Les yeux et les oreilles de Daily Science (112)

Avancées dans la fusion entre l’Université catholique de Louvain et l’Université Saint-Louis-Bruxelles, la sarcopénie pistée dans le sang par une spin-off de l’Université de Liège, les jeunes, le religieux et le travail social, l’ULB pilote un nouveau projet européen pour comprendre le développement moléculaire du diabète, l’Europe toujours davantage menacée par la listériose

À la rédaction de Daily Science, nous repérons régulièrement des informations susceptibles d’intéresser (ou de surprendre) nos lecteurs. Découvrez notre dernière sélection.

 

Avancées dans la fusion entre l’Université catholique de Louvain et l’Université Saint-Louis-Bruxelles

L’avant-projet de décret organisant la fusion entre l’Université catholique de Louvain et l’Université Saint-Louis-Bruxelles et organisant l’intégration de l’Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales de la Haute Ecole Galilée à l’Université Libre de Bruxelles a fait l’objet d’avancées ce mercredi 12 décembre 2018, indique le cabinet du Ministre Marcourt, en charge de l’enseignement supérieur au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Cela permettra aux deux dossiers d’être soumis aux avis de l’ARES, des représentants des établissements d’enseignement supérieur, des étudiants et des organisations syndicales avant d’être transmis dans les meilleurs délais au Conseil d’Etat ».

Le Gouvernement continuera de travailler entre la première et la deuxième lecture sur les aspects financiers ainsi que sur la problématique des habilitations dans le respect de la philosophie du décret Paysage en accordant une attention particulière au principe de ne pas accroître la concurrence et, notamment, au sein du pôle de Bruxelles.

 

La sarcopénie pistée dans le sang par une spin-off de l’Université de Liège

Artialis, spin-off de l’Université de Liège, se lancera début 2019 dans un vaste programme de Recherche et Développement appelé « DEMAIN ». Ce programme vise à mettre au point des tests permettant de mesurer directement dans le sang de patients, des molécules impliquées dans la genèse et le développement de la sarcopénie, la maladie du vieillissement musculaire.

DEMAIN est en réalité un programme de recherche de quatre ans impliquant des industries et des laboratoires universitaires. Grâce à une subvention du SPW Recherche, cinq nouveaux postes de chercheurs seront créés. Au total, DEMAIN impliquera 10 personnes à temps plein et plus de 20 collaborateurs en Belgique. Le programme de recherche vise à identifier dans le sérum, mais également dans les cellules musculaires, des marqueurs biologiques pour le diagnostic, le pronostic et l’efficacité des traitements de la sarcopénie.

Avant d’être commercialisé, un marqueur biologique doit être qualifié in vitro, chez l’animal et chez l’homme. Pour cette raison, le programme de recherche translationnelle DEMAIN prévoit un volet de recherche fondamentale (étude des cellules musculaires) et un volet de recherche clinique (mise au point de test de détection, d’un système d’analyse de la composition corporelle par imagerie et une cohorte de patients).

« Grâce à ce soutien, indique le Pr Yves Henrotin, président d’Artialis, notre société a déjà déposé deux demandes de brevet. De plus, nous allons acquérir une grande expertise dans le domaine de la culture de cellules musculaires, développer des modèles originaux permettant de tester de nouveaux traitements de la sarcopénie et enfin, de constituer une bibliothèque unique d’ADN et de fluides biologiques. Notre objectif est de sortir rapidement un test qui permettra aux chercheurs d’étudier la maladie chez l’homme et d’évaluer les effets de nouveaux médicaments sur la progression de la maladie. »

La sarcopénie est définie comme le déclin de la structure et de la fonction musculaire chez les personnes âgées, entraînant une incapacité fonctionnelle, une baisse de la qualité de vie et une augmentation de la mortalité. Avec une population vieillissante, la sarcopénie est de plus en plus répandue. Rien qu’en Europe, le nombre de sarcopéniques devrait passer de plus de 10 millions en 2016 à plus de 18 millions en 2045, soit une augmentation de 72,4%.

 

Les jeunes, le religieux et le travail social

La ville de Bruxelles est le théâtre de violentes disparités socio-économiques et d’un enseignement que l’on peut qualifier « d’ethnoségrégé ». Les liens entre jeunes s’y construisent dès lors avec force sur des bases identitaires, en référence tant au local (commune, quartier) qu’à l’histoire migratoire ou, encore, à la religion.

À partir d’entretiens, Maryam Kolly, docteure en Sciences politiques et sociales (ULB) et professeure invitée à l’Université Saint-Louis Bruxelles, relaie dans le livre « De la religion que l’on voit à la religion que l’on ne voit pas », une « parole minoritaire portée par de futurs travailleurs sociaux qui se disent catholiques ou musulmans, descendants de migrants venant du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne.

Érigée contre les logiques de disqualification (modernité/islam, Europe/Afrique, jeunesses d’en haut/d’en bas, non croyants/croyants), cette parole nous invite à un décentrement par rapport à l’expérience euro-occidentale.

En quoi les signes religieux visibles et la religion vécue de l’intérieur par ces jeunes Bruxellois a-t-elle une influence sur leur « Investissement professionnel ? Comment se projettent-ils dans le métier ? Qui sont ces intervenants sociaux – et surtout intervenantes sociales – de demain (dans un secteur fortement féminisé) ? Émaillé de nombreux extraits d’interviews, son livre qui pose un regard inédit sur les questions identitaires et le «vivre ensemble».

 

A Bruxelles, l’ULB pilote un nouveau projet européen pour comprendre le développement moléculaire du diabète

Alors que le diabète touche plus de 410 millions d’individus, mieux comprendre les mécanismes à l’origine de cette maladie et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques devient une nécessité.

Chercheur à l’ULB Center for Diabetes Research, Esteban Gurzov vient de recevoir le soutien du Conseil Européen de la Recherche (ERC) pour étudier cette question. Intitulé METAPTPs (pour « Protein Tyrosine Phosphatases in METAbolic diseases »), son projet ERC Consolidator Grant vise à comprendre pourquoi et comment des désordres métaboliques comme le diabète se développent chez les patients.

Plus particulièrement, Esteban Gurzov et ses collaborateurs s’intéressent au rôle d’enzymes particulières appelées « protein tyrosine phosphatases » (PTPs). Les résultats récents de l’équipe suggèrent en effet que ces protéines jouent le rôle « d’interrupteurs moléculaires » : impliquées notamment dans les voies de signalisation liées à l’insuline ou au glucose, les PTPs orienteraient le destin des cellules métaboliques, notamment vers le développement du diabète.

L’hypothèse du chercheur est que ces PTPs sont impactées par le contexte inflammatoire, observé dans des conditions pathologiques dans le foie et le pancréas : ce stress oxydatif perturberait l’activité des PTPs, ce qui pourrait déclencher le développement de la maladie. Pour tester cette hypothèse, le projet d’Esteban Gurzov vise à identifier les PTPs importantes et à déterminer leur rôle dans les réponses cellulaires et le développement de l’obésité et du diabète. Par ailleurs, le chercheur envisage également de tester de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les PTPs, afin de prévenir ou inverser ces désordres métaboliques.

 

L’Europe toujours davantage menacée par la listériose

Alors que la Wallonie est toujours aux prises avec la peste porcine africaine qui touche ses populations de sangliers, l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, vient de publier son rapport annuel 2017 sur les zoonoses en Europe.

En 2017, les signalisations de cas pour les trois zoonoses principales dans l’UE n’ont présenté que de légères fluctuations par rapport à 2016. Le nombre de cas signalés de salmonellose et de campylobactériose est resté stable au cours des cinq dernières années, bien que la listériose continue à augmenter.

Après plusieurs années de déclin, les cas de salmonellose dans l’UE se sont stabilisés. En 2017, leur nombre a légèrement diminué, passant de 94.425 à 91.662, mais la tendance à la baisse amorcée en 2008 ne s’est pas confirmée ces dernières années. Telles sont les principales conclusions du rapport annuel sur les tendances et les sources des zoonoses publié aujourd’hui par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

S. Enteritidis est le type de Salmonella le plus souvent signalé chez l’homme, provoquant un foyer épidémique sur sept. Sur la période 2013-2017, la tendance des cas confirmés de S. Enteritidis chez l’homme était stable et semblait refléter une tendance similaire chez les poules pondeuses.

Les 5079 foyers épidémiques d’origine alimentaire ou d’origine hydrique signalés en 2017 représentent une diminution de 6,8 % par rapport à 2016. La bactérie Salmonella s’est révélée la source la plus fréquente des foyers épidémiques d’origine alimentaire, en particulier dans les produits à base de viande et les œufs, eux-mêmes à l’origine du plus grand nombre de cas liés à ces foyers.

« La diminution du nombre de foyers épidémiques doit être saluée mais nous avons encore enregistré en moyenne 100 foyers épidémiques d’origine alimentaire ou hydrique par semaine en 2017, dont certains ont touché plusieurs pays », a déclaré Mike Catchpole, scientifique en chef de l’ECDC. « Ces infections constituent une source significative de maladie chez l’homme dans l’UE. La tendance à la hausse de la listériose, qui continue à provoquer des décès chez les groupes les plus vulnérables, doit être inversée ».

Les cas de campylobactériose ont légèrement baissé en 2017 par rapport à 2016 (246.158 contre 246.917) mais il s’agit toujours de la zoonose la plus communément signalée dans l’UE. La plus forte occurrence a été détectée dans la viande de poulet (37,4%) et la viande de dinde (31,5%).

Les cas de listériose ont légèrement diminué en 2017 : 2480 infections ont été signalées, contre 2509 en 2016. Cependant, la tendance est à la hausse depuis ces cinq dernières années.

Les personnes âgées ont constitué le groupe le plus touché par la maladie en 2017, en particulier les personnes âgées de plus de 84 ans. Dans ce groupe d’âge, le taux de mortalité par listériose se monte à 24% ; dans l’ensemble de l’UE, l’infection a été fatale à un patient sur dix. Les taux les plus élevés de Listeria monocytogenes ont été détectés dans le poisson et les produits de la pêche (6%), suivis des salades prêtes à manger (4,2%).

Le rapport synthétise en outre les tendances et les sources de tuberculose liée à Mycobacterium bovis, les bactériesBrucella, STEC, Yersinia, les parasites Trichinella, Echinococcus, Toxoplasme congénital, le virus de la rage, Coxiella burnetii (fièvre Q), le virus du Nil occidental et la tularémie.

 

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