par Christian Du Brulle

Elle avait disparu depuis des dizaines d’années. Elle a été retrouvée tout récemment. Et son état de santé est excellent! Une momie égyptienne qui date de l’époque romaine et qui faisait partie des collections des Musées Royaux d’Art et d’Histoire, à Bruxelles, jusqu’en 1970, vient de réintégrer le musée du Cinquantenaire.

 

Tête de la momie égyptienne d'époque romaine du MRAH.

Tête de la momie égyptienne d’époque romaine du MRAH.

Après 46 ans passés dans la Nature, notamment du côté de Courtrai, elle a même bénéficié d’un check-up santé complet! Le corps momifié a été passé récemment au scanner des Cliniques universitaires Saint-Luc (UCL), à Bruxelles. À la clé, de bonnes surprises attendaient les archéologues.

 

« Notamment sur son âge. Cette momie sans nom remonte bien à l’époque romaine », indique le Dr Luc Delvaux, conservateur des antiquités égyptiennes.

 
Écoutez le Dr Delvaux détailler la saga de cette disparition et la récupération de cette momie

 

C’est effectivement une bonne surprise pour le scientifique. Et une aubaine pour l’archéologue Caroline Tilleux, qui depuis deux ans étudie les momies égyptiennes du Cinquantenaire dans le cadre de sa thèse de doctorat à l’UCL.

 

« C’est grâce à une pièce de monnaie de l’époque vespasienne retrouvée dans les bandelettes que nous avons pu confirmer son âge, précise la scientifique. Elle date du 1er siècle apr. J.-C. ».

 
Que va devenir cette momie? Écoutez les explications de Caroline Tilleux

 
En 1970, cette momie des Musées royaux d’Art et d’Histoire avait été confiée pour analyses aux docteurs Janssens et Duquenne. Les résultats de leurs recherches ont été publiés dans deux articles importants, parus en 1973. Les deux hommes avaient « déshabillé » la momie, comme le montre le montage photographique « avant-après », ci-dessous.

 

La momie égyptienne d'époque romaine lors de son étude dans les années 1970, avec et sans bandelettes.

La momie égyptienne d’époque romaine lors de son étude dans les années 1970, avec et sans bandelettes. Cliquer pour agrandir


 

La momie, qui porte le numéro d’inventaire E.10171, constitue désormais un nouvel objet d’études important. « Son état de conservation est exceptionnel », souligne le conservateur, Luc Delvaux.

 
La momie ainsi que les résultats de ces recherches seront présentés au sein de la future salle permanente consacrée au « Monde funéraire en Egypte ancienne », qui sera inaugurée à l’automne 2017 au Musée du Cinquantenaire.

 
Un rendez-vous à ne pas manquer

 
« Nos travaux sur les momies égyptiennes du Cinquantenaire ont déjà livré de passionnants résultats », précise Caroline Tilleux. « Ils ont notamment fait l’objet d’une présentation sous forme de poster digital au congrès de radiologie organisé l’automne dernier à Paris. Et ce poster a été primé ».

 

L’analyse par CT-Scan du cœur d’une autre momie du musée, exposée avec son sarcophage dans les salles du musée, a permis de le reconstituer entièrement en 3D. Mieux encore, une réplique, imprimée également en 3D, a pu être produite et soumise à des cardiologues pour analyse.

 

« Grâce à cette étude par CT-Scan, nous avons également digitalisé puis imprimé une copie parfaite d’une dent détectée « dans » le crâne d’une autre momie. Nous avons fait le même exercice avec sa mâchoire. Cela nous a permis de montrer que la dent appartenait bien à la momie en question. Elle s’insérait parfaitement dans une des alvéoles présentes dans la mandibule ».

 
Pour les autres découvertes, rendez-vous au Cinquantenaire à la fin de l’année!