Après WELBIO, place à WELTECH et WELCHANGE ?

par Christian Du Brulle Durée de lecture : 4 min

WELBIO est un succès. En ce début de semaine, à l’occasion de la rentrée des chercheurs financés par ce programme wallon qui se concentre sur les domaines des sciences de la vie, les sourires affichés sur les visages réunis à Namur ne trompaient pas.

Actuellement, 28 chercheurs à la pointe dans leur domaine et issus de quatre universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles bénéficient des financements de ce programme. Il s’agit de 14 nouveaux projets de recherche et de la seconde phase de financement de 14 projets déjà sur rails. Le programme est doté de 15 millions d’euros pour les deux prochaines années.

Une recherche fondamentale « valorisable »

« Notre ambition avec ce programme est de soutenir efficacement la recherche fondamentale dans un domaine stratégique pour notre région», indique Willy Borsus, vice-Président du Gouvernement wallon et ministre de l’Économie, de la Recherche et de l’Innovation (MR).

« Mais aussi de soutenir des projets de recherche susceptibles de créer de la valeur en Wallonie comme à Bruxelles », précise de son côté Jean Stéphenne, Président de WELBIO.

Parce qu’effectivement, si WELBIO est bien un programme qui vise à soutenir la recherche fondamentale, il n’élude pour autant pas les applications potentielles qui pourraient naître dans les laboratoires des chercheurs. « L’idée est que les chercheurs gardent à l’esprit que leurs résultats peuvent être valorisés de diverses manières, via des brevets ou la création de spin-offs par exemple », précise encore Jean Stéphenne.

Des résultats palpables

WELBIO, créé en 2009, est, en effet, axé sur la recherche fondamentale d’excellence et affiche également l’objectif de promouvoir la valorisation des résultats scientifiques en applications industrielles dans tous les champs de la biotechnologie médicale, pharmaceutique et vétérinaire.

Les chercheurs qui en bénéficient peuvent compter sur les bureaux de transfert technologique de leurs universités respectives pour les aider dans ce cadre.

En dix années d’existence, ce programme a déjà livré quelques beaux résultats. On pense, par exemple, aux résultats des travaux de la Pre Sophie Lucas et du Pr Pierre Coulie (UCLouvain) qui ont débouché sur un accord de licence avec une entreprise privée. On pense encore à la création de la spin-off ChromaCure de l’ULB,  au dépôt d’une dizaine de brevets ou encore… aux 354 publications scientifiques et aux six financements complémentaires européens (ERC) qui résultent de ce programme.

Un « prototype » à exporter dans d’autres domaines en Wallonie

« WELBIO est un prototype qui a su démontrer sa pertinence et son bon fonctionnement », estime de son côté le Pr Vincent Blondel, recteur de l’UCLouvain et président du Fonds de la Recherche Scientifique (FNRS), lequel gère ce programme pour la Région wallonne. « Comme tous les bons prototypes, il demande à présent deux choses: être renforcé (« upscalé ») et exporté ».

Son renforcement devrait passer par l’obtention de moyens financiers complémentaires. Pourquoi? Parce lors de la sélection des lauréats du dernier appel à projets, sept projets classés « exceptionnels » n’ont pas pu être financés faute de moyens suffisants. « Or, il y a là un potentiel de découvertes et d’innovations qui pourrait être utilement soutenu pour assurer un plus grand développement du secteur des biotechnologies en Wallonie », estime le Président du FNRS.

Technologies de l’information et sciences humaines

Quant à l’exportation du modèle WELBIO, Vincent Blondel pense notamment à deux propositions formulées cet été par les universités francophones belges.

« Comme le modèle WELBIO est un succès, pourquoi ne pas le dédoubler dans deux autres domaines stratégiquement importants pour le développement de la région? Comme les technologies de l’information et le numérique, via la création d’un WELTECH? Mais aussi, un programme WELCHANGE, axé sur les enjeux sociétaux liés aux transitions auxquelles la Wallonie doit désormais faire face (changements climatiques, vieillissement de la population, économie, etc.)? »

Tant le financement complémentaire de WELBIO pour « repêcher » les sept chercheurs d’exception qui n’ont pas pu être financés suite au dernier appel à projets que la création de programmes de type WELTECH et WELCHANGE ne laissent pas insensible le ministre de l’Économie, de la Recherche et de l’Innovation, Willy Borsus. « J’y suis favorable », dit-il. « Mais cela demande, bien sûr, un peu de temps et l’assurance que les moyens peuvent être libérés sur le long terme ».

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