Extension de la réserve naturelle de la Vallée de l'Almache de Natagora (prairie humide à Bistorte) © Natagora

Protection de 2700 hectares de nature en Wallonie

10 septembre 2026
Temps de lecture : 4 minutes
Par Daily Science

Depuis mai 2022, le projet “Aires protégées”, initié dans le cadre des plans de relance national et wallon, a permis de transformer durablement le paysage de la conservation en Wallonie. Avec 2 700 hectares protégés, restaurés et aménagés, l’objectif initial de 1 930 hectares a été non seulement atteint, mais largement dépassé.

Ce projet s’inscrit dans une urgence croissante : en 2022, à peine 1 % du territoire wallon bénéficiait d’une protection forte, et les sites protégés, dispersés et fragmentés, ne suffisaient plus à enrayer l’érosion de la biodiversité. L’objectif était clair : renforcer le maillage écologique pour assurer la survie des espèces menacées et la conservation des habitats, en cohérence avec les ambitions du gouvernement wallon actuel qui veut atteindre 5% du territoire wallon protégé d’ici 2030 et avec la Stratégie biodiversité de l’Union européenne.

Etendre et consolider le réseau de réserves

Le projet s’est articulé autour de trois axes complémentaires.

Tout d’abord la protection. Pour contrer la fragmentation, le projet a priorisé l’extension ou la création de 165 réserves naturelles représentant 1 130 hectares supplémentaires protégés et une gestion adaptée des milieux ouverts et forestiers. La répartition est équilibrée entre milieux ouverts (34 %) et forestiers (37 %), le reste étant constitué de zones à restaurer (plantations de résineux, fonds de bois). Les forêts indigènes sont laissées en libre évolution (forêt intégrale), tandis que les milieux ouverts font principalement l’objet de fauches (généralement en collaboration avec un agriculteur), de pâturages extensifs ou de travaux de restauration.

« L’effort s’est concentré là où la biodiversité est la plus riche, avec une forte présence au Luxembourg (435 ha, soit 38 % du total),  dans la province de Liège (275 ha, 24 %) et de Namur (200 ha, 18 %). Les provinces du Hainaut (170 ha, 15%) et du Brabant wallon (50 ha, 5%), n’ont tout de même pas été oubliées, avec de nouvelles vallées protégées », explique-t-on chez Natagora.

Aire de vision de la réserve naturelle de la Basse Wimbe de Natagora © Natagora

Redonner vie aux milieux dégradés

Le deuxième axe concerne la restauration. « 340 hectares d’habitats dégradés ont été restaurés, recréant des conditions favorables à une faune et une flore diversifiées (aulnaies, landes, prairies maigres, mares, etc.). »

« Les interventions ont varié de l’installation de clôtures et du pâturage à la gestion des espèces invasives, au creusement de mares, en passant par le débouchage de drains et le désenrésinement. Ces travaux ont été réalisés par des entrepreneurs spécialisés et par des chantiers bénévoles équipés de nouveau matériel. »

Observatoire de l’étang de Virelles de l’Aquascope de Virelles © Natagora

Rapprocher les citoyens de la nature

Le troisième axe concerne la valorisation. En effet, « la protection et la restauration ne suffisent pas sans sensibilisation. Le troisième axe a mis en valeur 1 220 hectares de réserves à travers diverses réalisations visant à rapprocher les citoyens de la nature. »

Pour ce faire, des panneaux didactiques, des observatoires, de bancs, des illustrations et des structures d’accueil ont été créés. Il est désormais possible de découvrir certaines réserves naturelles à travers de nouveaux balisages ou des guides de balades illustrés. «  54 réserves naturelles sont désormais prêtes à accueillir le public, offrant un accès sécurisé et pédagogique à la biodiversité wallonne. »

Au-delà des chiffres, ce projet démontre qu’avec les moyens adaptés et une coordination efficace, il est possible de transformer des défis environnementaux en succès concrets, tout en renforçant le lien entre nature et citoyens.

Ce projet repose sur une collaboration inédite entre Ardenne & Gaume, les Cercles des Naturalistes de Belgique (CNB), la Ligue Royale Belge pour la protection des oiseaux (LRBPO), les Amis du Parc de la Dyle, les Amis de la Fagne, Patrimoine Nature, Virelles Nature, Le Genévrier et Natagora.

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