Vue d'ensemble du projet immobilier lié à la construction du "China-Belgium Technology Center", à Louvain-la-Neuve.

Innovation: grandes manœuvres universitaires

par Daily Science

En matière d’innovation, l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Liège et l’Université Catholique de Louvain mettent le turbo.

 

À Bruxelles, c’est la création d’un nouveau « Science & Technology Park » qui est à l’ordre du jour. Il s’agit d’un partenariat ULB-VUB avec la société Proximus. Il est axé sur les technologies de l’information et de la communication.

 

À Liège, les investissements au bénéfice du Centre de Recherches du Cyclotron (CRC) portent sur une dizaine de millions d’euros. Les moyens financiers sont apportés par le FEDER, la Région Wallonne, l’Université et le Fonds de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS). Il s’agit ici de renforcer le partenariat avec les entreprises, les hôpitaux et les centres de recherches dans la production de radioéléments à l’usage de la neuro-imagerie et de l’imagerie médicale.

 

Tête de pont chinoise à Louvain-la-Neuve

 

Mais c’est du côté de Louvain-la-Neuve et de l’UCL que se situe le projet le plus ambitieux et le plus exotique du moment. La construction d’une « Intelligence Valley » chinoise est à l’ordre du jour. Elle devrait commencer à sortir de terre à l’automne, entre la Nationale 4 et l’autoroute E-411, sur quelque 8 hectares. Le projet a été initié avec le concours de l’AWEX, l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers. Une agence qui est également chargée de l’accueil des investisseurs étrangers.

 

Cette « Intelligence Valley » s’intitule en réalité « China-Belgium Technology Center (CBTC). Le projet coûtera 200 millions d’euros, largement financés par les partenaires chinois. Le site abritera une série d’incubateurs destinés à soutenir la recherche de pointe et la coopération technologique chinoise en Belgique et en Europe. Dans le cadre de l’actuelle visite d’État en Chine, le recteur de l’UCL, le Pr Vincent Blondel, signe d’ailleurs ce lundi à Wuhan une série de conventions de partenariats avec diverses universités chinoises à ce propos.

 
Cinq incubateurs, de multiples domaines de R&D

 
« Avec le CBTC, Louvain-la-Neuve et l’UCL deviendront une « Intelligence Valley » pour les entreprises chinoises », se félicite l’UCL. « Au total, il comprendra cinq incubateurs où pourront se développer des entreprises chinoises de haute technologie dans les domaines des bio et nanotechnologies, de l’informatique et télécommunication, de l’optoélectronique et du développement durable (ingénierie verte et nouveaux matériaux) ».

 

Pour l’UCL, l’opération devrait permettre de bénéficier du potentiel créatif, scientifique et académique chinois.

 

L’accord du CBTC est directement lié à la Ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei. Wuhan abrite deux universités d’État, avec lesquelles l’UCL a déjà engagé des collaborations. La Huazhong University of Science and Technology (HUST) est orientée en sciences et technologies. Elle est considérée comme la 4e meilleure université chinoise dans ce domaine. La seconde est l’Université généraliste de Wuhan.

 

Innovation ouverte et incubation croisée

 
Le CBTC a donc pour objectif d’attirer et accompagner les entreprises chinoises hi-tech dans leur approche du marché européen à travers une localisation en Belgique. « Leur installation à Louvain-la-Neuve, dans notre parc scientifique, devrait également faciliter les interactions avec des entreprises belges et rendre la concrétisation de partenariats plus aisée », estime l’UCL.

 

« Il s’agit en effet de promouvoir l’innovation ouverte, c’est-à-dire la collaboration entre des entreprises de taille moyenne pour parvenir à développer de nouveaux produits. »

 

« Le CBTC fonctionnera également sur base du principe de l’incubation croisée. D’une part, il favorisera les accords scientifiques, technologiques et d’affaires entre les entreprises chinoises et les laboratoires, centres de recherche et entreprises belges. D’autre part, il ouvrira le marché chinois aux entreprises wallonnes ».

 

Avec ce projet, l’UCL conforte ses partenariats avec la Chine. Cette université n’est toutefois pas la seule en Fédération Wallonie-Bruxelles à faire les yeux doux aux autorités politiques, économiques et… académiques dans ce pays. Cette semaine, tous les recteurs des universités francophones belges accompagnent le roi Philippe et la reine Mathilde dans leur visite d’État en Chine.

 

 

Plus d’infos sur :

 

La Délégation Wallonie-Bruxelles à Pékin

 

Wallonie-Bruxelles en Chine