par Christian Du Brulle

Des usines chimiques installées en Wallonie qui affichent un réel souci de développement durable, un centre de logistique européen planté entre Liège et Anvers qui compte sur cinq types d’énergies renouvelables pour s’alimenter, une chercheuse bruxelloise active dans le domaine de l’architecture durable qui mesure l’empreinte carbone des bâtiments…

 

La recherche, l’innovation, le développement économique et le souci de préserver la planète étaient au rendez-vous, cette semaine, à l’université « verte » proposée à Bruxelles, par Greenfish

 
Un « état d’esprit »

 
Avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International (WBI), l’Agence chargée de valoriser le savoir-faire des francophones de Belgique à l’étranger, la société de consultance Greenfish avait rassemblé quelques beaux exemples de réalisations concrètes en matière de « pensée verte » (son événement était intitulé « Green Mind »).

 

Des exemples « concrets »? Côté usine verte, deux exemples proches étaient au programme: les usines chimiques de Dow Corning, à  Seneffe et de l’Oréal, à Libramont.

 

À Seneffe, Dow Corning produit une multitude de silicones. « Un matériau qui a un impact important sur l’optimalisation des technologies vertes et donc sur la préservation de l’environnement », explique Annick Meerschman, responsable du site de production et de recherche wallon.

 

« Le silicone est utilisé dans diverses applications, tels que les joints pour vitrages, qui assurent ainsi une meilleure efficacité énergétique des immeubles, ou encore des lubrifiants pour éoliennes. Une application moins connue de ce matériau souple concerne les LED, les diodes électroluminescentes. « Le silicone intervient au niveau des fixations, mais aussi dans les lentilles », précise la responsable de Dow Corning, une entreprise, qui est par ailleurs membre du pôle de compétitivité wallon Greenwin (partenaire, lui aussi, de cette université verte). 

 
Consommation énergétique négative à Libramont
 

À Libramont, c’est l’usine même du groupe cosmétique l’Oréal qui devient chaque jour un peu plus verte. « Depuis des années, toutes les pistes pour réduire l’impact environnemental de ce site de production sont explorées », souligne Brigitte Bekaert. « Cela se traduit de manière très concrète par une consommation énergétique négative. L’usine produit sa propre énergie et fournit le surplus aux ménages voisins ».

 

L’approvisionnement en énergie renouvelable est aussi un des soucis du centre de distribution européen de l’équipementier sportif Nike, qui est implanté en Belgique. 

 
« 300 millions de vêtements, de chaussures et autres équipements sportifs destinés au marché européen transitent par notre campus belge » (on ne dit plus « entrepôt »…), indique Mike Van der Zanden.
 

Cinq sources renouvelables

 

Pour alimenter le site en énergie, le groupe compte sur cinq sources d’énergies renouvelables différentes: ses éoliennes, mais aussi la biomasse, la géothermie, l’hydro-électricité et le photovoltaïque. Pour les tracteurs chargés de transporter les marchandises sur le campus, la traction électrique a été testée, mais sans convaincre. « Les temps de recharge étaient incompatibles avec notre fonctionnement 24 heures sur 24. Nous sommes donc repassés au diesel », concède Mike Van der Zanden. « Mais en optant pour le biodiesel, faute de mieux pour le moment ». Son entreprise s’intéresse cependant aussi à l’hydrogène. « Peut-être une solution d’avenir », estime-t-il.

 

La recherche était au rendez-vous de cette université « verte », qui bénéficiait également de la collaboration du cluster Tweed (Technologie Wallonne Energie – Environnement et Développement durable).
 

Empreinte carbone des stades de Pékin et de Londres

 
La chercheuse Catherine De Wolf, ingénieure-architecte formée à l’ULB/VUB, et actuellement en doctorat au MIT, y a présenté la base de données qu’elle développe et qui porte sur l’empreinte carbone de la structure des bâtiments, partout dans le monde. 

 

Une recherche utile, qui pointe, par exemple les différences gigantesques qui peuvent exister entre deux stades récents: celui de Pékin et son cousin de Londres, tous les deux bâtis pour les Jeux olympiques. Avec un constat à la clé: l’empreinte « carbone » du stade de Londres est dix fois plus verte que celui de Pékin. L’empreinte carbone par siège : 450 kilos de CO2 par siège en Angleterre par rapport à 4.500 en Chine…

 

De quoi donner à réfléchir aux partenaires du futur stade national belge en projet!