Les faucons pèlerins aident à recenser la biodiversité urbaine

par Daily Science

Il avait disparu de Belgique et de la plupart des régions d’Europe dans les années 1970. Il y est de retour chez nous depuis 1994. Le faucon pèlerin, l’oiseau le plus rapide du monde (il peut piquer sur sa proie à près de 400 km/h), se porte même de mieux en mieux. Y compris en pleine ville, où il se mue en précieux auxiliaire des scientifiques. Dans la capitale, où il niche à nouveau depuis 2004, les ornithologues sont à la fête.  En étudiant les restes de ses proies, ils peuvent dresser un inventaire plus précis de l’avifaune bruxelloise.

 

« A Bruxelles, 49 espèces de proies différentes du faucon pèlerin ont été identifiées à la cathédrale Saints Michel et Gudule », indique l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, qui abrite « Bebirds », le Centre belge de bagage des oiseaux.

 

Parmi celles-ci, on retrouve des espèces étonnantes. Cela va de la Rousserolle effarvatte (de retour d’Afrique occidentale, poids = 10-12 gr) au Pluvier argenté  (en route vers les sites de nidification situés dans la toundra sibérienne, poids = 300 gr), en passant par les Martinets noirs (qui hivernent au-dessus de la forêt tropicale africaine et nichent sous les toitures de nos bâtiments à la belle saison). Le rapace s’y délecte aussi des Cailles des blésRâles des genêts, de Bécassines sourdes, de Pluviers dorés, du Bécasseau maubèche

 

Répertorier les proies capturées par les faucons permet de mieux connaître les oiseaux qui survolent Bruxelles, en particulier les migrateurs nocturnes. Les faucons se sont adaptés à la ville au point d’être capables de chasser la nuit, à la faveur du dôme de lumière créé par l’éclairage public!

 

Photo ©IRSNB
Photo ©IRSNB

Cette année encore, un couple de rapaces vient de s’installer au sommet de la cathédrale. La femelle a pondu quatre oeufs. Les petits devraient éclore début avril. Comme chaque année depuis 2005, l’opération « Faucons pour tous » permet de suivre en direct l’évolution de cette aventure sur le web, grâce à des caméras installées près du nid, dans la tour Nord de la Cathédrale. Ce sont ces caméras qui ont livré les photos qui illustrent cet article.

 

Le couple de la cathédrale n’est pas le seul à nicher à Bruxelles. L’an dernier, douze couples de faucons avaient choisi la capitale pour s’y reproduire avec plus ou moins de bonheur. Six couples ont niché avec succès, menant un total de 18 fauconneaux à l’envol. Un couple a échoué et les 5 autres n’ont pas, ou très probablement pas, pondus

 

Cette année, on retrouve également des faucons pèlerins nicheurs au sommet de la tour de la maison communale de Woluwe-Saint-Pierre, de l’église Saint Job d’Uccle et de l’église Saint Hubert de Watermael-Boitsfort.

 

1289 faucons bagués en Belgique

 

Au cours de l’année 2013, 640.674 oiseaux sauvages ont été bagués en Belgique; « dont 161 faucons pèlerins », indique le rapport annuel de BeBirds. En 2014, 164 faucons ont été bagués dans le pays et une dizaine de nouveaux sites de nidification ont été découverts. « Cela porte à 1.289 le nombre de fauconneaux bagués depuis le retour de l’espèce en Belgique en 1994 », précise le rapport.

 

Un rapport qui indique également que le taux d’augmentation annuelle de la population de faucon pèlerin dans le pays tourne autour de 10%. La population nichant actuellement en Belgique étant estimée à 120 couples environ.