique de la SNCB, jette un coup d’œil dans le rétroviseur de la mobilité ferroviaire. Son voyage à travers l’histoire et l’actualité des chemins de fer de Belgique, de 1835 à nos jours, est aussi prospectif.

Dans « Les chemins de fer belges : hier, aujourd’hui, demain », il relate l’épopée du rail belge. Une saga qui démarre cinq ans après l’indépendance de la Belgique et qu’il replace aussi dans le contexte géopolitique de l’époque.

Outil de développement du pays

« Le développement du chemin de fer a permis au jeune pays d’éviter l’étouffement, l’isolement », analyse-t-il. « Grâce à lui, on déplace plus vite et plus loin bien plus de personnes qu’auparavant, ainsi que des charges beaucoup plus importantes ».

« Son développement a permis à la Belgique de se désenclaver et d’affirmer son existence sur la scène internationale. Par la suite, le réseau très ramifié qui s’est rapidement construit a constitué un des plus importants moteurs du développement économique, social et démocratique du pays et ce pendant près de cent ans », analyse-t-il. « Ce qui a valu à la Belgique de se retrouver dans le peloton de tête des nations les plus développées ».

« Les chemins de fer ont aussi été le creuset d’innovations technologiques qui ont été mises au point avec nos entreprises. Des succès qui ont également inspiré plusieurs autres secteurs industriels belges et dont la réputation a largement dépassé les frontières.

Un savoir-faire que le pays n’a pas hésité à exporter, jusqu’en Chine, où les Belges et les Français ont construit le premier chemin de fer de ce vaste pays.

Un pilier de la mobilité durable

Avec la Première Guerre mondiale, les modes de transports ont évolué. La voiture automobile a fait son apparition. « Les années 1930 marquent une période de transformations technologiques qui a vu apparaître la traction électrique, les autorails et les trains légers. Les chemins de fer se repositionnent ensuite face à une concurrence routière qui se développe. Avec les trains express, comme les TEE par exemple ».

L’auteur décrit aussi l’évolution historique des chemins de fer comme un pilier de notre mobilité. Il souligne les importantes transformations de nos chemins de fer au fil des décennies : la fin de la vapeur, l’arrivée de la grande vitesse et leur modernisation tous azimuts afin de remplir au mieux le rôle majeur qu’ils joueront dans la mobilité de demain.

Découvrez ici quelques pages de l’ouvrage

 

« Ces 20 dernières années, l’arrivée de la grande vitesse n’a pas étouffé le chemin de fer classique en Belgique. La grande vitesse a été un catalyseur du réseau en Belgique : nouvelles gares, modernisation de la signalisation, développements technologiques… », estime Louis Gillieaux.

« Le chemin de fer reste un mode de transport actuel, qui se positionne dans un souci global de mobilité durable », affirme-t-il.

Les défis ne manquent pas. Il en pointe plusieurs, stratégiques :

  • – Croissance du trafic, principalement dans et autour de Bruxelles
  • – Intermodalité, y compris pour les flux de marchandises
  • – Optimalisation du réseau
  • – Compression des coûts
  • – Sécurité maximale des utilisateurs
  • – Confort
  • – Ponctualité
  • – International : développement européen de la grande vitesse

Mais à propos, le chemin de fer en Belgique, aujourd’hui, cela représente quoi? L’auteur nous livre quelques chiffres qui fixent les idées. Ils sont pour l’essentiel tirés du rapport annuel 2016 de la SNCB, de Statbel ou du SPF Mobilité & Transport.

La Belgique compte 3.602 km de voies ferrées (pour 155.210 km de routes et 1532 km de voies navigables). Louis Gillieaux rapporte aussi que 73 % des transports de personnes en Belgique le sont par véhicules automobiles, 11 % par train, 7 % en bus-tram-métro et 9 % pour les autres modes de transport (distances parcourues par les personnes).

En ce qui concerne plus spécifiquement le transport ferroviaire de personnes en Belgique sur une année, il avance notamment trois chiffres:

  • – Nombre de voyageurs (trafic national) : 227,1 millions
  • – Nombre de trains en circulation un jour ouvrable (moyenne) : 4.160
  • – Nombre de voyageurs quotidiens : 873.855