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La science belge au régime sec

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Ils sont dix et ils ne sont pas au mieux de leur forme. Les dix «Établissements scientifiques fédéraux» (ESF) qui relèvent de la Politique scientifique fédérale (Belspo), constituent chacun dans leur genre un des joyaux scientifiques et culturels du pays. Tous sont uniques. Tous connaissent des problèmes de définancement récurrents, des pertes de personnel, une certaine déconsidération de la part des responsables politiques…

Tous ont cependant une kyrielle de points forts à faire valoir. Leurs expertises, les recherches scientifiques de pointe qui y ont cours, leurs collections riches de dizaines de millions de pièces (au bas mot) qui sont exceptionnelles et souvent uniques au monde.
Sait-on par exemple que quelques pièces archéologiques provenant d’Apamée, en Syrie, un site détruit par l’État islamique, reposent en sécurité à Bruxelles, aux Musées royaux d’Art et d’Histoire?

Du bon lait et des vaches plus propres

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Des vaches moins polluantes mais qui font du bon lait, c’est possible… en adaptant l’alimentation des ruminants afin d’améliorer la qualité nutritionnelle du lait. Il ne faut cependant sous estimer une seconde variable : l’environnement.

Le régime des vaches laitières

« Dans ce projet, on a cherché à concevoir une alimentation qui continue à améliorer la qualité nutritionnelle du lait. Tout en freinant l’impact environnemental des ruminants, responsables d’émissions de méthane et d’azote » développe le Pr. Michel Focant, bio ingénieur à l’UCL et collaborateur du projet.

L’étude vise à composer une ration alimentaire « optimisée ». En comparaison à une ration alimentaire conventionnelle. Celle-ci contenant du fourrage, du tourteau de soja et de colza, et des pulpes de betteraves.

« Dans notre ration, nous n’avons pas modifié le fourrage, on a davantage joué sur les compléments » explique Eric Froidmont de l’Unité de nutrition animale et durabilité du Cra-w (Centre Wallon de Recherches agronomiques ) et collaborant à la recherche.

« Le but était de montrer qu’en modifiant quelques éléments de la ration, sans générer de surcoût pour l’éleveur, on améliore tous les aspects environnementaux et nutritionnels du lait » ajoute le Pr. Focant.

Pour se faire, les scientifiques ont :
– diminué la part de pulpes de betteraves en ajoutant de l’orge
– ajouté des graines de lin
– supprimé le tourteau de soja pour le remplacer partiellement par du colza

Orge et lin réduisent l’émission de méthane

Ajouter de l’orge a pour effet d’augmenter l’apport en amidon. Tout en diminuant celui en fibres. Ce qui permet de réduire la production de méthane.

Même constat pour les graines de lin, qui améliorent en plus la qualité nutritionnelle du lait. « Car la composition en acides gras de l’huile de lin se rapproche le plus de l’herbe, l’alimentation naturelle du ruminant » indique le bio ingénieur.

La suppression du soja se justifie pour plusieurs raisons. « Le soja est lié à de nombreuses problématiques. Déjà, l’Europe est tributaire de l’importation des pays outre-Atlantique. Il y a aussi le problème des OGM et du coût, car les prix de cette matière fluctuent énormément » déclare Eric Froidmont.

En préférant le colza produit en Europe, les chercheurs proposent une solution qui vise davantage d’autonomie alimentaire.

Comparatifs entre la ration optimisée et la conventionnelle

Les chercheurs ont ensuite testé leur ration sur un troupeau de vaches. Et relevé les différences avec la ration conventionnelle

« La majorité des essais se sont faits sur des groupes de six vaches isolées du troupeau. En mesurant pour chaque individu l’ensemble du méthane produit, la teneur en azote ingérée et celle rejetée dans le lait, les urines et les matières fécales » expose le Pr. Focant.

Un essai final a ensuite été réalisé sur un plus grand nombre. « On a divisé un troupeau en deux groupes d’une vingtaine de ruminants. Chaque groupe a été nourri pendant un mois par la ration conventionnelle. Puis un autre mois par la ration optimisée » précise Eric Froidmont.

Moins de protéines pour moins d’azote

Côtés résultats, les vaches nourries avec la ration optimisée ont produit un lait de plus haute valeur nutritionnelle. En contenant deux fois plus d’oméga 3 et trois fois plus de CLA (acide linoléique conjugué). Les chercheurs ont aussi noté une diminution de 30 % de la teneur en acide palmitique. Le principal acide gras saturé incriminé dans les maladies cardio-vasculaires !

Au niveau environnemental, la ration optimisée a permis de réduire la production de méthane de 10 à 15 %. Mais aussi d’améliorer l’efficience azotée.

« C’est-à-dire le rapport entre la quantité de protéines ingérée par la vache, et celle retrouvée dans son lait » définit Michel Focant.

L’efficience azotée est bien souvent de l’ordre de 25 %. Ce qui signifie qu’on retrouve dans le lait 25 % des protéines consommées par l’animal. Quand 75 % sont rejetées dans l’environnement sous forme d’azote.

« Avec notre ration optimisée, nous atteignons jusqu’à 35 % d’efficience azotée » déclare le chercheur du Cra-w.

Une amélioration obtenue en respectant les normes alimentaires des bovins. En matière de protéines, on recommande en effet de ne pas dépasser 14 à 15 %. « Ce qui n’est pas souvent respecté. Dans la pratique l’apport est davantage de 17% de protéines » révèle Eric Froidmont.

Une solution au réchauffement climatique

Cette étude expose finalement des solutions dans la problématique des gaz à effet de serre (GES). Il est dans notre intérêt de réduire la production de méthane des ruminants. Qui représente la moitié des GES liés à l’agriculture.

« Et comme ce gaz a une durée de vie inférieure à 10 ans, si on arrive à diminuer son émission aujourd’hui, les effets sur l’environnement pourront se noter très rapidement » signale Eric Froidmont.

Quant à l’azote, plus l’efficience azotée des vaches est faible, plus le risque est grand de produire du protoxyde d’azote. « Qui est un GES au pouvoir de réchauffement global 300 fois plus élevé que le CO2. Il est donc plus que nécessaire de le réduire dans la production agricole » conclut le Pr Focant.

Quand la nuit tombe sur Bruxelles, les musées s’animent

Durée de lecture : 4 min

Depuis quelques années, une question taraude les enfants qui se sont passés en boucle le film américain « Une nuit au musée ». Quand le Soleil se couche, les objets présentés dans les musées s’animent-ils réellement ?

 

Pour le savoir, rien de plus simple. En automne, de nombreux musées de la capitale ouvrent leurs portes en soirée. Coup de pub ou nouvelle démarche muséale ?

 

nocturnes musees bruxelles cdb« L’objectif premier des Nocturnes des Musées bruxellois est de rendre les musées accessibles dans les deux sens du terme », indique Joy Keymeulen, responsable de ce projet organisé par le Conseil bruxellois des Musées. « C’est l’occasion pour les personnes qui travaillent en journée de découvrir les musées de la ville et ce à un prix très démocratique ». Si le coût d’une sortie culturelle peut dissuader de potentiels visiteurs, cette barrière tombe le temps des Nocturnes. L’entrée de nombreux musées est gratuite ou ne dépasse pas trois euros.

 

85 rendez-vous dans 63 musées

 

Les Nocturnes se déroulent tous les jeudis de septembre à décembre. La formule séduit. En 2012, 19.000 personnes ont poussé les portes des musées ouverts en soirée. Un chiffre qui monte à 23.500 en 2013. « L’année dernière, 54 musées participaient aux Nocturnes », reprend Joy Keymeulen. « Cette année, ils sont 63 à ouvrir leurs portes au moins une soirée, avec un total de 85 nocturnes dans tout Bruxelles ».

 

Au vu de cet enthousiasme partagé, une date supplémentaire a été intégrée dans le programme de cette 14e édition. « Nous planifions ces soirées de sorte que plusieurs musées d’un même quartier ouvrent aux mêmes dates. Cela permet aux visiteurs de faire différentes chapelles sur la soirée. Dans certains quartiers, des navettes sont également à disposition des noctambules pour se rendre d’un musée à l’autre », continue Joy Keymeulen.

 

Une soirée spéciale réservée aux enfants

 

A l’occasion 14e édition des Nocturnes des Musées bruxellois, une soirée « spéciale enfants » est organisée cette année. Ce sera le 30 octobre. A la veille d’Halloween, huit musées bruxellois ouvriront leurs portes jusque 22h et proposeront des activités ludiques à partager en famille.

 

Au programme : visite à la lampe de poche d’Autoworld, balade au cœur des mystérieuses œuvres de Paul Delvaux au rythme des notes d’un violoncelliste au Musée d’Ixelles, confection de set de table et de tartelettes aux fruits au Musée bruxellois du Moulin et de l’Alimentation, expériences scientifiques aux Musées de l’ULB, soirée Halloween au Musée de la Police et bien d’autres surprises pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

 

« L’idée d’une nocturne pour enfant est partie du constat que certains parents hésitent à venir au musée avec leurs enfants de peur qu’ils s’ennuient », précise l’organisateur. Cette soirée spéciale « enfants » permettra une sortie familiale où chacun profitera à sa manière de la découverte de ces lieux culturels.

 

Un public local et parfois… surprenant

 

Le public visé est majoritairement bruxellois mais les Nocturnes réservent leur lot de surprises aux organisateurs également. « Pour la soirée d’ouverture, le 18 septembre dernier, nous avions installé un « village des musées » sur la Grand-Place. La foule était constituée de personnes participant aux Nocturnes mais également de touristes qui visitaient la place à ce moment-là. Les jours qui ont suivi, différents musées nous ont rapporté avoir accueilli un nombre plus important de touristes que d’ordinaire ».

 

Difficile d’évaluer l’impact de ce type d’initiative sur la hausse générale de fréquentation des musées bruxellois, mais celle-ci est bien réelle comme le confirment Joy Keymeulen et les données récoltées par l’Observatoire du Tourisme à Bruxelles. Un des grands avantages des Nocturnes est de mettre en lumière une série de musées moins connus du grand public.

 

Tervueren s’installe à Bruxelles

 

Cette année c’est aussi l’occasion pour le Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren fermé actuellement pour cause de rénovation, de faire des apparitions inattendues dans la capitale à différentes soirées. Ses éléphants, lions et autres pensionnaires en profiteront-ils pour s’aventurer aux Nocturnes…?

 

 

Participez à notre grand concours de photos scientifiques !

Durée de lecture : 3 min

La science est partout! Il suffit d’ouvrir les yeux! Cet été, Daily Science vous propose de l’immortaliser en photos et de nous envoyer vos plus belles images.

 

« Le concours de photos scientifiques Daily Science 2014 » démarre le 1er juillet. Il se déroule exclusivement en ligne et est ouvert à tous.

 

Si vous disposez d’un appareil photo, d’une caméra, d’un smartphone ou d’une tablette munis d’un objectif, ce concours est fait pour vous! Tout est bon pour figer numériquement une belle image et la partager avec nous. Et toutes les thématiques sont les bienvenues, du moment que cela parle de science, bien sûr !

 

Envoyez-nous votre plus beau cliché avant le 31 août 2014. Il sera jugé par un jury de professionnels de l’image et des sciences et par un vote du public en ligne.

 

Des prix fabuleux

 

Gagnez un des fabuleux prix du “Grand concours de photos scientifiques” de Daily Science : un télescope pour plonger dans l’infiniment grand, un microscope de poche transportable pour découvrir le très, très petit, un appareil photo, des tablettes, des séjours et des visites très…”spatiales”, des entrées dans divers lieux de culture scientifique récompenseront vos plus beaux clichés de l’été.

 

Pourquoi un tel concours ?

 

Parce que dans notre société hyper-branchée, on ne peut plus se passer de l’image virtuelle. Celle-ci peut être ludique, informative, éducative, surprenante ou tout simplement belle.

 

Le « monde scientifique », en Belgique comme ailleurs, l’a compris depuis des années. Les bases de données accessibles en ligne, gratuitement la plupart du temps, font un usage intensif de photos. La digitalisation des collections et la plus grande diffusion des savoirs en sont deux des moteurs.

 

Darwin et Pasteur sont en ligne !

 

Quelques exemples « belges » de cette digitalisation ? Si vous voulez découvrir un exemplaire authentique de la signature de Charles Darwin ou de Louis Pasteur, rendez-vous sur le site de l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. Il propose une exposition virtuelle de quelques-uns de ses trésors autographes.

 

La signature de Darwin apparaît au bas d’une missive dactylographiée adressée en 1876 à Jean-Baptiste Liagre, alors Secrétaire perpétuel de l’Académie. Celle de Louis Pasteur orne un document manuscrit accusant réception du diplôme de membre associé de l’Académie royale des Sciences, Lettres et Arts de Belgique.

 

Plus technique sans doute est cette autre collection d’images en ligne proposée par la Faculté de médecine de l’UNamur et qui prend la forme d’un microscope digital unique, gratuit et accessible partout dans le monde. Un outil permet aux étudiants de Namur mais aussi du monde entier d’étudier dans le détail l’histologie, soit l’étude de la morphologie des tissus de différents organes, ou l’anatomie pathologique, quand ces mêmes tissus ont subi des modifications suite à l’une ou l’autre maladie. Impressionnant !

 

Le concours de photo scientifique de Daily Science n’a pas l’ambition de développer de telles bases de données spécialisées. Notre but est simplement, avec votre collaboration, de montrer la beauté et l’omniprésence de la science.

 

Tenté par l’expérience? Lancez-vous ! Que ce soit au moyen d’un appareil photo de très haute qualité, d’un appareil photo digital plus modeste, d’un smartphone, d’une tablette…

La science est partout. Cet été, titrez-lui le portrait! Et partagez avec nous vos émotions visuelles.

 

Bonne chance !

 

Infos et participation >