Anne-Sophie Voisin © UNamur

Anne-Sophie Voisin, l’écotoxicologie appliquée aux cours d’eau suisses

par Camille Stassart
Durée de lecture : 4 min

Série (4/5) :  Quand les scientifiques belges font carrière au bout du monde 

Plusieurs séjours de recherche aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, dans le cadre son doctorat à l’UNamur, donnent rapidement à Anne-Sophie Voisin le goût pour les voyages. Ils lui permettent de découvrir d’autres régions du monde, et surtout d’apprendre de nouvelles méthodes d’analyse dans son domaine d’étude : l’écotoxicologie aquatique.

Ces expériences à l’étranger l’encouragent, une fois sa thèse défendue en 2018, à postuler en dehors de la Belgique. Cela fait plus d’un an que cette jeune chercheuse s’est expatriée à Zürich (Suisse). Elle y travaille comme collaboratrice scientifique au Centre Ecotox, reconnu internationalement pour ses recherches en écotoxicologie appliquée.

Equipe du centre Ecotox à Zurich ©Inge Werner 2019

La Suisse mise sur des solutions concrètes pour protéger ses eaux

Partir à l’étranger était une décision naturelle pour Anne-Sophie Voisin. « Beaucoup de collègues du laboratoire “Evolutionary and Adaptative Physiology” de l’UNamur, où j’ai fait ma thèse, ont également réalisé plusieurs séjours à l’international. C’est quelque chose qui est, de base, très encouragé dans le monde scientifique », indique la chercheuse.

« J’ai choisi de rejoindre le Centre Ecotox, car je voulais participer à l’élaboration de méthodes qui pourraient directement servir à la protection de l’environnement aquatique. Et ce centre a pour mission de faire le pont entre la recherche et la pratique », précise-t-elle.

Le but de l’institution est en effet d’assurer l’avenir d’une recherche, de services et d’une formation continue à forte implication pratique dans le domaine de l’écotoxicologie. Celui-ci a été fondé à la demande du Conseil fédéral et du parlement suisses.

« Les autorités sont vraiment concernées par nos résultats de recherche. L’objectif étant, à terme, de les traduire en actions concrètes sur le terrain, ce qui est évidemment valorisant quand on travaille dans la discipline », souligne la biologiste.

Equipe de Zurich du Centre Ecotox ©Inge Werner 2019

La recherche inter-universitaire au chevet des truites de rivières

Le Centre Ecotox est, en outre, implanté au sein de l’Institut Fédéral Suisse des Sciences et Technologies de l’Eau (EAWAG), et possède une antenne à l’École polytechnique fédérale de Lausanne.

« Cette configuration permet des synergies privilégiées entre le Centre de recherche et ces deux établissements », note le Dre Voisin.

Elle participe d’ailleurs à un projet mené en partenariat avec l’EAWAG, ainsi qu’avec le « Centre for Fish and Wildlife Health » de l’Université de Berne. Les chercheurs s’intéressent, dans cette étude, aux mélanges de pesticides que l’on peut retrouver dans les cours d’eau suisses. Leur but est de déterminer leurs effets sur la santé des truites de rivières.

« Mon rôle consiste à développer et à utiliser des biomarqueurs moléculaires. Je développe des méthodes pour mesurer les effets de ces pesticides sur les poissons, par exemple la neurotoxicité ou la perturbation endocrinienne. Je collabore étroitement avec la Pre Kristin Schirmer, du Département de toxicologie de l’environnement de l’Eawag, et le Pr Helmut Segner de l’Université de Berne », explique la scientifique belge.

Equipe du laboratoire d’écotoxicologie de l’UNamur ©Frédéric Silvestre 2018

La préservation de l’environnement ne connaît pas de frontières

Ce postdoctorat au Centre Suisse d’écotoxicologie appliquée offre donc à Anne-Sophie Voisin la possibilité de multiplier les échanges avec des chercheurs venant d’autres institutions.

« Ces partages de connaissances sont vraiment passionnants, et particulièrement importants pour mener à bien des projets de recherche appliquée dans la protection de l’environnement. Mon réseau de collaborateurs a clairement explosé depuis que je travaille ici. »

« Au-delà des collaborations extérieures, l’équipe du Centre Ecotox est aussi très internationale. La Suisse, située au carrefour de l’Europe, est par nature assez cosmopolite et accueille beaucoup de scientifiques venant d’autres pays. On découvre d’autres façons de travailler, ce qui est toujours enrichissant, et peut-être d’autant plus dans le monde de la recherche », note la chercheuse.

En parallèle, la chercheuse a gardé contact avec son précédent laboratoire en Belgique. « Pour le moment, il n’existe pas (encore) de partenariat entre le Centre Ecotox et l’UNamur, mais c’est assurément une idée à envisager dans le futur. Dans tous les cas, j’ai bien l’intention de poursuivre mes recherches en Suisse dans les années à venir », conclut Anne-Sophie Voisin.

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