Mission accomplie pour CanSat Belgium, consommation de viande, diabète et mémoire, le volcan qui peut dormir 110.000 ans, pourquoi le cancer du cœur est si rare, simples comme le jazz et la musique classique…
À la rédaction de Daily Science, nous repérons régulièrement des informations susceptibles d’intéresser (ou de surprendre) nos lecteurs et lectrices. Avec, à la demande de notre lectorat, un regard souvent plus international.
Mission accomplie pour CanSat Belgium
La finale du concours CanSat Belgium vient de se dérouler à Elsenborn. Ce concours consiste, pour les élèves des écoles secondaires du pays, à développer et à lancer un satellite (« Sat ») de la taille d’une canette (« Can ») de soda à un kilomètre d’altitude, avec une fusée tirée depuis le camp militaire d’Elsenborn. Une trentaine d’équipes étaient en lice ces vendredi et samedi pour la finale de ce concours.
Au terme de la compétition, c’est l’équipe de l’Ecole européenne de Bruxelles 4 (Laeken) avec son projet « Make YT » qui a été désignée lauréate pour la Région bruxelloise, ainsi que grande gagnante de cette année. En Wallonie, c’est l’équipe de l’école Saint-Michel de Gosselies et son CanSat « R- Force » qui a remporté le concours. En Flandre, l’école lauréate est le collège Don Bosco de Haacht, avec son CanSat « Sky Bytes » qui a été récompensée.
Le concours CanSat Belgium a pour vocation d’éveiller les jeunes de 4ème, 5ème et 6ème secondaire aux sciences et techniques par le biais de la réalisation d’un projet scientifique dans le domaine spatial.
Le CanSat a pour mission principale et obligatoire de prendre des relevés atmosphériques (température, pression…), de les envoyer en temps réel par radio à une station au sol et d’atterrir en douceur. Il s’agit de la «mission primaire» imposée et obligatoire. En plus de cette mission primaire, chaque équipe doit imaginer un objectif scientifique supplémentaire à atteindre. Il s’agit de la «mission secondaire».
Les élèves sont responsables de tous les aspects de leur projet: le choix des objectifs de la mission secondaire, la conception du CanSat, l’intégration des composants, les tests, la présentation en anglais devant un jury d’experts, la préparation pour le lancement (dans des fusées) et enfin l’analyse des données. Des données météorologiques lors du lancement sont toutefois communiquées aux participants et aux organisateurs, grâce à la collaboration du Meteo Wing de la Défense, qui procède au lancement de plusieurs ballons-sondes pendant la journée sur le site même.
Rappelons encore que le concours CanSat Belgium est le fruit d’une collaboration entre la Wallonie (SPW Recherche), la Région bruxelloise (INNOVIRIS) et la Flandre (VLAIO).
Depuis 10.000 ans, les hommes mangent plus de viande que les femmes
Et si les inégalités entre hommes et femmes remontaient à la préhistoire ? Une étude internationale vient de mettre en évidence une réalité surprenante : depuis près de 10.000 ans en Europe, les hommes consomment davantage de viande que les femmes.
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les ossements de plus de 12.000 individus issus de centaines de sites archéologiques. Grâce à des indices chimiques conservés dans les os, ils ont pu reconstituer les régimes alimentaires de populations anciennes. Résultat : quelle que soit l’époque, les hommes sont surreprésentés parmi les plus gros consommateurs de viande. Même les premières sociétés agricoles, souvent décrites comme plus égalitaires, n’échappaient pas à cette règle. Certes, les écarts y étaient moins marqués, mais ils existaient déjà.
Pourquoi une telle différence ? Les chercheurs avancent plusieurs pistes : des normes sociales favorisant les hommes, des croyances culturelles ou encore une mauvaise estimation des besoins nutritionnels des femmes. Dans ces sociétés, la viande était un aliment rare et prestigieux, souvent réservé aux individus les plus valorisés.
Au-delà de la curiosité historique, ces résultats interrogent notre présent. Les inégalités alimentaires actuelles pourraient-elles être, en partie, héritées de ces pratiques anciennes ?
Diabète et mémoire : le coupable enfin identifié
Pourquoi le diabète affecte-t-il si souvent la mémoire ? Les chercheurs ont suivi plus de 2.000 patients diabétiques pendant plusieurs années. Leur constat : les personnes présentant des niveaux élevés de lactate, une molécule produite lors de la transformation du sucre, ont davantage de risques de développer des troubles cognitifs.
Pour comprendre ce phénomène, les scientifiques ont poursuivi leurs recherches en laboratoire. Ils ont découvert qu’un excès de glucose déclenche une réaction en chaîne dans les neurones. Une production excessive de lactate en résulte, ce qui finit par tuer les cellules de l’hippocampe, une zone clé pour la mémoire.
Les chercheurs ont également testé une solution prometteuse. Un peptide est capable de bloquer ce mécanisme toxique. Chez la souris, ce traitement empêche l’apparition des troubles cognitifs.
Methana, le volcan qui peut dormir 110.000 ans
On pensait qu’un volcan grec silencieux depuis des millénaires était éteint. Ce n’est pas le cas. L’étude consacrée au volcan Methana, non loin d’Athènes, révèle qu’il est resté inactif pendant 110.000 ans avant de se réveiller. Une découverte qui bouscule les certitudes des volcanologues.
Jusqu’ici, ce volcan était généralement considéré comme éteint après 10.000 ans sans éruption. Mais cette règle pourrait être trompeuse. En reconstituant l’histoire éruptive de Methana sur 700.000 ans, les chercheurs ont découvert que le volcan endormi n’était pas réellement éteint. En réalité, le magma continuait de s’accumuler sous terre, bloqué par des processus physiques. Ce stockage invisible a permis la formation d’un immense réservoir… prêt à exploser un jour. Ce phénomène signifie que certains volcans jugés inoffensifs pourraient en réalité représenter une menace latente.
Pourquoi le cancer du cœur est-il si rare ?
Une étude propose une réponse étonnante à cette question. Le simple fait que le cœur batte en permanence pourrait empêcher les tumeurs de se développer.
Les chercheurs ont mené des expériences originales sur des souris. Ils ont comparé des cœurs soumis à leur activité normale avec d’autres, « au repos », transplantés dans une zone du corps où ils ne subissent plus de contraintes mécaniques. Résultat : les cellules cancéreuses prolifèrent beaucoup plus facilement dans les cœurs inactifs. À l’inverse, le mouvement constant du cœur semble freiner leur développement.
Au cœur de ce mécanisme, une protéine agit comme un capteur de pression. Elle transmet les forces mécaniques jusque dans le noyau des cellules, modifiant leur fonctionnement et bloquant la croissance tumorale. Lorsque cette protéine est désactivée, les cellules cancéreuses reprennent leur expansion.
La musique classique et le jazz perdent en complexité
La musique classique et le jazz seraient-ils en train de devenir… plus simples ? C’est ce que suggère une étude qui a analysé plus de 400 ans de compositions musicales.
Les chercheurs ont passé au crible plus de 21.000 œuvres, de 1600 à aujourd’hui. Leur constat est sans appel : après des siècles d’évolution, la complexité musicale a nettement diminué depuis le milieu du XXe siècle. Le jazz, par exemple, atteint son apogée dans les années 1950 et 1960, avant de se simplifier progressivement. Même tendance du côté de la musique classique, dont les structures deviennent plus proches de celles de la pop ou du rock.
Pourquoi ce changement ? L’une des explications avancées est la révolution numérique. Aujourd’hui, les artistes ont accès à une immense bibliothèque musicale, ce qui favorise les influences croisées… mais aussi une certaine uniformisation.