Technologies et esprit d’entreprise au menu de l’Académie

par Laetitia Theunis
Durée de lecture : 4 min

Courant d’Air, Holy-wood, Urbike ou encore Terre-en-Vue. Vingt-une jeunes entreprises wallonnes et bruxelloises, actives dans les domaines de l’énergie, de l’économie circulaire, de la mobilité et de l’agriculture, sont venues exposer à l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique leurs raisons d’être, leur fonctionnement et leurs perspectives.

L’objectif de ce workshop, organisé par la Classe Technologie et Société et intitulé « quand la Belgique devient durable », est de nourrir une réflexion nouvelle sur les jeunes entreprises et la durabilité. Et d’identifier comment lever les freins rencontrés.

Mettre en contact les mondes de la recherche et de l’entrepreneuriat

L’Académie Royale de Belgique a été créée en 1772, au siècle des Lumières. Dès sa naissance, elle a eu comme objectif le progrès de la société à partir de la science et de ses applications pratiques.

Aux trois Classes de départ (celle des Sciences, celle des Lettres et des Sciences morales et politiques et celle des Arts), est venue, en 2009, se greffer une quatrième, la Classe Technologie et Société.

« Son fondateur plaidait pour l‘éthique des entreprises. Il s’agit à la fois de questionner le fonctionnement de l’organisation des entreprises, mais aussi la place de l’entreprise dans la société, de son rôle, de sa fonction stimulatrice pour l’ensemble de la société. Ce workshop, regroupant des jeunes entreprises actives dans la transition écologique, est au cœur du sujet, l’entreprise dans la génération d’un mouvement général », commente Pr Didier Viviers, secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Belgique.

Et d’ajouter, « il est nécessaire d’avoir une vision globale, cohérente, concertée face au développement durable. Ce n’est pas uniquement une question d’entreprise, de politique ou de recherche, mais de convergence de toutes ces approches. Et, en ce sens, l’Académie se doit de mettre en contact des chercheurs, des scientifiques, des entrepreneurs. Et, nous l’espérons de plus en plus, des décideurs politiques. »

Une réflexion académique multidisciplinaire

Les objectifs globaux de la Classe Technologie et Société sont clairs. « Il s’agit, tout d’abord, de nourrir la réflexion sur l’impact des technologies dans notre société. Ainsi que de donner des avis indépendants à destination des décideurs et du pouvoir politique. Mais aussi de conscientiser le grand public aux différents enjeux qui vont se présenter », précise Dr Luc Chefneux, directeur de la Classe Technologie et Société.

Dans la Classe Technologie et Société, il y a 50 membres titulaires et 50 membres associés. « Ces derniers sont essentiellement des membres étrangers ou habitant en dehors de nos frontières. Parmi les 50 membres titulaires, la moitié sont des ingénieurs soit professeurs d’université soit venant du monde de l’entreprise. L’autre moitié est constituée de juristes, d’économistes, de médecins, de sociologues, d’ethnologues, de philosophes. Cela permet d’avoir des débats extraordinaires et multidisciplinaires », ajoute-t-il.

Les technologies, actrices incontournables du futur

Depuis quelques années, les réflexions et débats menés au sein de la Classe Technologie et Société se sont orientés sur la problématique du développement durable. Et ce, en se basant sur les 17 objectifs définis par des Nations-Unies.

« A l’avenir, les technologies vont jouer un rôle fondamental. Elles auront un impact majeur grâce aux jeunes entreprises qui se concentrent sur leur usage pour régler un certain nombre de problématiques. Les entreprises aux nouvelles formes d’organisation, en particulier celles liées à l’économie sociale et solidaire, vont également jouer un grand rôle dans le futur », prédit Dr Chefneux, ingénieur physicien.

Un avis partagé par Pr Hugues Bersini, spécialiste de l’intelligence artificielle et co-directeur du laboratoire IRIDIA (ULB), membre de la Classe Technologie et Société, et coordinateur du workshop.

« Afin d’affronter les menaces environnementales, nous privilégions une façon qui prend sa source au confluent des technologies et de l’esprit d’entreprise. A rebours de ce que pensent certains activistes de la transition écologique, dont ils ont pourtant raison d’exiger l’imminence, nous maintenons notre foi dans les technologies et les rouages de l’économie de marché afin d’amorcer cette transition. Croissance économique et décroissance de notre empreinte écologique restent, selon nous, parfaitement compatibles, à condition notamment que l’on organise et contrôle la consommation de biens non-polluants », conclut Pr Bersini.

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