En haute école, la recherche concerne les défis sociétaux

par Laetitia Theunis
Durée de lecture : 3 min

« Au niveau de la recherche, la caractéristique des hautes écoles est de construire un savoir scientifique sur base de la réalité du terrain », énonçait Yves Robaey, co-Directeur-Président de la HE2B en préambule de la première édition du « Forum de l’Économie et de l’Innovation Sociale », organisé par SynHERA, la cellule d’accompagnement et de valorisation de la recherche en haute école.

Différentes exemples de recherche appliquée menée main dans la main avec des partenaires du milieu associatif ont jalonné le colloque. Tous concernent des défis sociétaux : sans-abrisme et habitats modulaires, précarité des jeunes, maladies chroniques et personnalisation des soins, mais aussi agroécologie et intégration des demandeurs de protection internationale.

Développer l’agroécologie en facilitant l’intégration de demandeurs d’asile

Mathieu Larbi est féru de cultures potagères. Disposant d’une belle surface de 3,5 hectares à Natoye , un projet a peu à peu germé : faire rimer intégration sociale, particulièrement des demandeurs d’asile, et production agroécologique. C’est-à-dire une production d’aliments bio, respectueuse de la vie du sol et de l’environnement.

Pour mettre en place ce projet, le citoyen s’est tourné vers le centre local d’accueil de la Croix-Rouge et la section « agriculture biologique» de la Haute École de la Province de Namur.

«Celle-ci mettra à profit son expertise en agronomie et en agriculture biologique. L’équipe d’étudiants et d’enseignants-chercheurs analyseront le sol de la parcelle et identifieront les fruits et légumes les plus adéquats à faire pousser. « Ils m’apporteront leur analyse et leur expérience », résume Mathieu Larbi.

L’objectif, à terme, est de « produire des aliments et de les commercialiser tout en proposant une autonomie et une activité épanouissante et remplie de sens à un public en recherche d’activités intégratrices. »

La recherche appliquée est au cœur des hautes écoles

« Toute institution d’enseignement supérieur a trois missions fixées par décret : enseignement, recherche et service à la collectivité. La recherche en haute-école a un lien très fort avec le terrain. Le lien avec les entreprises est historique. Depuis quelques années, SynHERA s’ouvre aux entreprises sociales », indique Catherine Bolly, conseillère scientifique au sein de SynHERA pour les projets en sciences humaines et sociales et le paramédical portés par les hautes écoles en Wallonie.

« La recherche appliquée est centrée sur la réponse à un besoin immédiat. Les dimensions de co-création avec les partenaires et d’innovation sont inhérentes. La différence avec la recherche fondamentale, menée en université, c’est la volonté que les connaissances atteignent le terrain. Et s’appliquent à des problématiques qui émanent de la société (entreprise, citoyen ou association). »

« En haute école, les chercheurs sont avant tout des enseignants. Leur recherche va nourrir leurs enseignements. Ils impliquent leurs étudiants dans les processus de recherche via des stages et des travaux de fin d’études », poursuit Catherine Bolly.

Près de 1000 chercheurs dans les hautes écoles francophones belges

SynHERA accompagne les projets de recherche menés par les dix-neuf hautes écoles en Wallonie et à Bruxelles, et par les dix centres de recherche associés. Sa première mission est de créer une communauté de chercheurs de hautes écoles, et de les mettre en relation avec des acteurs de terrain. Ce réseau rassemble de 800 à 1000 chercheurs. Ils sont actifs dans sept grands domaines de recherche : pédagogie, social, technique, agronomie, paramédical, économie et arts appliqués.

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