Le FNRS investit dans le « ClimAX»

par Christian Du Brulle Durée de lecture : 4 min

Face à l’ampleur des défis liés aux changements climatiques, le Fonds de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS) a décidé de créer un programme spécifiquement consacré à cette problématique. Son nom?« ClimAX ».

Avec ce programme, le FNRS veut encourager le monde scientifique à prendre de nouvelles initiatives. Non seulement pour mieux éclairer les décisions politiques à ce sujet (ce qu’il fait depuis des décennies…) mais aussi pour trouver de nouvelles solutions concrètes tout en accélérant et en dopant les investissements en recherche visant à contrer les causes et les effets du réchauffement climatique.

20 millions pour trouver des solutions

« C’est un nouveau programme thématique ambitieux », estime Véronique Halloin, Secrétaire Générale du FNRS. « Le programme Climax devrait être financé à hauteur de 20 millions d’euros. Il a pour objectif de financer 10 à 20 projets de recherche sur deux ans. Des projets qui seront interdisciplinaires ».

Quatre grands domaines sont d’emblée identifiés par le FNRS:

  • -le développement d’énergies alternatives propres
  • 
-le développement de technologies moins énergivores
  • -les technologies qui permettent la maîtrise des émissions de gaz à effets de serre (CO2, CH4 …)
  • -les technologies de capture, de stockage, recyclage ou transformation de ces gaz

L’effort pour le FNRS porte sur 5 millions d’euros en deux ans. « Ce qui équivaut à environ 1 % de nos revenus annuels », explique Véronique Halloin. L’idée est de solliciter les diverses autorités du pays mais aussi des mécènes, des entreprises et pourquoi pas le grand public, pour boucler le budget de 20 millions de ClimAX.

Enjeux sociétaux criants d’actualité

Selon Jean-Claude Marcourt (PS), Vice-Président du Gouvernement, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en Fédération Wallonie-Bruxelles, les cinq millions que le FNRS investit dans ce nouveau programme sont le fruit du refinancement de l’institution de financement de la recherche fondamentale consenti par la FWB ces deux dernières années.

« Depuis 2 ans, j’ai augmenté à hauteur de 22 millions d’euros les moyens budgétaires du FNRS. L’effort de refinancement doit continuer. Mais déjà, il permet au FNRS de prendre des initiatives au niveau de la création de programmes thématiques comme ClimAX qui veut offrir des réponses scientifiques à des enjeux sociétaux criants d’actualité », indique-t-il.

Cette initiative du FNRS a été décidée mi-mars, par le bureau du FNRS (qui comprend notamment les recteurs des six universités francophones du pays). Le Conseil d’administration de l’institution devrait l’avaliser fin avril. Et ensuite ?

Premier appel à projets à la rentrée académique

« L’idée est de lancer un premier appel à projets au mois de septembre prochain », explique Eric Winnen, directeur de la communication du FNRS.

« Les commissions scientifiques devront alors juger de la pertinence des projets déposés, des partenariats mis en place et de leur interdisciplinarité. Mais aussi sur leur interdisciplinarité. Il serait peut-être bon de s’adjoindre l’expertise d’économistes ou encore de partenaires internationaux ».

« Nous espérons que les premiers projets de recherche pourront démarrer début 2020 et se développer sur une période de deux ans ». 10 à 20 projets financés par une enveloppe de 20 millions d’euros, cela fait 500.000 à un million d’euros par projet. Un montant appréciable.

« Globalement, trois quarts des 200 millions d’euros du budget annuel du FNRS sont consacrés aux salaires de chercheurs individuels (via les bourses et mandats) », détaille Véronique Halloin, la Secrétaire Générale du FNRS. « Le quart restant porte sur des frais d’équipement et sur des projets de recherche limités généralement à 100.000 euros par an et par projet. Nous disposons déjà de quelques autres programmes plus ciblés. Par exemple le programme EOS, hérité du fédéral, où les équipes de chercheurs du nord et du sud pays peuvent espérer décrocher des financements allant jusqu’à un million par an ».

« Il y a également le programme Welbio, cet institut virtuel en sciences de la vie qui finance un chercheur principal et son équipe jusqu’à 400.000 euros par an. Celui-ci est marqué par un intérêt tout particulier accordé à la valorisation des résultats de recherche ».

« Ou encore les réseaux ERA-net, où des appels à projets sont lancés en commun avec d’autres agences de financement de la recherche fondamentale en Europe. Dans ce cadre, il s’agit d’appels à projets tournant autour de défis sociétaux comme la lutte contre la résistance aux antibiotiques, les problèmes d’urbanisme, etc. Dans cet esprit, avec Climax, nous nous intéressons donc davantage aux solutions apportées pour lutter contre le réchauffement climatique », conclut Véronique Halloin.

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