Par Violaine Jadoul

Série (1) / « PassionS de chercheurs »
 
Quand on fait de la recherche, il est clair que ses travaux scientifiques constituent la première des passions du chercheur. Mais ces femmes et ces hommes qui font progresser nos connaissances ont aussi besoin de lever le pied de temps à autre. Il s’agit de garder le contact avec la Société, de « recharger » ses batteries, s’aérer les méninges. Vivre, tout simplement. Cet été, Daily Science vous emmène à la rencontre de quelques-un(e)s de ces passionné(e)s. Une autre manière de découvrir la Science qui se développe dans nos universités.
 
A la ville, Tiffany Andry est assistante de recherche à l’Institut Langage et Communication de l’UCL-Mons. Engagée en septembre dernier grâce au Fonds Feder-FSE (Fonds social européen), elle travaille sur l’intelligibilité des données.
« Le but de mon projet est de produire quelque chose de tangible à partir des big data, pour amener les entreprises partenaires à mieux visualiser, à mieux utiliser leurs données », explique Tiffany Andry. La collaboration avec des entreprises est un enjeu clé pour développer le paysage numérique en Région wallonne.
 
Hip-hop
 
Lorsque Tiffany Andry n’est pas à son bureau, c’est à un autre type de communication qu’elle s’intéresse : celle du corps. Tiffany est tombée dans la danse lorsqu’elle était petite. Mais, alors que la plupart des petites filles optent pour la danse classique, elle, c’est le hip-hop qui l’attire. Elle a fait ses débuts à l’âge de 8 ans à l’Ecole Arte Corpo de Frameries. Une école qu’elle n’a plus quittée depuis.
 
« Plus les années passaient, plus j’en voulais. En secondaires, je suivais 8 heures de cours par semaine. Et je m’entraînais en plus avec des amies dans une salle. Quand je suis entrée à l’université, j’ai diminué le nombre d’heures, mais j’y allais encore quatre fois par semaine. Le premier blocus fut horrible. Mais peu après, je me suis rendu compte que la danse me permettait de relâcher la pression », raconte la jeune femme.
 
« Lâcher-prises »
 
A priori, les horaires de la danse ne s’accordaient pas avec les études universitaires. Le gala de danse a lieu chaque année au mois de mai, en plein blocus.
 
« Mais le fait d’avoir ce microcosme me permettait de lâcher prise. Je n’ai jamais eu de seconde session. Il était donc possible de combiner les deux », relève la jeune femme.
Aujourd’hui, elle parvient à jongler entre son travail et sa passion. Elle suit cinq heures de cours par semaine. Quant aux styles, au fil des ans et des modes, ils ont évolué. Aucun ne l’effraie. Elle se lance dans le ragga, le modern jazz ou encore la danse contemporaine.
 
« Cette année, j’ai voulu me lancer un nouveau challenge, histoire de ne pas mourir avec des regrets. J’essaye la danse classique », sourit Tiffany. « Et ça marche », se réjouit-elle.
 
Newsmanager… de l’école de danse
 
« Le fait que j’ai un hobby aussi ancré étonne toujours les gens autour de moi », observe Tiffany Andry. D’autant qu’elle ne se contente pas d’aller aux cours. « Grâce à mes études en communication en entreprises, je vois l’école de danse pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une ASBL. Et j’ai du respect pour les gens qui la gèrent. J’ai envie que l’école ait une certaine pérennité. Si elle m’a apporté autant, elle aussi peut en apporter à d’autres », confie-t-elle.
 
Depuis près de deux ans, elle s’est impliquée dans la structure de l’école. Elle y joue le rôle de newsmanager.
 
« Je voyais que d’autres écoles étaient sur les réseaux sociaux. J’ai donc ouvert une page Facebook et un compte Instagram pour « mon » école. Je vérifie également que le site web fonctionne correctement. Cela m’ouvre les yeux sur le côté business des écoles de danse », explique-t-elle. « Le lien entre mes études et ma passion est limpide».
 
Organisation et rigueur
 
La danse a imprégné ses études et son travail en y transposant des valeurs comme le partage, l’entraide et la rigueur.
« Sans la danse, je ne serais pas celle que je suis », estime Tiffany. Combiner un hobby aussi prenant et des études ou un travail demande aussi une bonne organisation.
 
« Cela nécessite de revoir ses priorités, de se prendre en main et de s’autogérer. C’est peut-être pour ça que je suis là aujourd’hui. Mon promoteur a toujours souligné ma proactivité. Cela m’a toujours étonnée… Pour moi, c’est juste normal », relève-t-elle.
 
La danse contribue à son équilibre. « La recherche est un milieu dans lequel il y a beaucoup de pressions », observe la jeune femme.
 
« Pour faire face à cette pression, il est important de pouvoir lâcher prise », poursuit-elle.
 
« La recherche peut aussi être frustrante parce qu’on est livré à soi-même et qu’il ne s’agit pas toujours de résoudre « A + B » pour obtenir un résultat. Il arrive que quelque chose de négatif se produise ou que je ne sois pas contente de mon travail. Dans ce cas, lorsque je sors d’une heure de danse, je remets les compteurs à zéro. Et je retourne au boulot avec une attitude positive le lendemain. Une symbiose parfaite », conclut-elle.