par Christian Du Brulle

Un succès! Le premier accélérateur de start ups actives dans le domaine des technologies médicales, lancé à Bruxelles par Impulse.brussels voici six mois, est un succès.

 

« Nous venons de boucler notre premier accélérateur », indique le Dr Sophie Lienart, coordinatrice de projets au sein de Lifetech.brussels, le pôle des sciences de la vie au sein d’Impulse.brussels (qu’on appelait jadis l’Agence bruxelloise de l’Entreprise). « Parmi eux, quatre projets arrivent en fin de cycle. Tous avec des produits et des services intéressants ».

 

Un exemple? Deux, plutôt: Arturo et Endoruler. Le premier est porté par Martin Teller, ingénieur commercial attaché au LISA, le laboratoire d’analyse et de synthèse d’image de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Le second est porté par Benjamin Mertens, ingénieur médical, lui aussi issu de l’ULB. Une coïncidence.

 

Diminuer la douleur grâce à la réalité virtuelle

 

« Notre technologie vise à soulager les patients qui souffrent de douleurs chroniques », explique Martin Teller. Via un casque de réalité virtuelle ou une télévision 3D, nous projetons des images spécifiques à ces patients afin de diminuer leurs douleurs. C’est un véritable traitement, non médicamenteux, qui joue sur la réorganisation corticale (la fameuse plasticité du cerveau). Bien entendu, le monde virtuel proposé est adapté à chaque catégorie de patients.

 
Et cela marche! « D’un point de vue médical, ce système permet de réduire l’intensité de la douleur de quelque 25% chez les patients qui utilisent Arturo pendant deux semaines », indique l’ingénieur commercial, qui cite de premières études sur le sujet. « Une utilisation prolongée, sur cinq semaines, réduit la douleur de 35% ».

 

Cerise sur le gâteau, le système permet aussi, et cela peut aussi intéresser le médecin, de suivre l’assiduité du patient à son traitement. Chaque séance de réalité virtuelle est bien entendu « comptabilisée »… Le projet est quasi sur des rails. Arturo va être testé dès le mois de janvier dans huit hôpitaux à Bruxelles mais aussi en Wallonie (notamment à Verviers).

 

L’imagerie endoscopique pour de meilleurs diagnostics

 
De son côté, Benjamin Mertens, ingénieur médical de l’ULB, développe un système d’imagerie endoscopique destiné à mieux renseigner les médecins sur la taille de certaines structures, comme des polypes dans les intestins.

 

« L’intervention médicale et la nature de cette intervention dépendent de la taille du polype », explique l’ingénieur. « Actuellement, cette taille est estimée de manière relativement artisanale. Le médecin prend comme étalon de mesure la taille de la pince placée à proximité de cette excroissance. Nous proposons un système simple qui prend réellement la mesure de cette structure.

 

« Endoruler est basé sur une technique d’imagerie laser qui fournit des données ultraprécises, de l’ordre de moins d’un demi-millimètre ». L’innovation proposée est séduisante. Et sans doute promise elle aussi à un bel avenir.

 

Après les appareils médicaux, place à l’e-santé

 

Une plume au chapeau du premier accélérateur Medtech. Pour les deux entrepreneurs, ce passage par l’accélérateur bruxellois est une expérience plus que positive.

 
Ils apprécient le coaching dont ils ont bénéficié. « Il nous a permis d’avancer bien plus rapidement dans nos projets », disent-ils en chœur. « Mais ce type d’accompagnement nous permet aussi de sortir de la solitude du jeune entrepreneur », souligne Martin Teller.

 

L’an prochain, lifetech.brussels remettra le couvert dans le domaine des technologies médicales. Entretemps, le cluster bruxellois ne se repose pas sur ses lauriers. Dès le 9 novembre, il lancera un « eHealth Accelerator » un autre accélérateur. Cette fois, ce sont les technologies digitales en lien avec la santé qui seront à l’honneur.