La radiothérapie pourrait contribuer à rendre certaines tumeurs sensibles à l’immunothérapie. C’est le résultat d’une étude émanant de chercheurs de l’Hôpital Universitaire de Bruxelles. Cette avancée ouvre de nouvelles pistes thérapeutiques.
Déclencher la réponse immunitaire
Cette étude clinique développée par des chercheurs de l’Institut Jules Bordet s’intéresse à des cancers du sein dits « froids », à savoir peu ou mal reconnus par le système immunitaire. Or, l’immunothérapie fonctionne principalement lorsque la tumeur est déjà « chaude », c’est-à-dire lorsqu’elle attire des cellules immunitaires capables de l’attaquer.
L’étude NeoCheckRay repose sur une approche innovante : l’utilisation de la radiothérapie hautement ciblée pour modifier le microenvironnement tumoral et rendre la tumeur plus sensible à l’immunothérapie.
« La radiothérapie est traditionnellement utilisée pour détruire la tumeur. Nos résultats montrent qu’elle peut aussi jouer un rôle de déclencheur de la réponse immunitaire. En quelque sorte, elle aide le système immunitaire à reconnaître un cancer qu’il ignorait jusque-là », explique le Dr Alex De Caluwé, radiothérapeute à l’Institut Jules Bordet.
Une meilleure efficacité du traitement
Ces résultats encourageants suggèrent qu’un traitement déjà largement disponible, comme la radiothérapie, pourrait améliorer la réponse à l’immunothérapie lorsqu’il est utilisé différemment, notamment en adaptant le moment du traitement, les doses administrées et les zones ciblées.
« Cette étude constitue une étape importante pour comprendre comment combiner de manière optimale radiothérapie, chimiothérapie et immunothérapie dans le cancer du sein », souligne la Dre Laurence Buisseret, oncologue médicale à l’Institut Jules Bordet.
Pas d’augmentation du coût des traitements
« Contrairement à de nombreuses innovations en cancérologie, cette approche ne repose pas sur l’introduction d’un nouveau médicament, mais sur une utilisation optimisée de traitements déjà disponibles. Si ces résultats sont confirmés, elle pourrait améliorer les résultats cliniques sans augmenter de manière substantielle le coût des traitements. »
Ces résultats prometteurs devront être confirmés dans un essai clinique de plus grande ampleur avant de modifier les pratiques médicales.