Des villes de plus en plus intelligentes

par Christian Du Brulle

SERIE (2/2) Grands rendez-vous Québec/Wallonie-Bruxelles

 

Outre l’éducation et les jeux vidéo (sérieux), le deuxième « Grands rendez-vous Québec/Wallonie-Bruxelles consacré au numérique, et qui vient de se tenir à Montréal, aura également permis de prendre le pouls des villes intelligentes. Cette thématique qui mobilise chercheurs et innovateurs de part et d’autre de l’Atlantique.

 

guide du smart city institute LiegeÀ Liège, si le Smart City Institute (ULiège) n’est pas en reste dans ce domaine (il vient de produire son premier guide pratique et gratuit sur le sujet), les initiatives québécoises de numérisation des activités urbaines ont beaucoup intéressé Catherine Nguyen (du Smart City Institute). Un exemple concret ?

Ambulances connectées

Le service proposé par l’entreprise Préhos (acronyme de « Préhospitalisation ») propose d’améliorer l’efficacité des services d’aide médicale urgente en passant au tout numérique.

 

« En numérisant toutes les procédures et les gestes de secours portés à une personne prise en charge par une ambulance, on gagne un temps précieux. Un paramètre primordial pour les services d’urgence », explique Christian Chalifour.

 

D’où vient ce gain de temps ? On ne doit plus recopier des informations sur divers formulaires, précise le patron de l’entreprise.

 

« En équipant le personnel des ambulances de tablettes, en géolocalisant les véhicules de secours, en couplant cela à des données sur le trafic en temps réel,  mais aussi en croisant des informations avec les données personnelles de la personne prise en charge (big data), non seulement c’est la rapidité de l’intervention qui s’en trouve améliorée, mais également sa qualité ».

 

Analyse prédictive

 

« Le système numérique offre aussi la possibilité pour les ambulanciers de disposer d’un protocole idéal pour la prise en charge de la personne souffrante, et ce en fonction des signes précis qu’elle présente. Le tout étant transmis en temps réel. »

 

Un autre « méta » attrait de ce passage total au numérique et de la centralisation des informations traitées par intelligence artificielle permet de détecter plus rapidement un problème majeur dans une région. Utile pour la coordination des secours.

 

« Imaginez un attentat, ou un carambolage. L’analyse prédictive des données liées aux premières interventions permet par exemple, en identifiant une accumulation de même type d’informations dans un certain périmètre et en un bref laps de temps, d’identifier un problème majeur, et d’ainsi mieux coordonner les secours », précise-t-il.

 

Meilleur itinéraire et prise en charge optimale à l’hôpital

 

« De même, l’intégration des informations médicales couplées aux données concernant le trafic routier en temps réel permet également le suivi des ambulances en approche d’un hôpital. En fonction des problèmes de circulation donnés par Google, mais aussi des informations disponibles sur le patient, cela optimise sa prise en charge dès son arrivée au service d’urgence ».

 

Un chiffre pour fixer les idées?  Avec cette technologie, la durée moyenne d’une intervention est diminuée d’un quart d’heure. Cela signifie que l’ambulance est disponible 15 minutes plus rapidement pour une nouvelle mission. « Un gain de temps appréciable, surtout avec augmentation de l’âge moyen de la population », estime M. Chalifour.

 

La géolocalisation au service de la Culture

 

Plus ludique, mais tout aussi prometteur est l’usage du numérique proposé par une jeune start-up québécoise qui avait présenté son innovation l’an dernier à Namur, lors de la première édition des « Grands Rendez-vous Québec/Wallonie-Bruxelles » organisés par Wallonie-Bruxelles International (WBI), l’agence chargée des relations internationales Wallonie-Bruxelles,  et la Délégation générale du Québec à Bruxelles.

 

Swipecity est une plateforme numérique qui permet aux villes de valoriser leur patrimoine historique. Il s’agit d’une application mobile adaptable à chaque cas spécifique. Lors d’un itinéraire urbain, l’application envoie des informations spécifiques au curieux, qui en fonction de sa localisation, peut ainsi découvrir un pan de l’histoire locale, une anecdote, les sites et monuments, des musées des événements culturels… « Trois villes au Québec, dont Montréal, ont déjà adopté cette technologie », souligne Julien Mbony, le fondateur de SwipeCity.

 

Découvrez SwipeCity en une minute

R&D en sciences urbaines

 

Enfin, à Québec, c’est un nouveau type d’expertise urbaines misant sur le numérique qui se développe. « L’Unité mixte de recherche en sciences urbaines (UMRsu) est un réseau de recherche appliquée à toutes les problématiques qu’une ville et ses gestionnaires peuvent être amenés à résoudre », explique Pierre-Emmanuel Michon, en charge des projets de mobilité au sein de cette Unité mixte de recherche, qui vient de fêter son deuxième anniversaire.

 

Pourquoi mixte ? Parce qu’elle repose sur l’expertise de spécialistes issus de l’administration, du secteur privé et du monde académique. Et qu’elle intègre à cette expertise une bonne dose de big data, pour par exemple, évaluer la pertinence de transformer des déchets de verre en un nouveau matériau isolant.

 

Au moyen de l’acquisition, de l’intégration et de l’analyse des données, l’UMRsu explore donc le fonctionnement de la ville sous toutes ses facettes. Ses buts:

 

  • – Soutenir le démarrage des projets de R-D en sciences urbaines
  • – Accélérer le transfert des connaissances
  • – Contribuer à la formation de personnel hautement qualifié et à la création d’emplois
  • – Contribuer au développement économique
  • – Créer un observatoire et une veille 
technologique en solutions urbaines

Des ambitions aisément transposables de ce côté-ci de l’Atlantique, sans aucun doute!