Trois ans pour mieux comprendre les liens entre microbiote, obésité et diabète

par Daily Science

Le Professeur Patrice Cani (UCL), Chercheur qualifié F.R.S.-FNRS et investigateur WELBIO, est le premier lauréat du nouveau «Crédit pour la Recherche Médicale » décerné par le Fonds InBev Baillet Latour.
 

Le scientifique a reçu ce matin son prix des mains de la reine Mathilde. Il porte sur une somme totale de 450.000 euros pour une période de trois ans. Ce « crédit » doit lui permettre de mieux comprendre comment dialoguent le tissu adipeux et le microbiote intestinal chez l’être humain. Il va également étudier le rôle joué par les lipides dans le déclenchement des troubles métaboliques associés à l’obésité et au diabète.

 

Le Pr Cani est responsable d’équipe dans le groupe de recherche Métabolisme et Nutrition, du « Louvain Drug Research Institute » à Bruxelles.
 

Il y a plus de 10 ans, il avait découvert que les bactéries de notre intestin jouaient un rôle important sur notre santé et sur le déclenchement de l’obésité et du diabète. Depuis, ses travaux ont permis de montrer que le microbiote intestinal et ses milliards de bactéries aidaient à maintenir un poids corporel stable en interférant avec la satiété ou la faim.

 

Décrypter le dialogue entre le tissu adipeux et la flore intestinale

 

En 2013, le Prof. Cani et son équipe ont encore montré qu’une bactérie intestinale bien particulière, Akkermansia muciniphila, était capable de réduire le poids corporel et le diabète, de renforcer la barrière intestinale et de diminuer la graisse dans le foie.

 

« Ses recherches récentes montrent que les bactéries intestinales et le tissu adipeux s’échangent des signaux menant soit à la combustion des graisses, soit à leur accumulation », rappelle le Fonds InBev Baillet Latour.

 

Les mécanismes de ces phénomènes sont encore mal connus. C’est ici qu’intervient le « Crédit InBev-Baillet Latour pour la Recherche Médicale ». Grâce à ce prix, le Pr Cani et son équipe vont tenter de comprendre comment le tissu adipeux et les bactéries sont capables de dialoguer.

 

Le prix pour la Recherche clinique est suspendu

 

Le « Crédit InBev-Baillet Latour pour la Recherche Médicale » remplace l’ancien prix pour la recherche clinique(75.000 euros), décerné précédemment par la Fonds. En 2014, les Professeurs Denis Franchimont (ULB), Edouard Louis (CHU Liège) et Dirk Timmerman (KU Leuven) ont été les derniers à en bénéficier.

 

Depuis cette année, ces deux prix (un par rôle linguistique) ont donc été remplacés par le nouveau « Crédit ».
 

Le projet actuel du Fonds est de décerner un nouveau prix de ce type chaque année. Réservé à une étude liée aux troubles métaboliques cette année, il sera consacré à des travaux portant sur une maladie neurologique en 2017, puis le cancer en 2018  et les maladies cardiovasculaires en 2019.

 

Les maladies infectieuses en 2016

 

La prochaine bourse pour la recherche médicale sera décernée en 2016. Elle s’adresse à tout chercheur actif en Belgique dans le domaine des maladies infectieuses.

 

A noter encore : cette bourse de trois ans pourra bénéficier d’une extension de deux années et porter au total sur 750.000 euros. Les candidatures 2016 sont ouvertes jusqu’au 30 juin prochain.