par Christian Du Brulle

La bande dessinée est un vecteur ludique pour parler de sciences. Certains scientifiques y ont recours pour introduire diverses notions, parfois complexes. Le Professeur émérite Paul Depovere (Université Catholique de Louvain), s’est laissé séduire par ce média pour partager une de ses passions : la chimie organique.

 

« La chimie organique s’intéresse aux molécules contenant du carbone, de l’hydrogène, avec, très souvent, de l’oxygène et/ou de l’azote », rappelle ce pharmacien, docteur en sciences, qui tout au long de sa carrière, a enseigné la chimie générale, la chimie organique et la chimie pharmaceutique aux étudiants de l’UCL, à Woluwe.

 

"La chimie organique en BD", par Paul Depovere et Andy Demaret, Ed. de Boeck, 18 euros.

« La chimie organique en BD », par Paul Depovere et Andy Demaret, Ed. de Boeck, 18 euros.

A la différence d’autres « vulgarisateurs » des sciences, il ne s’appuie pas sur des bandes dessinées classiques pour faire passer ses messages. Paul Depovere a choisi de distiller les notions de base de la chimie organique dans une bande dessinée spécialement élaborée en ce sens. Il en a rédigé personnellement le scénario.

 

« J’ai toujours trouvé que la chimie organique était plus amusante que la chimie générale », explique-t-il. « La chimie générale est très vite confrontée à un aspect mathématique, parfois même à des notions physiques. La chimie organique propose par contre un véritable jeu intellectuel. On construit des molécules un peu à la manière d’un « Meccano ». Ce sont des aspects très valorisants ».

 

Avec « La chimie organique en BD », le Pr Depovere n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà signé en 2012 le scénario d’une première bande dessinée, « A la découverte de la chimie », également publiée chez De Boeck. « Un succès », souligne l’écrivain. « A tel point que cette première BD a fait l’objet d’une réédition ».

 

Une approche historique

 

Si sa « découverte de la chimie » jette les bases de cette science, la seconde bande dessinée affiche un degré de complexité supplémentaire.

 

« La première BD s’adresse plutôt à un public général, à des étudiants de dernière année d’école secondaire », concède Paul Depovere. « La chimie organique en BD est plutôt du niveau de la première année d’étude de l’enseignement supérieur. C’est un mini cours sur le sujet. En fait, c’est même un excellent moyen de plonger dans les notions de base de la chimie organique avant un éventuel examen d’entrée donnant accès aux études supérieures en médecine par exemple ».

 

Tant dans le premier que dans le second ouvrage, l’auteur privilégie l’approche historique pour introduire diverses notions. Dans l’ouvrage qui vient de sortir de presses, on notera tout particulièrement cette planche consacrée à l’invention du Belge Leo Baekelandt. En quatre cases, certes ludiques, des notions précises et à la terminologie rigoureuse sont proposées.

 

chimie organique baekel

 

Si la Bakélite est bien la première matière plastique produite dans l’histoire de la chimie (en 1907), la seconde case consacrée à Baekeland précise ainsi : « En polycondensant du phénol (C6H5OH) avec du formaldéhyde (HCHO), Baekeland obtint une intéressante résine thermodurcissable. » Voilà qui donne une idée du niveau requis pour apprécier ce livre.