Distribution du moustique tigre en Europe (janvier 2014) carte ECDC

Le moustique tigre est de retour en Belgique

par Christian Du Brulle

PODCAST

L’Institut de médecine tropicale d’Anvers (IMT) est une Fondation d’intérêt public aux multiples missions. Parmi celles-ci, on retrouve bien entendu l’étude des pathologies tropicales et la formation de divers profils scientifiques liés à la santé. Mais l’IMT est aussi attentif aux maladies exotiques qui remontent vers nos latitudes. Et là, les nouvelles ne sont pas très bonnes, comme l’explique le Dr Bruno Gryssels, directeur de l’Institut.

 

“Je rentre d’un court séjour dans le sud de l’Italie”, explique-t-il. “J’ai pu me rendre compte une nouvelle fois que le moustique tigre (Aedes albopictus) y pose toujours de sérieux problèmes. Des affiches placardées par les autorités locales mettent en garde contre ce vecteur de maladies comme le chikungunya, une maladie dangereuse”.

 

 

2013, une année pivot en Belgique

 

En Belgique, le problème ne se pose pas (encore) de manière aiguë. Mais la situation risque d’évoluer rapidement. Le fameux moustique avait été observé en 2000 dans la région d’Anvers. Il était arrivé dans les eaux retenues prisonnières dans de vieux pneus à recycler. Depuis : plus rien! Jusqu’à l’été dernier…

 

En juillet 2013, le “tigre” y a en effet été piégé par le chercheur Slimane Boukraa, de l’Unité d’entomologie fonctionnelle et évolutive (Gembloux Agro-BioTech / Université de Liège). De leur côté, les chercheurs de l’IMT mettaient la main sur plusieurs dizaines d’autres spécimens à proximité. Et au mois de novembre, c’est une larve vivante de moustique tigre qui a été retrouvée dans une cargaison de pousses de bambou en provenance de Chine. Ce qui laisse entrevoir un deuxième mode de pénétration de l’indésirable sous nos latitudes.

 

« Les risques pour la santé semblent cependant réduits pour l’instant, en Belgique », estime l’IMT, qui suit la situation de près. C’est que l’animal s’implante bien en Europe, comme en atteste la carte de distribution du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), une agence spécialisée de l’Union Européenne (janvier 2014, sélectionner « Aedes albopictus« ).
Le rouge dénote les zones où il s’est installé. Le jaune celles où il a été introduit/observé tandis que le vert atteste de son absence. Le gris correspond à des régions où on ne dispose pas de données.

 

12.000 cas de dengue à Madère

 
Et quitte à dresser un mini-panorama des maladies tropicales en Europe, rappelons encore que l’an dernier, mais l’information était passée quasi inaperçue pour des raisons touristiques évidentes, quelque 12.000 cas de dengue, une autre maladie virale qui transite par les moustiques, ont été recensés à Madère…