par Christian Du Brulle

Qu’est-ce qui pousse les jeunes entrepreneurs à développer leur entreprise en Belgique? Et qu’est-ce qui les motive éventuellement à aller voir ailleurs ? Voilà ce qu’a voulu savoir la Fondation pour la Recherche et l’Enseignement de l’Esprit d’entreprendre (FREE).

 

Pour répondre à ces questions, les professeurs Bernard Surlemont (ULg- HEC), Olivier Witmeur (ULB) et Benoît Gailly (UCL), membre du comité scientifique de la Fondation, ont supervisé une étude centrée sur 25 entreprises à fort potentiel de croissance, à Bruxelles et en Wallonie. Ils ont également bénéficié de la collaboration de Mehdi Benallal (Solvay Entrepreneurs).

 

Identifier les clés de l’ancrage régional

 

« Nous voulions identifier les facteurs qui favorisent l’ancrage des entrepreneurs en Belgique, mais aussi ceux qui pourraient les pousser à délocaliser leur entreprise », indique le Pr Witmeur. Les résultats sont désormais connus.

 

Comment les chercheurs ont-ils procédé? « D’abord en dressant une liste de 150 entreprises à Bruxelles et en Wallonie entrant dans nos critères de base, c’est à dire des entreprises à fort potentiel de croissance », précise Mehdi Benallal. « Nous leur avons ensuite adressé un questionnaire. Enfin, pour les 25 entreprises qui nous ont répondu, nous avons approfondi ces données via des entretiens téléphoniques. Trois entreprises ont ensuite fait l’objet de capsules vidéos complémentaires. Ce matériel audiovisuel doit servir de support pédagogique pour les cours d’entrepreneuriat dispensés dans les trois universités concernées.

 

Parmi les raisons principales qui expliquent l’ancrage belge de ces PME, les chercheurs identifient notamment:

 

  • – La fiscalité belge avantageuse sur les travailleurs de la connaissance (le précompte des chercheurs est réduit)
  • – la fiscalité intéressante sur les brevets, sur les droits d’auteur et les droits voisins
  • – La qualité de l’administration de soutien à la R&D en Wallonie (Ici, la DGO6 est plus spécifiquement mentionnée)

 

Partenariats entre universités et entreprises

 

D’autres facteurs d’ancrage sont encore ressortis des interviews réalisées par l’équipe. La qualité de la main d’œuvre, notamment.
 

« Favoriser l’ancrage local, c’est aussi construire des masses critiques en matière de recherche universitaire susceptibles de favoriser des partenariats entre universités et entreprises » souligne l’étude. Une étude qui applaudit également une certaine politique industrielle. Celle qui vise à concentrer certains moyens sur quelques pôles de compétitivité.

 

« Cela contribue à favoriser l’excellence et, ce faisant, la notoriété internationale de nos entreprises», constatent les auteurs.

 

L’appel à la créativité dans l’élaboration de certains mécanismes concernant l’intéressement des travailleurs aux résultats de leur entreprise est également lancé. Celui des « stock options » n’apparaissant pas adapté aux PME.

 

Enfin, on notera aussi, parmi les recommandations qui clôturent cette étude, la nécessité de renforcer l’image de la profession d’entrepreneur auprès des jeunes, ainsi que le soutien aux start-ups.