par Daily Science

L’odorat des chiens est bien plus sensible que celui de l’être humain. Selon les odeurs et l’entraînement de l’animal, cette sensibilité peut être 200 à 10 000 fois supérieure à la nôtre.

 

Les forces de police, qui exploitent le flair des chiens pour identifier des odeurs corporelles, de drogues, d’explosifs, etc. l’ont bien compris. Et depuis de très nombreuses années.

 

Mais comment quantifier exactement l’efficacité olfactive d’un chien « policier »? Comment déterminer la formation idéale d’un canidé avant de pouvoir compter sur son « odorologie » ?

 
Une méthode de formation fiable

 
Ces questions ont mobilisé une équipe de scientifique du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (France). Ces chercheurs, spécialisés dans les odeurs et leur mémorisation, ont analysé les données consignées par une équipe de police technique sur les performances des chiens face à une tâche d’identification d’odeurs.

 
Leurs résultats montrent qu’au terme d’un programme d’entrainement de 24 mois, les chiens parviennent à reconnaître l’odeur d’une même personne dans 80 à 90 % des cas, et ne commettent jamais d’erreur en la confondant avec des odeurs de personnes différentes.

 

« Ces résultats valident les procédures appliquées et devraient convaincre la communauté internationale de la fiabilité de cette méthode », estiment les chercheurs.

 

Des traces odorantes directes ou indirectes

 
Durant leur formation initiale, les bergers allemands et les bergers malinois utilisés par la police scientifique doivent apprendre à faire l’association entre deux odeurs provenant d’un même individu, au cours de tâches de plus en plus complexes.

 

Au terme de cette formation, les chiens sont aptes à effectuer des tâches d’identification. Au cours de cette tâche, les animaux flairent une odeur humaine de référence puis doivent la comparer à une série de cinq odeurs humaines différentes parmi lesquelles se trouve l’odeur de référence. Les odeurs humaines peuvent correspondre à des traces odorantes prélevées sur un objet ayant été préalablement manipulé ou à une odeur corporelle directement prélevée sur un individu.

 

Les bergers allemands sont plus efficaces que les bergers malinois

 

L’analyse des données obtenues sur base de 13 chiens policiers montre qu’à l’issue de l’acquisition des principes de la tâche, un entraînement régulier de 24 mois est nécessaire pour obtenir des performances stables et optimales.

 
A l’issue des 12 premiers mois de formation, les chiens ne confondent plus les odeurs de deux personnes différentes. Leur sensibilité olfactive augmente significativement au cours de l’entraînement.

 
Au bout de deux ans, ils parviennent à reconnaître, dans 85% des cas, deux odeurs provenant de la même personne. « Les 15% d’absences d’association résultent majoritairement de la qualité du prélèvement ou de l’odeur elle-même et non d’un déficit de reconnaissance », soulignent les chercheurs. Ils montrent aussi que les bergers allemands étaient plus performants que les bergers belges malinois dans ces tâches. « Sans doute parce qu’ils sont plus disciplinés et plus attentifs », disent-ils.