Grillon domestique (Acheta domesticus), dont la consommation est permise en Belgique © Petr Gebelt — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12686811

Vos muffins, avec ou sans insectes?

5 mai 2026
Temps de lecture : 3 minutes
par Christian Du Brulle

PODCAST

Peut-on imaginer demain des plats à base d’insectes s’inviter durablement dans nos habitudes alimentaires ? C’est la question au cœur des recherches menées par Stéphanie Crabeck, enseignante-chercheuse à la Haute École Condorcet (Saint-Ghislain) en collaboration avec un entomologiste. Ensemble, ils ont étudié la perception et l’acceptation de ces aliments chez des jeunes en Belgique et au Bénin, dans une approche mêlant sciences humaines et sciences exactes.

L’objectif : comprendre les freins et leviers à la consommation d’insectes, considérés comme une alternative durable dans l’alimentation mondiale. Le choix de comparer la Belgique à un pays comme le Bénin n’est pas anodin. Alors que certaines populations béninoises consomment déjà des insectes, les Belges y sont beaucoup moins habitués. Cette comparaison interculturelle permet de mieux saisir le rôle des représentations sociales et culturelles.

L’étude a porté sur environ 260 jeunes âgés de 18 à 25 ans, répartis équitablement entre les deux pays et entre hommes et femmes. Les participants ont été invités à goûter trois préparations à base de grillons : une crêpe (où l’insecte est invisible), un muffin (avec insectes visibles) et une sauce tomate contenant des insectes entiers. Le protocole, rigoureux, a prévu une dégustation individuelle en conditions contrôlées, accompagnée de questionnaires portant d’abord sur les réactions visuelles, puis sur l’expérience gustative.

Dre Stéphanie Crabeck, enseignante-chercheuse à la Haute École Condorcet (Saint-Ghislain) © Christian Du Brulle

On mange aussi avec les yeux!

Premier constat : le visuel joue un rôle déterminant. La crêpe, où les insectes sont invisibles, est le plat le plus facilement accepté dans les deux pays. À l’inverse, la présence visible des insectes suscite davantage de réticences, bien que le travail esthétique des plats puisse atténuer ce rejet. « On mange aussi avec les yeux », résume la chercheuse.

Mais les différences culturelles sont marquées. En Belgique, les réactions négatives reposent souvent sur le dégoût, lié à des perceptions d’impureté ou d’incompatibilité avec l’alimentation. Au Bénin, le rejet est plus rare et laisse place à une forme de curiosité ou d’étonnement, sans forte charge émotionnelle négative.

Les autres enseignements de cette recherche sont à découvrir dans notre podcast, enregistré lors de la « Journée des Chercheurs ». Cette journée est organisée annuellement par SynHERA, le réseau de promotion de la recherche appliquée issue des 19 Hautes Écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Découvrez notre podcast avec la Dre Crabeck.

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