Homepage du projet EPOC.
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Des dizaines de chercheurs préparent la transition énergétique belge de 2050

par Christian Du Brulle

Comment réussir la transition énergétique en Belgique d’ici 2050 et « décarboner » (quasi) totalement ce secteur ? Quelque 80 scientifiques issus de 14 institutions dans le pays (dont l’ULB, l’UMons, l’UCLouvain et l’ULiège), mettent désormais en commun leurs expertises dans ce domaine pour ébaucher une série de scénarios durables et réalistes.

« Nous allons travailler sur des scénarios possibles, des modélisations. Nous souhaitons faire progresser la qualité des modèles disponibles en combinant nos savoirs et en tenant compte des données les plus récentes. Le résultat de nos travaux devrait éclairer les décideurs politiques » souligne Pieter Viegerhoets du consortium EnergyVille, qui coordonne ces travaux.

Trois secteurs à décarboner : le transport, l’électricité et la production de chaleur

Les partenaires du projet EPOC vont concentrer leurs travaux sur les trois secteurs énergétiques qui émettent aujourd’hui le plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère : la production d’électricité, de chaleur et le transport.

« L’objectif est de combiner l’expertise des instituts de recherche énergétiques belges et de calculer, sur la base de modèles énergétiques, le moyen le plus rentable de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de garantir la fiabilité de l’approvisionnement en énergie tout en maîtrisant la facture du consommateur », précise encore Pieter Vingerhoets.

Optimiser les coûts des réseaux

Le projet BREGILAB se concentre quant à lui sur la seule production d’électricité et les moyens d’augmenter de manière abordable la part d’énergies renouvelables dans le réseau électrique belge. « Il s’agit ici notamment de travailler sur le développement des parcs éoliens et du déploiement des panneaux photovoltaïques sur le territoire belge et sur leur interconnexion. L’idée est notamment d’optimiser les coûts des réseaux », indique de son côté Marc Meuris, le coordinateur.

« Concrètement, en ce qui concerne l’implication de l’Université libre de Buxelles dans ces projets, nous allons analyser comment le citoyen, c’est-à-dire le « client » qui est aussi producteur d’électricité, peut ou doit devenir un acteur plus central dans la consommation, la production et la vente d’électricité de demain, soit la période 2030-2050 », indique le professeur Patrick Hendrick.

Autoconsommation collective

« Ceci est lié à la mobilité électrique, mais aussi aux coûts de l’électricité et aux périodes de production et d’utilisation de l’électricité. On parle bien ici d’énergie renouvelable. Les questions qui se posent portent donc sur l’optimisation de la production et de la consommation à l’échelle du citoyen et de son environnement proche ».

« Comment optimiser cette production d’électricité décentralisée ? Comment est-elle utilisée ? Comment la stocker à l’échelle de la maison, de l’immeuble ou du quartier ? Comment valoriser les actions citoyennes dans ce domaine ? »

« Nos travaux seront fortement liés à ce que nous appelons désormais l’autoconsommation collective, qui est en train de se mettre en place, en Wallonie, en Flandre et aussi un peu à Bruxelles, mais en y incluant, tant la partie production que la partie stockage et la flexibilité ».

« Nous n’allons pas mettre au point, dans ce projet, de nouvelles technologies mais bien travailler sur leur intégration dans les modèles ».

Les projets EPOC et BREGILAB qui viennent de démarrer sont financés dans le cadre du fonds de transition énergétique fédéral. Au total, un budget de quelque 9 millions d’euros leur est consacré.

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