Les médias de masse: fossoyeurs d’un monde meilleur?

par Christian Du Brulle Durée de lecture : 2 min

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Twitter, Facebook, la radio, la télévision, les journaux papier « traditionnels »… Les médias de masse sont-ils en train de plomber notre avenir? Patrick Willemarck, directeur des Presses Universitaires de Bruxelles (ULB) pose la question. Il en fait même le titre du cours-conférence librement accessible qu’il donnera la semaine prochaine à Namur dans le cadre du Collège Belgique.

« L’information est aujourd’hui partout », analyse-t-il. Elle est immédiate, instantanée. On prend une photo quelque part avec son smartphone et on la publie sur les réseaux sociaux. En un instant, et d’un clic, nous avons accès à tout ce qui se passe dans le monde.

 

Génial? Patrick Willemarck, qui est également titulaire du cours “Théorie de la publicité et de la communication commerciale” donné en première année de Master en publicité à l’IHECS, préfère parler d’infobésité. Et cette immédiateté de l’information, il l’orthographie volontiers « im-médiateté ». Avec un préfixe privatif!

 

 

« Cet accès instantané à l’information s’accompagne automatiquement d’une absence de véritable médiation », dit-il. Nous sommes entrés dans une économie où tout est devenu communication. Ce qui signifie que tout est égal à tout. Et donc que tout se réduit à de la communication: la politique, l’économie, la science… ».

 

D’où l’intitulé de sa leçon au Collège Belgique? C’est bien sûr aussi une forme de provocation, confesse-t-il. Mais cette immédiateté de l’information pose aussi question. Trop d’informations, trop d’informations mal décodées, superficielles, engendrent des réactions émotives. « L’information, avant, on la recevait. Maintenant on vit dedans. C’est une forme d’envoûtement. Nous sommes dans les émotions. Mais les émotions passent… ».

 

De là à regretter la disparition des « journaux d’opinion »? La presse est peut-être un incident dans l’Histoire, estime-t-il…

 

 

 

Collège Belgique : rendez-vous à Namur

 

Après la trêve estivale, les cours-conférences du Collège Belgique, proposé par l’Académie Royale de Belgique, reprennent ce mois-ci à Bruxelles, Namur, Liège et Charleroi.

 

La leçon intitulée « Et si les médias de masse étaient les fossoyeurs d’un monde meilleur ? » que donnera Patrick Willemarck le 22 septembre à 17 heures dans le cadre du Collège Belgique, se tiendra à Namur, au Palais provincial (place Saint-Aubain). L’accès est gratuit. La réservation est toutefois souhaitée.

 

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