La vaginose bactérienne touche 30 % des femmes dans le monde, soit des millions de femmes impactées par des pertes, odeurs ou irritations ainsi qu’un risque accru d’accouchement prématuré ou d’infertilité. Une équipe internationale de scientifiques, dont une chercheuse de l’UCLouvain, a analysé, lors d’essais cliniques, l’impact d’un traitement probiotique afin de renforcer l’environnement vaginal. Résultat ? Un traitement à base de probiotiques d’une semaine a suffi pour réintroduire dans le vagin des bactéries protectrices, réduisant les risques de récidive.
Réensemencement protecteur
Bien que les antibiotiques soulagent les symptômes à court terme, jusqu’à 60 % des femmes souffrent d’une récidive de la vaginose bactérienne dans les six mois qui suivent l’infection, voire doivent l’endurer de manière chronique. La cause ? L’appauvrissement de la flore bactérienne vaginale, conséquence du traitement antibiotique.
L’équipe internationale de scientifiques a donc cherché à déterminer s’il était possible de “réensemencer” cet environnement avec des bactéries protectrices et aider le corps à rester en bonne santé par lui-même.
Deuxième essai clinique
Un premier essai clinique était déjà parvenu, grâce au test d’un produit biothérapeutique, à réduire la récidive de l’infection, mais au bout d’un traitement long d’11 semaines.
Ce deuxième essai clinique avait pour but de mettre au point un meilleur traitement probiotique multi-souches. Baptisé VIBRANT (Vaginal lIve Biotherapeutic RANdomized Trial), l’essai a rassemblé 90 participantes originaires d’Afrique du Sud et des États-Unis.
Chacune a reçu, durant 7 jours, des antibiotiques complétés par, selon le groupe, des comprimés placebo, des comprimés contenant 6 souches ou des comprimés contenant 15 souches des bactéries Lactobacillus crispatus, naturellement présentes dans le microbiome vaginal.
Les scientifiques ont utilisé des techniques de séquençage pour rechercher la présence de bactéries bénéfiques durant cinq semaines. Ils ont constaté que le microbiome vaginal des deux tiers des participantes (66 %) contenait des bactéries protectrices dès les cinq premières semaines. Et que près de la moitié de ce groupe présentait encore ces bactéries lors du suivi prolongé à 12 semaines.
L’équipe prévoit d’autres essais cliniques afin d’optimiser le traitement et obtenir l’autorisation pour la fabrication de cette biothérapie contre la vaginose bactérienne.
Autre intérêt de cette étude ? « Au-delà des implications cliniques, l’essai offre un aperçu rare des mécanismes biologiques du microbiome vaginal, permettant de pallier l’ignorance actuelle en matière de biologie fondamentale de l’environnement vaginal, dû au peu d’études financées sur le sujet », commentent les scientifiques.
Cette étude a été menée par l’équipe internationale du Vaginal Microbiome Research Consortium, composée de scientifiques du Mass General Brigham (Harvard, US), du Centre for the AIDS Programme of Research (Afrique du Sud), de l’University of Maryland (US) et de l’UCLouvain, avec Laura Symul, chercheuse en biostatistiques. Celle-ci a coordonné l’intégration des données cliniques et issues du séquençage, le contrôle de la qualité de ces données et appliqué les modèles d’analyse biostatistiques afin de consolider les résultats.