Pr André Füzfa va observer le ciel à travers des jumelles géantes © UNamur

Un nouvel Observatoire astronomique didactique à l’UNamur

par Daily Science Durée de lecture : 4 min

Après une année de chantier et une coupole d’une tonne soulevée à plus de vingt mètres de haut, l’Observatoire astronomique Antoine Thomas s.j. de l’UNamur ouvre ses portes. De quoi permettre une observation d’une très grande qualité du ciel, même au cœur de la ville.

« Le projet de l’Observatoire astronomique de l’UNamur, c’est la volonté de doter la capitale wallonne d’un lieu d’observation permanent, associé à un programme d’enseignement supérieur, de sensibilisation et de médiation scientifique ouvert aux étudiants, aux écoles et au grand public », explique André Füzfa, professeur de mathématiques à l’UNamur et pilote de ce projet.

L'Observatoire est situé à hauteur des toits de l'Université
L’Observatoire astronomique est situé à hauteur des toits © UNamur

L’inauguration officielle de l’Observatoire est prévue ce samedi 7 septembre 2019 et s’inscrit dans le cadre des Journées du patrimoine. Il s’agit, en effet, de la restauration d’un site historique namurois : l’observatoire de l’ancien Collège Notre-Dame de la Paix.

Surveillance robotisée du ciel

L’Observatoire compte des instruments de pointe, comme un télescope solaire de grand diamètre, unique en Wallonie, permettant d’observer en toute sécurité les phénomènes éruptifs à la surface du Soleil. Cet instrument exceptionnel a été acquis grâce au soutien du Service Public de Wallonie.

La coupole est entièrement automatisée. Les images captées sont transmises en direct. « Elles sont ainsi utilisables depuis un auditoire pour l’accueil des grands groupes ou à distance dans le cadre d’un événement. »

Les images captées par les télescopes seront transmises en direct. Elles sont ainsi utilisables depuis un auditoire © UNamur
Les images captées par les télescopes seront transmises en direct. Elles sont ainsi utilisables depuis un auditoire © UNamur

L’Observatoire dispose aussi d’un dispositif d’imagerie révélant, en quelques minutes, les principaux objets du ciel profond en filtrant la pollution lumineuse. Un télescope à fort grossissement permet quant à lui d’observer la Lune, les planètes et les petits objets du ciel.

Une monture de haute précision, à entraînement magnétique, fabriquée en Suisse rend possible le suivi très fin des astres ainsi que la recherche d’astéroïdes, le suivi des satellites artificiels et des débris spatiaux.

L’aventure scientifique, une expérience qui se partage

Cet Observatoire pédagogique de proximité est désormais accessible aux étudiants, aux chercheurs, aux élèves des écoles primaires et secondaires et à tous les curieux qui voudraient s’initier à l’astronomie.

Il entend être un lieu de médiation scientifique et culturelle ouvert à tous. Découvrir les merveilles du ciel est, en effet, une expérience inoubliable pour ceux qui osent s’y plonger. Avec son projet pédagogique, l’Observatoire permettra au public, et notamment aux jeunes, de découvrir les astres avec leurs propres yeux et d’appréhender les sciences et techniques (optique, mécanique, physique, mathématiques, …) liées à leur observation.

Cela va dans le sens de la vision du Jésuite Antoine Thomas, qui a donné son nom à l’Observatoire. «  Namurois d’origine, il enseigna à de nombreux élèves au collège et à l’Université, fut auteur de manuels de mathématiques. Il était animé d’un sens didactique et d’une aptitude pédagogique indéniables, d’une curiosité et d’une volonté d’aller à la rencontre de l’autre, que ce soit à Namur, à Lille, à Coimbra ou en Chine. Des qualités de communication et des valeurs d’ouverture et de partage que porte également le projet de notre Observatoire et de notre Université tout entière. »

Une expo pour en apprendre davantage sur l’astronomie

« De la ville aux étoiles », c’est ainsi que se nomme l’exposition qui débute samedi 7 septembre à la Bibliothèque Universitaire Moretus Plantin, à l’UNamur. Conçue comme un support complémentaire à l’ouverture de l’Observatoire astronomique, elle replace l’itinéraire d’Antoine Thomas au sein de l’histoire de l’astronomie et de celle de l’Université de Namur.

Elle met aussi en exergue les moments-clés de la formidable aventure scientifique de l’astronomie qui commença dès la fin du Moyen Age. Par leurs œuvres, on y rencontre des figures fameuses de l’astronomie : Galilée, mais aussi le Belge Georges Lemaître, père du Big Bang, ainsi que les savants humanistes jésuites des 16e et 17e siècles ou encore les femmes scientifiques du 18e au 20e siècle.

Print Friendly, PDF & Email