par Daily Science

Pour réduire le nombre de navetteurs sur les routes et diminuer les nuisances liées au trafic automobile, il faudrait passer par une politique urbanistique plus “verte”. Cette démarche motiverait les personnes vivant en dehors des villes à (re)venir s’installer dans le centre.
 
Voilà, en substance, ce qu’il ressort des travaux de Geoffrey Caruso, Professeur associé à l’Université de Luxembourg (Institut de géographie) et ses collègues de l’Université catholique de Louvain (UCL): le Dr Isabelle Thomas, Directeur de recherches F.R.S.-FNRS et Dominique Peeters (“Center for operations research and econometrics”).
 
Avec le concours de chercheurs français, ces scientifiques ont réalisé des analyses de données et des simulations numériques pour tenter d’identifier les raisons qui pourraient pousser les habitants de banlieue à venir s’installer en ville.
 
Un atout: les espaces verts urbains de qualité
 
Des villes compactes, à forte densité de population, présentent des avantages sociaux, environnementaux et économiques évidents”, rappelle-t-on à l’Université de Luxembourg.
 
Et globalement, les chercheurs observent bien une certaine tendance à l’augmentation de la densification de l’habitat.
 
Mais les gens continuent de choisir de vivre dans les banlieues. Cet étalement urbain génère des embarras, par exemple de longs temps de trajet pour venir travailler”, notent-ils.

 

L’étude menée sur toute une série de paramètres par le Pr Caruso montre et concernant trois villes françaises de 200.000 habitants environ montre que l’accès aisé à des parcs de qualité, des forêts et d’autres espaces verts rend les centres-villes plus attrayants.
 
Chemins pour piétons et pistes cyclables
 
« Les politiciens cherchent à accroître la population des centres-villes en encourageant l’offre de logements, en densifiant l’habitat, en construisant sur la moindre parcelle de terrain disponible”, constatent les chercheurs.
 
Malgré cela, la demande reste forte pour les maisons plus spacieuses dans les banlieues. Tenter de stimuler la densité urbaine de la sorte peut avoir l’effet contraire à celui recherché. Résultat: ils auraient tendance à négliger les espaces verts. Les urbanistes devraient prendre davantage en compte cette donnée du problème pour réussir le pari de la densification de l’habitat en ville”, estime encore le Pr Caruso.
 
« Nous démontrons que l’augmentation de la disponibilité de parcs, de forêts, d’aires de jeux et autres espaces verts encourage les gens à vivre dans des maisons plus petites ou des appartements”, indique le Pr Caruso.
 
« Une dynamique qui réduit les coûts et les inconvénients des déplacements et qui a un fort impact positif sur le bien-être
» précise-t-il.
 
Avant de conclure en suggérant que la création de pistes cyclables et de chemins réservés aux piétons menant à ces espaces verts constituerait un atout supplémentaire.