par Christian Du Brulle

Les efforts entrepris par les Nations Unies, il y a quinze ans, pour faire reculer le paludisme dans le monde sont couronnés de succès. Et la Belgique n’est pas étrangère à ces bons résultats. Le dernier rapport sur le paludisme (2015), publié la semaine dernière par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), montre que plus de la moitié (57) des 106 pays où la maladie sévissait en 2000 ont réussi en 2015 à réduire d’au moins 75% les nouveaux cas. Dans le même temps, 18 pays ont obtenu une diminution de 50% à 75% du nombre des cas de paludisme.

 

Ces avancées sont notamment dues à la mobilisation de la Princesse Astrid de Belgique. La sœur du roi Philippe a été, ces huit dernières années, l’ambassadrice du partenariat « Roll Back Malaria ». Ce partenariat associe l’OMS, l’UNICEF, le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et la Banque mondiale dans la lutte contre le paludisme.

 

Lundi, à Bruxelles, la Princesse Astrid a été félicitée par M. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies pour son action. « Votre implication (dans la lutte contre cette maladie) a permis de sauver plus de six millions de vie », a souligné Ban Ki-moon, dans un message vidéo qui lui était adressé.

 

Moustiquaires imprégnées, diagnostics rapides et traitements ciblés

 

Qu’a fait la Princesse? Elle a notamment mis son image et consacré son temps à la médiatisation d’initiatives destinées à faire reculer la maladie.

 

« Les progrès sont dus, en grande partie, au déploiement massif d’interventions, à la fois efficaces et de faible coût, visant à lutter contre la maladie », souligne l’OMS. « Depuis 2000, près d’un milliard de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées en Afrique subsaharienne. En 2015, près de 55% des habitants de cette région dormaient sous des moustiquaires, alors qu’ils étaient moins de 2% en 2000 », précise cette agence de l’ONU.

 

Un autre grand progrès dans cette lutte concerne le dépistage et le traitement. « Les nouveaux tests de diagnostic font qu’il est désormais plus facile de faire rapidement la distinction entre une fièvre paludique et une autre fièvre, ce qui permet un traitement approprié en temps voulu », soulignent encore les Nations-Unies.

 

A souligner également, l’introduction à grande échelle au cours de la dernière décennie de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (substance active médicamenteuse isolée de la plante Artemisia annua à la base des récents médicaments antipaludiques), très efficaces contre Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme le plus dangereux et le plus largement répandu chez l’être humain.

 

Le vaccin « belge »: prochaine arme de protection massive

 

Malgré ces progrès, d’importants défis sont encore à relever. En 2015, à l’échelle mondiale, le nombre de nouveaux cas de paludisme était estimé par l’OMS à 214 millions, et les décès à environ 438.000. Et ce sont les enfants de moins de cinq ans qui en sont les premières victimes. D’où l’idée de développer un vaccin.

 

« Une idée lancée il y a plus de 30 ans et qui est en passe de devenir réalité », rappelle Pascal Lizin, directeur « gouvernemental et Public Affairs », chez GSK, à Wavre.

 

Le candidat vaccin belge, baptisé « RTS,S » a fait l’objet de multiples essais de phases 1 à 3 ces dernières années. Des expériences encourageantes à tel point qu’en octobre dernier, les experts de l’OMS ont recommandé de mener des projets pilotes de mise en œuvre de ce premier vaccin antipaludique.

 

« L’administration du vaccin RTS,S pourrait débuter en 2017, voire 2018, précise M. Luc Debruyne, Président « Global Vaccines » chez GSK. « Nous attendons à ce sujet la décision que l’OMS doit prendre début 2016 ».