Extrait d'un des schémas illustrant l'article scientifique du Dr Corbet, paru dans la revue "Cell".

Cancer : la piste des lipides pour affaiblir la tumeur

par Daily Science

Les travaux du Dr Cyril Corbet, au sein du Pôle de pharmacologie et de thérapeutique de l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCL, viennent de mettre au jour un mécanisme métabolique des tumeurs cancéreuses qui pourrait un jour être utilisé pour lutter contre la maladie.

 

Le chercheur, post-doctorant au sein du laboratoire du Dr Olivier Feron, a découvert qu’une cellule cancéreuse pouvait à la fois capter des lipides disponibles dans son environnement tout en en produisant elle-même. Les lipides issus de son environnement lui servent de source d’énergie pour son développement tandis que ceux produits en son sein sont utilisés pour la constitution de sa membrane.

 

Un environnement tumoral particulièrement acide

 

« Il s’agit d’un dérèglement spécifique au cancer », rappellent les chercheurs, « puisque dans les cellules des tissus sains, des systèmes de contrôle empêchent ce processus afin d’éviter qu’une cellule ne consomme les lipides qu’elle a elle-même produits ».

 

« Cette fragilité métabolique des cellules cancéreuses trouve son origine dans l’acidité qui enveloppe les tumeurs », précisent les scientifiques.

 

« Plus une tumeur grandit, plus elle s’acidifie et plus elle devient dépendante des lipides comme source énergétique ».

 

« Les cellules cancéreuses classiquement décrites comme très avides de glucose pour subvenir à leurs principaux besoins énergétiques modulent ainsi leur source de nutriments en fonction de leurs caractéristiques environnementales ».

 

Les travaux du Dr Corbet démontrent de façon claire que l’acidité ambiante des tumeurs (10 fois plus acide que les tissus sains) n’est donc pas anodine. Elle bouleverse le métabolisme tumoral mais ouvre aussi de nouvelles perspectives inattendues en termes de traitement visant à bloquer l’utilisation exacerbée des lipides par les cellules cancéreuses.

 

Les travaux des chercheurs de l’UCL apportent aussi la démonstration que certains composés sont capables d’interférer avec la capture et la synthèse des lipides. Et qu’ils bloquent déjà la croissance des tumeurs… chez la souris. De quoi stimuler la recherche sur de nouveaux médicaments anticancéreux.