par Christian Du Brulle

Dix ans d’existence, 7.000 scientifiques soutenus en Europe et dans les états associés, 100.000  articles scientifiques publiés, 800 brevets déposés. Le bilan chiffré des dix premières années de fonctionnement du Conseil européen de la Recherche (ERC) est éloquent. 

 

Et la saga des chiffres ne s’arrête pas là. Cette agence de la Commission européenne placée sous la supervision directe d’un conseil de scientifiques est dotée cette année d’un budget de quasi 1,8 milliard d’euros. Des moyens énormes! « Un outil financier destiné à repousser les frontières de la connaissance en s’appuyant uniquement sur l’excellence scientifique », précise le Pr Reinhilde Veugelers, membre du Conseil scientifique de l’ERC.

 

Le Conseil européen de la recherche alloue de confortables bourses aux chercheurs que ses comités sélectionnent au terme d’une procédure rigoureuse menée en deux temps. Cela va des bourses pour les jeunes chercheurs (Starting Grants) pouvant porter sur 1,5 million d’euros à celles réservées aux chercheurs les plus à la pointe (Advanced Grants) portant sur 2,5 millions d’euros.

 

Qui sont les chercheurs qui bénéficient en priorité des bourses du Conseil européen de la Recherche? Écoutez l’analyse du Pr Bourguignon à ce sujet.

 

 

65 bourses aux chercheurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles

 

Dix ans, c’est bien entendu l’heure des bilans. Parmi les quelque 7.000 bourses allouées aux meilleurs chercheurs européens pendant cette période, on notera que 240 d’entre elles ont été à des chercheurs situés en Belgique. « 65 de ces chercheurs (52 hommes et 13 femmes) relèvent des universités de la Fédération  Wallonie-Bruxelles, » indique le F.R.S.-FRS.

 

L’analyse des chiffres montre aussi que deux universités francophones en retirent principalement les bénéfices: l’Université Catholique de Louvain (UCL) avec 30 bourses allouées en dix ans et l’Université Libre de Bruxelles (ULB), avec 24 bourses. Rappelons qu’à chaque fois, c’est l’excellence scientifique qui est soutenue par l’ERC, comme en attestent les travaux du Dr Michaël Gillon, de l’Université de Liège, qui voici quelques semaines avait annoncé la découverte de sept exoplanètes, dont certaines, potentiellement habitable, orbitant autour d’une étoile proche. Une nouvelle qui avait fait la Une de Nature et de nombreux journaux grand public dans le monde. Un chercheur qui est cité en exemple par l’ERC…

 

Tiercé de tête: le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France 

 

D’un point de vue plus international, notons que les quatre pays les mieux servis par les bourses de l’ERC sont dans l’ordre, le Royaume-Uni (1526 bourses en dix ans), l’Allemagne (1058), la France (903) et les Pays-Bas (638). La Belgique, avec ses 240 bourses, arrive après la Suisse (500), l’Espagne (429), Israël (402) et l’Italie (394).

 

« La Belgique n’a certainement pas à rougir », estime le Pr Jean-Pierre Bourguignon, président de l’ERC. Il nous explique ici pourquoi.

 

 

Petit exercice de prospective. Quels sont les grands défis du Conseil européen de la recherche pour les dix années à venir? Jean-Pierre Bourguignon pointe trois défis pour le futur.

 

 

Et en dix ans d’existence, les bourses de l’ERC ne se sont-elles pas substituées à certains financements nationaux de la recherche scientifique? « Ce serait une erreur », estime Jean-Pierre Bourguignon.

 


 

 

Des bourses qui sont aussi de formidables accélérateurs de carrières

 

Les scientifiques qui ont bénéficié des bourses du Conseil européen de la Recherche sont catégoriques. La confiance de l’ERC dans leurs projets de recherche a changé leur vie. Une première analyse (partielle) portant sur l’évolution de carrière des chercheurs impliqués dans les deux cents premiers projets de recherche financés par l’ERC montre que:

 

  • 92% des bénéficiaires d’une bourse de démarrage ont pu établir par la suite ou consolider leur groupe de recherche.
  • 45% des bénéficiaires d’une bourse de démarrage sont depuis devenus professeurs ordinaires ou chercheurs seniors.
  • 26% ont été promus professeur associé ou ont bénéficié d’un poste de chercheur permanent.
  • Pour 44% des projets, les membres des équipes ont continué dans la carrière scientifique.
  • Dans 23% des projets financés, des membres de l’équipe ont ensuite été recrutés par l’industrie.