Apnées du sommeil chez les jeunes enfants, biodégradation des plastiques grâce aux champignons, énergie solaire dans les Alpes et ondes gravitationnelles. Ces quatre recherches menées par des doctorants et doctorantes des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont emporté ce mardi 12 mai 2026 l’enthousiasme du public et du jury du concours belge « Ma Thèse en 180 secondes ». Organisée à l’espace Senghor de Gembloux Agro-Bio Tech par l’Université de Liège, cette finale mettait en lice quinze doctorants et doctorantes, trois pour chacune des cinq universités francophones du pays.
Le principe du concours est connu. « L’enjeu pour les candidats, c’est de pouvoir résumer de manière simple et accessible, et en trois minutes, l’essence même de leurs travaux de recherches menés dans le cadre de leur doctorat », souligne le Pr Michel Moutschen, Vice-Recteur à la Recherche à l’Université de Liège.
Évidemment, ce concours illustre la recherche doctorale. « Mais c’est aussi un moment de bonheur et de partage avec le public », estime-t-il. « Un moment important, à l’ère de l’IA, qui peut jeter un voile sur la notion même de créativité scientifique, et à l’ère du scepticisme de la société. »
Trois minutes pour convaincre
Rappelons que le concours « Ma Thèse en 180 secondes » s’inspire du concept anglophone Three Minute Thesis, lancé en 2008 à l’Université du Queensland, en Australie. Le format a ensuite été adapté en français, notamment au Québec, avant d’être déployé dans l’espace francophone. En Belgique francophone, une première édition locale a été organisée à l’Université de Liège en 2013. Depuis 2014, le concours se déroule sous la forme d’une finale interuniversitaire réunissant les universités francophones de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le principe reste inchangé : chaque candidat doit présenter son sujet de thèse en trois minutes exactement, avec une seule image projetée à l’écran. L’exposé doit être à la fois scientifiquement rigoureux, intelligible pour un large public, convaincant et véritablement vulgarisé.
Les lauréats de cette années sont issus de l’UCLouvain, de l’UMons et de l’UNamur.
Pierre Cnockaert (UCLouvain) tente de décrypter avec sa thèse l’importance de la langue dans les troubles respiratoires du sommeil chez le jeune enfant:
Caroline Bottu (UCLouvain) s’intéresse aux dynamiques à l’œuvre dans le choix du développement de l’énergie solaire dans les Alpes françaises. Une thématique qui prend en compte les enjeux politiques locaux, les questions d’aménagement du territoire, ainsi que, bien entendu, les contraintes liées à ce développement:
De son côté, Marie Joie (UMons) étudie la biodégradation des plastiques par un ensemble de champignons ainsi que le développement d’un nouveau matériau à base de mycélium:
Ces trois lauréats, sans ordre de préférence, sont ceux retenus par le jury du concours
Le public venu assister à cette finale a lui aussi pu voter pour son ou sa candidat(e) préféré(e). C’est Charles Modera (UNamur) qui a séduit le public. Il s’intéresse aux ondes gravitationnelles issues de la fusion de trous noirs supermassifs dans la constellation du Sagittaire:
Sciences en scène, cet été, sur les bords du Lac Léman
Le prix remporté par les quatre lauréats belges de « Ma thèse en 180 secondes » prend la forme d’une participation à l’école d’été « Sciences en scène » proposée par l’Université de Lausanne (Unil) du 6 au 10 juillet 2026. Au programme : explorer des formes innovantes de communication et de médiation scientifique, à la croisée du spectacle vivant, de la narration et de la création artistique.
Pendant cinq jours, les doctorants vont être immergés dans un processus créatif unique comprenant des rencontres avec des scientifiques de l’Unil. Ils vont participer à des ateliers encadrés par des artistes professionnels, coachés par des médiateurs ou journalistes scientifiques venant de l’Université de Lausanne, de Aix-Marseille Université et de l’Université Libre de Bruxelles. Enfin, ils et elles travailleront en petits groupes pour créer une œuvre artistique originale. La semaine se conclura par un cabaret artistique, où chaque groupe présentera sa création devant le public. De quoi armer encore un peu plus ces jeunes scientifiques à encore mieux parler de leurs travaux de recherche avec un large public.