par Christian Du Brulle

Les journaux scientifiques se déclinent quasi à l’infini. Chaque titre se consacre généralement à un aspect précis de la science, d’autres, plus rares, sont généralistes. C’est le cas des revues « Nature » et « Science » par exemple.

 
Dans ce contexte, la revue « Brussels Studies » fait nettement exception. En dix ans d’existence, ce journal électronique scientifique fait la part belle à une Région plutôt qu’à une discipline.

 

C’est évidemment Bruxelles qui en occupe le plan focal. Mais aussi sa région, son hinterland, ses chercheurs, ses habitants, ses « utilisateurs ». Brussels Studies est une revue « de territoire », interdisciplinaire et clairement orientée « Sciences humaines et sociales ».

 

Comité de lecture et accessibilité

 

« En dix années d’existence, Brussels Studies a publié 123 articles scientifiques », précise le Pr Michel Hubert (Université Saint-Louis), directeur de Brussels Studies.

 

L’originalité de cette revue ne s’arrête pas à cette territorialité. Disponibles gratuitement en ligne, les articles proposés sont de véritables articles scientifiques, soumis aux critiques et aux commentaires d’un comité de lecture, composé de chercheurs-pairs : une pratique incontournable dans ce domaine. Ils sont aussi rédigés avec un appréciable souci de clarté, y compris pour les non scientifiques.

 

« Dès le départ, l’accent avait été mis sur la diffusion large des articles », souligne Benjamin Wayens, Secrétaire de rédaction de la revue. « Le vocabulaire utilisé est donc accessible ». La langue également. Ou plus exactement les langues.

 
Français, néerlandais, anglais

 
C’est là un autre signe distinctif de Brussels Studies. La revue s’adresse à ses principaux lecteurs dans leur propre langue : les Bruxellois, leurs élus, leurs administrations, mais aussi la communauté scientifique internationale. Ici aussi, l’effort d’intelligibilité apparaît de manière éclatante et originale : chaque nouvel article est proposé en français, en néerlandais et en anglais.

 

Les chiffres attestent de la pertinence de ce choix. En dix ans d’existence, les 123 articles publiés ont fait l’objet de :

 

  • 750 000 téléchargements
  • 150 citations dans des documents parlementaires
  • 400 mentions dans la presse écrite et audiovisuelle

 

« On remarquera que les articles les plus anciens sont encore, consultés aujourd’hui », souligne Benjamin Wayens, qui décèle là le signe que la revue et ses archives constituent désormais un centre d’archivage d’informations scientifiques sur Bruxelles.

 
Sciences sociales, humaines, économiques

 
De quoi parle-t-on dans Brussels Studies ? De toutes les facettes de la vie et des défis auxquels la ville Région doit faire face.

 

Au rythme d’un article par mois, la revue digitale s’est intéressée aux questions de mobilité, d’économie, au multiculturalisme, à l’urbanisme, l’enseignement, l’usage des langues dans la cité.

 

Elle a aussi consacré pas mal d’articles à des recherches de prime abord plus décalées : les légendes urbaines, la scène rock ou hip-hop, les musiciens gnawa les appels téléphoniques, le nom des rues…

 

« En moyenne, chaque article a été téléchargé 6 000 fois », indique le Pr Michel Hubert (Université Saint-Louis), directeur de Brussels Studies. « Un résultat remarquable en comparaison de la diffusion ordinaire des revues scientifiques ».

 
Les deux articles les plus lus illustrent bien la diversité de thématiques abordées:

 

Des nouvelles gares RER pour Bruxelles ? Enjeux, méthodes et contraintes
La toponymie populaire urbaine. Le cas de Molenbeek-Saint-Jean

 
Une revue et un Institut depuis 5 ans

 

En 2012, le Brussels Studies Institute (BSI) a également vu le jour dans la capitale. Il s’inscrit dans la même philosophie que celle qui porte la revue scientifique depuis 10 ans. Issu de la collaboration des trois universités bruxelloises (l’Université Libre de Bruxelles, la Vrije Universiteit Brussel et l’Université Saint-Louis), le BSI est une plateforme de contact et de coordination des études sur Bruxelles, quelle que soit l’appartenance institutionnelle des chercheurs.

 

L’Institut travaille comme une interface entre d’une part les besoins et souhaits de la société bruxelloise et de ses animateurs politiques, sociaux, économiques ou culturels et, d’autre part, les milieux académiques soucieux de mieux répondre aux questionnements qui leur sont adressés.

 

On remarquera encore que le Brussels Studies Institute se compose d’un réseau de 25 centres de recherche et de plus de 250 chercheurs issus de 6 universités. « Il s’agit de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), la VUB, l’Université St-Louis, mais aussi l’UCL, la KULeuven et même l’Uquam (Université du Québec à Montréal (Canada) », précise le Pr Serge Jaumain (ULB), président de Brussels Studies.