De Liège à Mons, les molécules sont mises à nu

par Christian Du Brulle Durée de lecture : 3 min

Une nouvelle plateforme technologique vient de voir le jour en Wallonie. Il s’agit d’une plateforme multisites de «bioprofiling».

Les universités de Liège (ULiège) et de Mons (UMons), avec un coup de pouce de l’Université libre de Bruxelles (ULB), mettent désormais en commun, dans le cadre de cette plateforme, une série d’instruments de pointe dans le domaine de l’identification et de la quantification de molécules.

De la recherche fondamentale à la médecine personnalisée

Cette panoplie technologique est disponible pour la recherche académique, mais aussi appliquée. Elle est ouverte à un large panel d’utilisateurs: entreprises, hautes écoles, hôpitaux, centres de recherche, notamment, qui ont besoin de connaître dans le détail le contenu d’un produit, d’un échantillon…

Les secteurs de la médecine (personnalisée), de l’agroalimentaire, de la pharmacie, des processus biologiques industriels devraient être particulièrement intéressés.

Cette plateforme, largement financée par des fonds européens et par la Wallonie, présente la particularité d’être implantée sur deux sites wallons. À Mons, on retrouve « Méta-Vision » dédié aux petites molécules. « Méta-Vision a été développé en collaboration avec l’ULB et concerne plutôt l’analyse des petites molécules », rappelle le Pr Philippe Dubois, recteur de l’UMons.

Spectroscopie de masse

« À Liège et à Mons, « MS-Quanta » est un nouvel outil commun qui se partage divers instruments de pointe pour l’identification et la quantification absolue de molécules plus massives comme les protéines », précise-t-il.

Le « plateau technologique » MS-Quanta, qui vient d’être inauguré, utilise la technologie de la spectroscopie de masse à haute résolution, haute sensibilité et haute vitesse pour identifier et quantifier des protéines par exemple, mais aussi des candidats biomarqueurs pour le diagnostic ou le suivi thérapeutique d’une maladie. La spectrométrie de masse est une technique physique d’analyse permettant de détecter et d’identifier des molécules d’intérêt par mesure de leur masse, et de caractériser leur structure chimique.

« MS-Quanta nous permet aussi d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ou encore de tester des kits de détection ciblés », indique de son côté le Pr Ruddy Wattiez, vice-recteur à la Recherche de l’UMons.

MS-Quanta, implantée de part et d’autre de la Wallonie, dans des bassins concentrant une grande activité en recherche biomédicale et en biotechnologies, s’intègre dans la plateforme de BioProfiling qui fait partie du portefeuille « Wallonia Biomed ». Celui-ci s’articule autour de 4 axes : l’imagerie, l’immunologie, les échantillons biologiques humains et… le bioprofiling.

« Les approches en spectroscopie de masse utilisées sont complémentaires », insiste encore le Pr Dubois. Qui souligne également que les trois instruments qui viennent d’être acquis l’ont été grâce aux financements wallons et européens, mais aussi, pour l’un d’entre eux, grâce à une aide du Fonds de la recherche scientifique (F.R.S-FNRS).

 

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