Christian Du Brulle

Dix vérités sur nos sols à ne pas perdre de vue

Durée de lecture : 5 min

« Pour enrayer le réchauffement de la planète dû à nos émissions de gaz à effet de serre, plantons des arbres! Pour protéger la biodiversité, misons sur l’agriculture intensive plutôt qu’extensive ». Bonnes ou fausses bonnes idées ? Protéger nos sols, en tirer le meilleur parti et s’en servir pour résoudre nos problèmes les plus pressants peut sembler simple. « Grossière erreur », disent en chœur une cinquantaine de scientifiques spécialisés dans la question des sols et de leur utilisation. Dans un article « Perspectives », le Pr Patrick Meyfroidt, chercheur qualifié FNRS à l’UCLouvain et premier auteur de ce texte, met en garde.

« Nous assistons ces dernières années à une prise de conscience globale par rapport à de nombreux enjeux qui touchent la planète », se réjouit-il. « Je pense à la crise climatique, à celle qui touche la biodiversité, l’accès à l’eau, les questions énergétiques… Toutefois, nous avons toujours trop tendance à considérer ces problèmes de manière individualisée, sectorielle, alors qu’ils sont interconnectés les uns avec les autres. Un dénominateur commun à ces problèmes se situe dans l’usage que nous faisons des terres qui sont à notre disposition. C’est là que les interconnexions s’établissent. C’est là que nous voulons remettre les pendules à l’heure », dit-il en substance.

Les solutions miracles n’existent pas

« Avec notre travail, en effectuant un relevé de 10 vérités scientifiques bien établies concernant la problématique de l’usage des terres, nous espérons mobiliser ces prises de conscience pour passer à l’étape suivante. Il faut prendre en compte plus systématiquement les interconnexions qui existent entre ces diverses problématiques. Et dans le même temps, lutter contre nos approches segmentées. »

« Il faut cesser de proposer des solutions miracles destinées à régler les problèmes un par un. Cela ne fonctionne pas. Ces solutions miracles n’en sont pas. Leur mise en œuvre fait perdre du temps. Et au final, elles peuvent même être mauvaises. Prenons les changements climatiques: pendant tout un temps, l’idée de produire des biocarburants a été mise en avant. Mais est-il vraiment pertinent de mobiliser des terres de qualité pour ce type de production ? »

Ne pas négliger les connaissances scientifiques établies et vérifiées

Un autre exemple avancé par le chercheur concerne la plantation massive d’arbres. « Si l’idée est séduisante pour lutter contre les changements climatiques, elle n’est pas idéale partout, si elle nécessite des compromis avec d’autres fonctions telles que la production de nourriture ou la préservation de la biodiversité. Vous pouvez tenir le même raisonnement avec l’artificialisation des surfaces, la substitution de matériaux de construction (comme le béton par du bois), l’installation d’éoliennes ou de panneaux solaires ou l’agriculture bio. Lorsqu’il s’agit des terres, il faut adopter une vision très large », plaide-t-il.

Pourquoi cette tendance à ne pas prendre systématiquement une approche globale pour résoudre ces problèmes ? « Parce que les décideurs ne prennent pas assez en compte une série de faits de base, de vérités scientifiques avérées », reprend le chercheur.

«  C’est cela que nous mettons en exergue dans cet article scientifique. Nous disons simplement que vouloir régler un problème en se focalisant sur une seule approche, ce n’est pas une bonne idée. Nous n’avons pas de solution toute faite à tous les problèmes. Mais nous pouvons trouver de meilleures solutions en tenant compte de l’ensemble des faits scientifiques connus et établis, que nous avons synthétisés et clarifiés dans notre publications. »

Ces vérités ? Ce sont par exemple celles-ci :

  • La terre est un système complexe. Les systèmes terrestres peuvent connaître des périodes de changement brutal, comme la déforestation à grande échelle dans les pays d’Asie du Sud-Est, ce qui rend inexactes les prévisions fondées sur les tendances passées.
  • La conversion de l’usage des terres pour une autre utilisation, comme le défrichement de forêts anciennes, le drainage de tourbières ou la conversion de terres agricoles en zones urbaines, crée des impacts qui se répercutent sur des décennies ou des siècles.
  • La mondialisation signifie que les décisions relatives à l’utilisation d’une parcelle de terre peuvent être influencées par des personnes, des politiques ou des organisations éloignées.
  • Les utilisations du sol procurent toute une série d’avantages, mais un terrain donné ne peut pas tous les procurer simultanément.
  • Les inégalités en matière de propriété foncière sont souvent aggravées par des hiérarchies sociales (ethniques, de caste ou de genre). Celles-ci risquent d’être reproduites par les interventions en matière d’utilisation des terres, à moins qu’elles ne soient explicitement abordées.

 

Graphique résumant les 10 vérités sur l'usage des terres. © GLP
Graphique résumant les 10 vérités sur l’usage des terres. © GLP

Une version plus accessible (et en anglais) de l’article cosigné par 50 scientifiques est également accessible sur un site spécifique de l’association Global Land Programme. C’est de celui-ci qu’est tiré le graphique ci-dessus.

« J’ai le sentiment que c’est peut-être le bon moment, que les mentalités ont changé », conclut le Pr Meyfroidt. « Il y a une prise de conscience. Les autorités comme la société me semblent aujourd’hui prêtes à entendre notre discours. Lors des inondations de juillet dernier, on a parlé d’urbanisme et d’utilisation des terres, on a évoqué les conséquences de décisions économiques et politiques sur le quotidien des riverains installés dans ces zones inondables, etc. Il est plus que temps d’avoir une vision globale de l’usage de nos terres. »

121 millions pour 37 projets de recherche belges et excellents

Durée de lecture : 5 min

Écouter ce que se chuchotent les cellules cancéreuses, comprendre comment évolue (ou non) le langage chez les enfants autistes, identifier dans l’intestin tous les facteurs à l’origine de diverses maladies… La seconde fournée des projets de recherche EOS (Excellence of Science) est riche et ambitieuse.

Au total, 37 projets (sur les 278 propositions envoyées au FNRS et son alter ego flamand le FWO) vont être financés au cours des quatre prochaines années. Impératif de ce programme: mener des collaborations de haut niveau entre les meilleures équipes de chercheurs du nord et du sud du pays. Le budget qui y est consacré (121 millions d’euros) est à la hauteur de ces ambitions. La qualité des projets retenus également.

Communication de cellule à cellule

Un de ces projets alliera par exemple l’expertise de l’Université Libre de Bruxelles, de la KULeuven et de l’Université de Gand en matière de cancers de la peau. Coordonné par le Pr Cédric Blanpain, spécialiste des cellules souches à l’ULB (et par ailleurs lauréat du Prix Francqui en 2020), ce projet va s’intéresser à la communication de cellule à cellule dans le cancer.

« Avec la technologie, on comprend de mieux en mieux les états cellulaires qui composent une tumeur », rappelle le Pr Blanpain. « Par contre, nous ne savons pas encore grand-chose sur la communication de cellule à cellule dans ce cadre », explique-t-il. « C’est ce que nous voudrions désormais mettre en lumière. À l’ULB, nous voulons identifier le transcriptome de toutes les cellules qui composent une tumeur et son micro-environnement. Nos collègues de Louvain et de Gand vont de leur côté tenter de cerner les réseaux de régulation génétique qui contrôlent chacun de ces états cellulaires grâce à de la modélisation bio-informatique. Et ce pour ensuite tenter de prédire comment fonctionne la communication entre les différentes cellules ». Description, modélisation et ensuite confirmation de la modélisation: cette trilogie devrait également permettre aux chercheurs de déterminer l’impact thérapeutique que leurs découvertes pourraient livrer.

Quelles liaisons entre le microbiote, l’inflammation et l’apparition de maladies?

À l’UCLouvain, dont différents groupes de chercheurs se retrouvent impliqués dans 19 des 37 projets EOS retenus par le jury, le Pr Patrice Cani, est lui aussi aux commandes d’un de ces projets.

« Joindre l’expertise d’une dizaine de partenaires issus de différentes universités dans le domaine de l’inflammation, du système digestif, du cancer et du microbiote va nous permettre de décortiquer les mécanismes qui expliquent d’un point de vue physiologique ou pathologique, les interactions qui existent entre le microbiote intestinal et son hôte. Et comment ces mécanismes pourraient contribuer au déclenchement de toute une série de maladies », indique le professeur de métabolisme moléculaire et nutrition au LDRI (Louvain Drug Research Institute).

Pour identifier ces liaisons, les partenaires de ce projet vont combiner des recherches in vitro, in vivo, des modèles animaux, des biopsies humaines et des données provenant de groupes de patients.

Autisme et langage

Autre exemple de projet soutenu pendant quatre ans par le programme EOS: l’étude coordonnée par le Pr Mikhail Kissine, qui dirige le groupe « Autisme en Contexte : Théorie et Expérience », à l’Université libre de Bruxelles.

En surveillant la motricité oculaire des petits, l’ULB tente de dépister précocement l’autisme

Avec des collègues des universités de Gand et de Louvain, il va mener une étude visant à suivre, dans l’ensemble du pays, le développement linguistique et cognitif de 300 enfants autistes âgés de 3 à 6 ans.

« Notre but est de dresser le profil le plus complet possible des différentes trajectoires suivies par ces enfants. Nous souhaitons déterminer comment et pourquoi évoluent les enfants autistes entre l’âge de 3 et 6 ans affichant un problème de langage. À trois ans, 60% des enfants autistes ne parlent pas. Une partie importante d’entre eux va résorber ce retard vers l’âge de 6 à 7 ans. Mais 25% environ des enfants souffrant de troubles du spectre de l’autisme vont rester non-verbaux toute leur vie. Nous voulons comprendre les raisons qui se cachent derrière ces différentes trajectoires. Afin que cette étude soit la moins invasive possible pour ces enfants et leur famille, trois laboratoires mobiles (trois camionnettes) vont être amenés à sillonner la Belgique pour réaliser cette étude ».

Des avancées scientifiques de premier plan en perspective

Comme lors de sa première édition, le programme EOS 2021 a connu un grand succès. Il soutient cette année principalement des projets en sciences et technologie et en sciences médicales, mais aussi en biologie, en sciences humaines, en sciences sociales et également quelques projets interdisciplinaires. À noter encore: 23 de ces projets (par exemple celui du Pr Cani à l’UCLouvain) coopéreront également avec une institution de recherche étrangère.

« Il faut à nouveau souligner le haut niveau d’excellence de l’ensemble de ce programme et la collaboration optimale avec le FWO », indique Véronique Halloin, Secrétaire générale du FNRS.

« Je suis persuadée que la synergie entre chercheuses et chercheurs des deux communautés est extrêmement importante: la qualité générale des dossiers analysés et en particulier celle des dossiers sélectionnés est impressionnante et annonce des avancées scientifiques de premier plan », conclut-elle.

Innovation: un écouvillon pour chevaux mis au point à l’UNamur

Durée de lecture : 5 min

Tout comme les fameux tests PCR réalisés dans le nez, les voies respiratoires supérieures des chevaux sont également le siège de frottis effectués par écouvillons. Chez ces animaux, il ne s’agit cependant pas de détecter la présence du virus du Covid, mais bien de traquer d’autres pathogènes susceptibles d’affecter leur santé, comme la grippe ou l’herpès. Et la longueur de la tige utilisée chez le cheval est bien entendu proportionnelle à la taille de l’animal.

« Elle fait environ une septantaine de centimètres de long », explique le Pr Stéphane Lucas, de l’Unité de Recherche Laboratoire d’Analyse par Réaction Nucléaire (LARN), à l’Université de Namur. Le physicien mène des recherches aussi bien appliquées que fondamentales, notamment en science des matériaux. « Ce que les vétérinaires utilisent actuellement est un dispositif rigide. Il est fabriqué aux Etats-Unis et ressemble à un très long coton-tige disposé dans une paille en plastique rigide ouverte », précise-t-il.

Un projet de recherche FNRS comme point de départ

« Le problème, c’est que ces longues tiges doivent traverser diverses parties des voies respiratoires hautes de la cavité nasale du cheval avant d’arriver au site de prélèvement utile », détaille le Dr Sébastien Penninckx, actif au sein du même laboratoire. « Les vétérinaires raclent donc toute une série de bactéries qui sont naturellement présentes dans la fosse nasale avant d’arriver là où le prélèvement est le plus intéressant. Résultat: le coton-tige est déjà saturé quand il arrive dans le nasopharynx », précise le chimiste.

Avec l’aide du Fonds de la recherche scientifique (FNRS), qui a financé leurs travaux dans le cadre d’une appel spécial à projets de recherche spécialement orienté « Coronavirus », le groupe des deux scientifiques namurois a élaboré un dispositif (Equiswab) permettant d’éviter ce genre de problème. Il se présente sous la forme d’une sorte d’endoscope souple réalisé en mousse. 

Ecouvillon EquiSwab, UNamur. © Christian Du Brulle
Ecouvillon EquiSwab, UNamur. © Christian Du Brulle

Dans cette gaine de protection se trouve une fine tige munie d’une zone de frottis. Elle n’est déployée  qu’une fois arrivée dans le fond de la cavité nasale de l’animal. Quand le prélèvement a été réalisé, cette extrémité de l’écouvillon est rentrée dans la gaine de protection, et le dispositif est ôté du nez du cheval.

De la détection de pathogènes à l’insémination

A Dubaï, où se déroule cette semaine une mission économique et scientifique wallonne, organisée par l’Awex et le service « Recherche » de l’agence Wallonie-Bruxelles International, les deux scientifiques ont présenté leur dispositif à toute une série d’éleveurs et de gestionnaires d’écuries. L’accueil qui leur a été réservé a été enthousiaste. C’est avant tout la souplesse de leur dispositif qui a été saluée. « Cette souplesse permet des prélèvements moins traumatisants pour l’animal. Mais nous avons également été amenés à réfléchir à une utilisation alternative de notre dispositif », reprend le Dr Penninckx, qui pilote ce projet. « Equiswab » pourrait aussi être très intéressant pour d’autres interventions vétérinaires, par exemple dans le cadre de l’insémination des juments », souligne-t-il.

Pour les deux scientifiques, leur passage à Dubaï connaîtra clairement des prolongements, au Moyen-Orient comme en Belgique. Et autant en ce qui concerne les équidés que les dromadaires de course.

« Certaines maladies respiratoires chez le cheval peuvent être asymptomatiques », souligne encore le Dr Penninckx. Celles-ci peuvent avoir un impact sur les performances sportives de l’animal. Un test pour savoir avant une course si le cheval est malade ou non peut être précieux pour son propriétaire. Ou encore pour éviter le développement d’une épidémie du genre de celle que le secteur équin a connu en début d’année en Europe, où un cheval a été à l’origine d’une contamination massive d’herpès à la suite d’une course ».

Un milliard de chiffre d’affaires

Les deux scientifiques namurois ne sont pas les seuls à être venu présenter leur innovation à Dubaï. Six entrepreneurs wallons ont également fait le voyage vers les Emirats Arabes Unis.

« La filière équine est importante en Région wallonne », commente Pascale Delcomminette, administratrice générale de l’Awex et de WBI. « Elle figure parmi les cinq secteurs que nous voulons mettre en valeur dans la région, avec l’agro-alimentaire, le tourisme, le multimédia ainsi que la mode et le design ».

A lui seul, le secteur équestre en Wallonie représente un milliard d’euros de chiffre d’affaires par an. 

Le cluster équin wallon Equisfair regroupe une cinquantaine de membres actifs dans tous les domaines de la filière : aliments, compléments alimentaires, élevage, aménagement d’infrastructures, clôtures, produits de soins, biotechnologies, pharmaceutique, communication, transport, organisation d’événements, applications.

Il collabore également avec le secteur universitaire, les fédérations équestres, les écoles et les centres de recherche.

Pied-à-terre en Wallonie

Mahmood Anzac © Christian Du Brulle
Mahmood Anzac © Christian Du Brulle

Si l’innovation wallonne dans le secteur intéresse les Dubaïotes, la Wallonie elle-même se montre aussi attractive pour ceux-ci. Mahmood Anzac en est un vivant exemple. Cet éleveur et propriétaire de chevaux d’endurance installé dans l’émirat n’a pas hésité à également investir en Wallonie.

Il a acquis en 2016 une ferme à Wanne (province de Liège). Après avoir quitté son ancien pied-à-terre au Royaume-Uni, suite au Brexit, il passe désormais plusieurs mois par an en Wallonie avec de ses chevaux. « Entre juin et septembre, la chaleur dépasse les 45 degrés aux Emirats », explique-t-il. « A cette période de l’année, la saison des courses est en sommeil. Pour les chevaux, il fait beaucoup trop chaud ». D’où ses séjours estivaux en Belgique d’où il fait courir ses pur-sangs pendant quelques mois.

Les yeux et les oreilles de Daily Science (126)

Durée de lecture : 4 min

Du T.rex au menu à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, annonce des Prix Nobel de l’année, revoici le « I Love Science festival », le mont Blanc a pris quelques dizaines de centimètres en deux ans…

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Sept scientifiques récompensés par un prix Nobel scientifique

La semaine écoulée a été rythmée par l’annonce des lauréats des Prix Nobel 2021. 

En ce qui concerne le prix de médecine, il a été décerné aux Américains David Julius et Ardem Patapoutian, pour leurs travaux sur les récepteurs de la température et du toucher, lesquels ont ouvert la voie à des traitements anti-douleur.

Le prix de physique a été attribué à trois scientifiques dont les travaux concernent le climat et sa modélisation. L’Américain d’origine japonaise Syukuro Manabe et l’Allemand Klaus Hasselmann empochent chacun un quart du prix de cette année pour leurs travaux de modélisation du climat. L’Italien Giorgio Parisi, empoche l’autre moitié du prix pour ses recherches sur la « théorie des systèmes complexes »: une théorie qui permet de mieux comprendre les phénomènes désordonnés et les fluctuations.

Enfin, le Prix Nobel de chimie récompense cette année l’Allemand Benjamin List et l’Américano-Britannique David MacMillan. Ils ont mis au point un nouveau système de catalyse appelé organocatalyse ou encore catalyse asymétrique.

Plutôt que d’utiliser des métaux ou des enzymes pour accélérer et contrôler des réactions chimiques, ce système utilise des petites molécules organiques, plus accessibles et plus « durables ».

Lundi, l’annonce du prix d’économie clôturera la saison des Nobel.

Trix pose ses valises au Muséum des Sciences Naturelles

Un nouveau Tyrannosaure rex, baptisée Trix, vient de rejoindre le musée de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Cette copie en impression 3D a été réalisée au départ du scan d’un fossile de T.rex femelle découvert au Montana (Etats-Unis) en 2013. 

Complet à 70%, Trix a pris place dans la salle des expositions temporaires du musée. Il est entouré d’une douzaine de stands ludiques et éducatifs présentant certains faits sur Trix et les tyrannosaures.

On notera aussi que depuis le début de cette année, une visite guidée par podcasts de quelques minutes, accessibles gratuitement en ligne via un smartphone, est également disponible au Muséum. Ce guide audio, accessible en streaming ou via le wifi du musée, permet au visiteur de découvrir de manière plus chronologique la salle des dinos, où les attendent un autre T.rex (Stan, un mâle) mais aussi de véritables fossiles de dinosaures, comme les iguanodons de Bernissart ou encore un platéosaure. Deux types de podcasts sont proposés: pour adultes et pour enfants.

Rendez-vous au I Love Science Festival

Victime de la pandémie l’an dernier, le « I Love Science Festival » de la Région bruxelloise est de retour cette année. Pendant trois jours, du vendredi 15 au dimanche 17 octobre, ce festival des sciences et des technologies ouvrira ses portes à Brussels Expo (Palais 11). Il s’adresse à tous et à toutes, enfants comme adultes.

Stands interactifs, expériences, animations, ateliers, spectacles sont au programme.  L’entrée est gratuite et le Covid Safe Ticket est obligatoire.

Nouveauté cette année, une partie du festival se tiendra aussi de manière digitale. De quoi découvrir, dès son ouverture, encore davantage d’activités scientifiques, et ce pendant plusieurs semaines. Le festival digital restera en effet en ligne bien après la fermeture des portes de celui qui se tiendra à Brussels Expo.

Le mont Blanc culmine à 4807,81 mètres

Le mont Blanc, plus haut sommet d’Europe, a été remesuré à la mi-septembre, comme tous les deux ans depuis 2001, par les géomètres-experts de Haute-Savoie. Il culmine à présent à 4.807,81 mètres.

La taille du mont Blanc varie en effet d’une année à l’autre. Son sommet rocheux, qui s’élève à une altitude de 4.792 mètres, est recouvert d’une épaisse couche de glace et de neige, laquelle fluctue au gré des conditions météorologiques. Lors de la précédente campagne de mesure, en 2019, la fameuse montagne ne s’élevait « qu’à » 4806,03 m.

 

Les yeux et les oreilles de Daily Science (125)

Durée de lecture : 7 min

La Pre Annick Castiaux élue rectrice de l’UNamur, Daily Science a sept ans, à cause de la pandémie, un étudiant sur deux présente des symptômes d’anxiété et de dépression, l’œuf ou la tuile ? Après l’expo, un livre sur le Belge Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix…

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Une rectrice pour l’UNamur 

Le nom du nouveau recteur de l’UNamur est connu. Ce sera une rectrice : la Pre Annick Castiaux. Au terme d’une élection en deux tours, la candidate a été élue cette semaine avec un score de 49,54 % des voix. L’autre candidat ayant mobilisé 44,53 % des suffrages. La nouvelle rectrice est élue pour un mandat de quatre ans. Elle prendra ses fonctions lors de la prochaine rentrée académique et succédera au Pr Naji Habra,  le 14 septembre 2021 .

« D’abord chercheuse en physique, au Laboratoire de Physique du Solide, sous la direction de Jean-Paul Vigneron et grâce au FNRS, j’ai rejoint le secteur privé en 1998. Devenue consultante en gestion de l’information chez I.R.I.S. SA, j’ai découvert le fonctionnement des organisations tant publiques que privées », indique Mme Castiaux.

« Après quelques années, le monde de la recherche me manquait. J’ai eu la chance d’être engagée comme chargée de cours au département de gestion de l’UNamur pour développer le programme d’ingénieur de gestion et initier des recherches en gestion de l’innovation. Depuis 2002, j’enseigne la gestion des technologies et de l’innovation, en intégrant toujours davantage un questionnement critique concernant la responsabilité sociétale et le développement durable ».

« En 2015, j’ai fondé avec quelques collègues le Creativity and Innovation Research Center, une des composantes du Namur Digital Institute. Nos recherches nous amènent à étudier les écosystèmes d’innovation ».

« Dans ce contexte, le rôle de l’université m’intéresse particulièrement. C’est une des motivations de mon investissement croissant dans la gestion et la gouvernance de l’UNamur : défendre et développer les missions spécifiques de l’université, et singulièrement de l’UNamur, dans notre société ».

Lors de la prochaine rentrée académique, deux des six universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles seront donc dirigées par une rectrice. Depuis l’automne dernier, l’Université Libre de Bruxelles est en effet pilotée par la Pre Annemie Schaus.

Les priorités et les objectifs d’Annick Castiaux pour l’UNamur sont à découvrir sur son site de campagne.

 

Daily Science a sept ans!

La semaine prochaine,  le 1er avril , Daily Science fêtera ses 7 années d’existence! C’est en effet le 1er avril 2014 que notre média en ligne  www.dailyscience.be  a vu le jour. Depuis, nous avons tenu le cap : proposer chaque jour un nouvel article de qualité traitant de science, de recherche et/ou d’innovation à nos lecteurs.

Quelques chiffres ? En sept ans, nous avons publié quelque 1800 articles. Tous restent accessibles sur notre plateforme via l’onglet « liste des articles »,  dans le menu « Plus ».

Depuis la naissance de Daily Science, vous êtes aussi toujours plus nombreux à apprécier nos contenus. Si en 2014, quelque 177.000 visiteurs avaient consulté quasi 950.000 pages du site, en 2020 ces chiffres ont véritablement bondi pour atteindre 6,5 millions de pages vues par 1,9 million de lecteurs sur l’ensemble de l’année (statistiques selon l’hébergeur de Daily Science).

Ces résultats encourageants nous confortent dans notre choix de vous offrir quotidiennement une nouvelle information pertinente et accessible, et ce gratuitement.

C’est grâce au soutien sans faille de nos mécènes, de nos sponsors, mais aussi des pouvoirs publics que nous pouvons vous livrer ces informations, ces reportages, ces enquêtes et ces interviews, fruits d’un travail journalistique rigoureux et indépendant. Que ces soutiens clairvoyants, repris dans la rubrique « partenaires » du site, soient ici remerciés.

Si vous aussi, chers lecteurs, souhaitez nous soutenir, nous montrer concrètement votre intérêt pour notre travail, n’hésitez pas! Prenez contact avec nous afin de nouer un partenariat positif. Ou plus simplement, décidez de nous témoigner régulièrement votre intérêt en nous versant quelques euros chaque mois. Tous les coups de pouce sont les bienvenus.

Et à demain, sur  DailyScience.be !

 

Pandémie : un étudiant sur deux présente des symptômes d’anxiété et de dépression

Comment les étudiants du supérieur vivent-ils la crise du Covid-19 ? Une enquête réalisée en ligne par les psychologues de l’UCLouvain, de l’ULB et de l’ULiège auprès de plus de 25.000 étudiants (Universités, Hautes Écoles, Instituts Supérieurs des Arts) en Belgique montre que leur moral est loin d’être optimal.

Les taux élevés de symptômes avérés d’anxiété (50 %) et de dépression (55 %) mettent clairement en évidence les difficultés psychologiques auxquelles ils font face. Ce sont les étudiants de Bac 2 et 3 qui présentent les niveaux les plus élevés d’anxiété et de dépression.

Les résultats montrent également un sentiment d’isolement, de solitude et un manque de contacts sociaux.

Parmi les états émotionnels ressentis, un niveau élevé de colère est très présent. Un grand nombre indique souffrir de troubles du sommeil et de l’appétit. Une perte d’espoir en l’avenir est également fortement présente.

Un jeune sur dix se dit confronté à des difficultés pour subvenir à ses besoins essentiels. En plus d’un sentiment d’isolement au plan de l’enseignement (affectant 73 %), d’autres difficultés psychologiques liées aux cours en ligne sont rapportées : un sentiment de fatigue mentale et physique (pour 82 %), un manque de motivation (chez 81 %) et des difficultés pour gérer le stress (pour 54 %). Tout ceci menant à un sentiment de décrochage chez une majorité d’entre eux.

 

L’œuf ou la tuile ? Après l’expo, un livre sur le Belge Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix 

L’œuf ou la tuile ? C’est avec cette question d’apparence anodine que le Père Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix, entendait interpeller ses contemporains sur les enjeux cruciaux de son époque.  C’est désormais aussi le nom d’un ouvrage qui vient de sortir de presse.

La question de l’œuf ou de la tuile trouve son origine dans la tuile calcinée provenant d’Hiroshima, de même qu’un œuf provenant d’un camp de réfugiés algériens au Maroc.

Voici ce que le Père Pire en disait : « J’ai reçu l’œuf en novembre 1960 dans un camp de réfugiés algériens. L’un d’eux, très pauvre, n’ayant rien à m’offrir, mais voulant cependant pratiquer à mon égard l’hospitalité si chère aux Arabes, m’offrit un œuf. Il se trouve sur mon bureau et est pour moi le symbole de la noblesse humaine ».

"L’œuf ou la tuile ?", par Alexandra Micciche et Bernadette Petitjean, Coédition Archives de l’Etat et les Editions 180°, 96 pages, 20 euros.
“L’œuf ou la tuile ?”, par Alexandra Micciche et Bernadette Petitjean, Coédition Archives de l’Etat et les Editions 180°, 96 pages, 20 euros.

« Quant à la tuile, elle me fut donnée en janvier 1961 lors de ma visite à Hiroshima. On voit sur cette tuile la terrible brûlure de la bombe atomique. Elle rappelle que l’homme peut être cruel pour son frère en tuant celui-ci par les moyens les plus « raffinés ». Si l’œuf l’emporte c’est-à-dire si la noblesse s’impose, l’Humanité sera sauvée… »

Alexandra Micciche, historienne à l’Université de Namur, et Bernadette Petitjean, historienne et cheffe de travaux aux Archives de l’État à Namur, relataient cette anecdote en 2018, dans l’exposition montée à Namur à l’occasion du 60e anniversaire de l’attribution du Prix Nobel de la Paix au Père Pire. Elles ont repris l’interrogation du Dominicain comme titre de leur ouvrage qui fait suite à cet anniversaire, et qui retrace plusieurs pans de la vie de Dominique Pire. 

Daily Science avait consacré un article à l’exposition proposée en 2018 aux Archives de l’Etat à Namur. L’article est toujours accessible ici.

 

Les yeux et les oreilles de Daily Science (124)

Durée de lecture : 4 min

Une visite VIP au Muséum avec Daily Science ? Baptême du fond pour 27 bathyscaphes à Nemo 33. Coronavirus : chute de la pollution en Chine mais aussi en Italie…

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Une visite VIP au Muséum avec Daily Science ?

Tentez votre chance… Et testez vos connaissances en matière de biodiversité! DailyScience.be vous invite en effet à une visite «privée» de la toute nouvelle salle consacrée à la biodiversité de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, à Bruxelles.

Début avril, le Muséum proposera, en effet, à ses visiteurs de découvrir sa nouvelle salle permanente (sur deux étages!), baptisée « Planète vivante ». Pour tenter de décrocher une invitation à une visite VIP de cette nouvelle salle, en compagnie de la muséologue Cécile Gerin, conceptrice de cette nouvelle salle, Daily Science vous propose de répondre à trois questions simples.

Trois lecteurs seront proclamés lauréats. Chacun pourra être accompagné de sa famille (jusqu’à trois invités par lauréat). Cette visite aura lieu le samedi 18 avril 2020, à 10 heures du matin.
Le règlement complet du concours est accessible sur le site de Daily Science. Le bulletin de participation se trouve ci-dessous. Le concours est ouvert jusqu’au 1er avril 2020 à 23:59, heure belge.

Bonne chance à tous!

Concours – Daily Science vous emmène à la découverte de la biodiversité

Baptême du fond pour 27 bathyscaphes à Nemo 33

Après six mois de travail, dans le cadre de leur projet d’année, les étudiants de l’École polytechnique de Bruxelles (ULB) vont tester les petits sous-marins qu’ils ont réalisés dans la piscine Nemo 33, à Bruxelles. Ces prototypes devront descendre à 8 mètres de profondeur avant de remonter automatiquement.

Chaque année, l’École donne un nouveau défi à ses étudiants de première, mais cette année et pour la première fois, elle s’est plongée dans son passé. « C’est un projet qui a très bien marché il y a 10 ans. D’abord parce qu’il offre une belle mise en pratique des concepts théoriques, mais aussi parce que la fabrication de l’objet en lui-même est extrêmement ludique », explique Nadine Postiaux, responsable pédagogique du projet.

© ULB

Les groupes d’étudiants ont modélisé et construit un bathyscaphe complètement autonome. Deux difficultés majeures attendaient ces futurs ingénieurs dans le cadre de ce projet. « Le prototype ne doit pas seulement fonctionner et être fiable, il doit aussi respecter l’environnement de test. Pas question de polluer l’eau de la piscine », note Laurent Catoire, directeur technique du projet.

« Jusqu’à présent, les étudiants ont pu essayer leurs prototypes dans une colonne d’eau de 2 mètres d’eau et un caisson de mise sous pression. Pour l’évaluation, les conditions sont évidemment très différentes. Ils vont donc devoir s’adapter », annonce Alain Delchambre, prêt à remonter… les engins défectueux.

Coronavirus : chute de la pollution en Chine et en Italie

Après les observations communiquées par la NASA sur la concentration en NO2 dans l’atmosphère terrestre au-dessus de la Chine, c’est l’instrument spatial européen IASI qui démontre qu’au mois de février 2020, les concentrations en monoxyde de carbone (CO) ont diminué de 10 à 45%, dans toute la région entre Wuhan et Beijing par rapport aux années antérieures. Un constat posé par les chercheurs de l’Université libre de Bruxelles qui traitent les données satellitaires recueillies par cet instrument.

 

Monoxyde de carbone mesuré par la mission satellite IASI en Italie. Crédit : Maya George (LATMOS/CNRS).
Monoxyde de carbone mesuré par la mission satellite IASI en Italie. © Maya George (LATMOS/CNRS).

 

« Alors que l’épidémie de Covid-19 fait rage et s’étend, une chute des niveaux de pollution est observable par satellite, liée à la mise en quarantaine totale ou partielle de plusieurs villes ou régions », indiquent les chercheurs bruxellois. Ils précisent: « la mission satellite IASI a mesuré le monoxyde de carbone en Chine et en Italie. Ses données montrent également une tendance à la baisse dans le nord de l’Italie ces derniers jours. Comme ce gaz persiste plusieurs semaines dans l’atmosphère, l’impact ne se limite pas aux zones confinées, mais s’étend aussi aux alentours.

L’instrument IASI surveille la composition de l’atmosphère depuis 2007, et vole à bord des 3 satellites météorologiques européens Metop. (gérés par Eumetsat). Chaque instrument IASI fournit plus d’un million d’observations chaque jour, à partir desquelles l’équipe de chercheurs et d’ingénieurs de l’ULB fournit des cartographies pour une trentaine de gaz, chaque jour.

Le cœur de l’instrument est un spectromètre à transformée de Fourier qui enregistre le rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre. Quand ce rayonnement traverse l’atmosphère, il interagit avec les molécules qui se trouvent sur le trajet entre le sol et le satellite. Comme chaque gaz possède une signature spectrale spécifique, les passages successifs du satellite permettent de surveiller depuis l’espace les gaz qui se déplacent autour du globe.

À Liège, l’Intelligence Artificielle s’inspire du fonctionnement du cerveau humain

Durée de lecture : 2 min

Les animaux excellent à adapter leurs intentions, leur attention et leurs actions à l’environnement, ce qui les rend remarquablement efficaces pour interagir avec un monde extérieur riche, imprévisible et en constante évolution. Une propriété qui fait actuellement défaut aux machines intelligentes.

Une telle propriété d’adaptation repose largement sur la neuromodulation cellulaire, le mécanisme biologique qui contrôle dynamiquement les propriétés intrinsèques des neurones et leur réponse aux stimuli externes en fonction du contexte.

À l’Université de Liège, une équipe de chercheurs vient précisément de créer une nouvelle méthode d’Intelligence Artificielle inspirée du fonctionnement du cerveau humain et basée sur la neuromodulation. Une technique biologique qui permet de construire une nouvelle architecture de réseau neuronal profond qui est spécifiquement conçue pour apprendre des comportements adaptatifs.

La neuromodulation pour doper l’IA

« Malgré les immenses progrès dans le domaine de l’IA ces dernières années, nous sommes encore très éloignés de l’intelligence humaine. En effet, si les techniques d’IA actuelles permettent d’entrainer des agents informatiques à effectuer certaines tâches mieux que des humains lorsqu’ils sont entrainés spécifiquement pour celles-ci, les performances de ces mêmes agents sont souvent fort décevantes lorsqu’ils sont mis dans des conditions (même légèrement) différentes de celles vécues lors de l’entrainement », indique-t-on à l’Université de Liège.

Deux doctorants, Nicolas Vecoven et Antoine Wehenkel, ainsi que deux professeurs, Damien Ernst (spécialiste en intelligence artificielle) et Guillaume Drion (neuroscientifique), ont dès lors développé une architecture de réseaux de neurones artificiels introduisant une interaction entre deux sous-réseaux assimilée à de la neuromodulation.

Deux réseaux qui se « parlent »

Le premier réseau prend en compte toutes les informations contextuelles concernant la tâche à résoudre. Sur base de ces dernières informations, il neuromodule le deuxième sous-réseau à la manière des neuromodulateurs chimiques du cerveau.

Grâce à la neuromodulation, ce deuxième sous-réseau, qui détermine les actions que l’agent intelligent doit effectuer, peut donc être adapté très rapidement en fonction de la tâche courante. Cela permet à l’agent de résoudre de nouvelles tâches.

« Cette architecture a été testée avec succès sur des classes de problèmes de navigation pour lesquels l’adaptation est nécessaire », précise l’ULiège dans un communiqué. « Des agents entrainés à se déplacer vers une cible, tout en évitant des obstacles, ont notamment été capables de s’adapter à des situations dans lesquelles leur mouvement était perturbé par du vent dont la direction est extrêmement variable ».

Les yeux et les oreilles de Daily Science (123)

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Daily Science vous emmène voir les étoiles (à l’UNamur); déclin des abeilles : BELBEES chiffre l’ampleur des menaces; après l’impact de la météorite qui a tué les dinosaures, la vie marine de nos régions a rapidement repris le dessus; smartphone ou études universitaires : il faut choisir.

À la rédaction de Daily Science, nous repérons régulièrement des informations susceptibles d’intéresser (ou de surprendre) nos lecteurs. Découvrez notre dernière sélection.

Daily Science vous emmène voir les étoiles

À l’occasion de la fin de l’année, Daily Science propose un concours « astronomique » à ses lecteurs. Trois questions relatives à l’astronomie, au sens large du terme, sont proposées. Une question subsidiaire départagera les plus perspicaces.

Le prix? Il est lui aussi « astronomique ». Il s’agit d’une invitation à une séance d’observation des étoiles et des planètes avec le Pr André Füzfa, de l’UNamur, depuis la tour astronomique de l’université, laquelle a été remise à neuf cette année.

Trois lecteurs seront proclamés lauréats. Chacun pourra être accompagné d’une personne de son choix. Cette soirée d’observation aura lieu en janvier, voire en février 2020, en fonction du ciel et de l’agenda du Pr Füzfa.

Le concours est ouvert jusqu’au 31 décembre 2019 à minuit. Il est accessible via l’onglet « concours » sur la page d’accueil de DailyScience.be. Le formulaire de participation est également accessible en suivant ce lien.

Bonne chance!

Déclin des abeilles : BELBEES chiffre l’ampleur des menaces

33 % des espèces d’abeilles présentes en Belgique sont menacées d’extinction alors que 12 % des populations d’abeilles du pays ont déjà disparu, par rapport à la période 1900-1969. Voilà quelques chiffres provenant du projet de recherche BELBEES, financé par la Politique scientifique fédérale belge (BELSPO) et réalisé par des chercheurs de l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique et de différentes universités du pays, dont l’Université de Mons.

© Thierry Hubin, Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique.

Ce sont les groupes d’espèces avec des écologies particulières, comme les abeilles sociales, qui sont les plus impactées par les changements globaux. C’est notamment le cas du groupe des bourdons, pour lequel 80 % des espèces sont menacées d’extinction, sont d’ores et déjà éteintes ou sont en passe d’être menacées.
Face à cette régression massive, plusieurs causes anthropiques sont pointées par les chercheurs : la perte et la fragmentation des habitats en raison de l’intensification de l’agriculture et du développement urbain, mais aussi le changement climatique.

Après l’impact de la météorite qui a tué les dinosaures, la vie marine de nos régions a rapidement repris le dessus

Il y a 66 millions d’années, une météorite d’un diamètre de quelque 10 kilomètres de diamètre s’est abattue sur la péninsule mexicaine du Yucatan. Elle a provoqué des désastres environnementaux dans le monde entier avec des tsunamis, un obscurcissement du ciel, des pluies acides… De ces changements climatiques soudains a découlé une des plus grandes crises de la biodiversité de tous les temps. Les trois quarts du règne animal et la moitié des espèces végétales ont été rayés de la carte.

Les conséquences de l’impact des météorites n’ont pas été partout aussi dramatiques. Une nouvelle étude réalisée par des paléontologues belges et néerlandais de la KU Leuven, de l’Institut royal belge des sciences naturelles de Belgique, à Bruxelles, et du Musée d’histoire naturelle de Maastricht, montre que la vie dans la mer subtropicale du Limbourg a largement survécu à cette catastrophe écologique.

Cette conclusion provient de l’analyse de fossiles provenant de l’ancienne carrière de calcaire de Curfs-Ankerpoort, à 5 kilomètres à l’est de Maastricht. L’équipe de chercheurs y a recueilli quelque 1 400 fossiles d’escargots et de coquillages dans des couches de calcaire qui datent d’avant et d’après l’impact de la météorite.

« Nous avons constaté que la diversité des escargots marins des deux périodes était très similaire, comme si ces animaux n’avaient guère souffert des désastres environnementaux », indique un des chercheurs.

Smartphone ou études universitaires : il faut choisir

Les étudiants qui arrivent à l’université pour la première fois et qui utilisent beaucoup leur smartphone obtiennent de moins bons résultats. Tel est un des constats posés par des scientifiques de l’Université de Gand et de l’Université d’Anvers qui ont étudié comment les résultats des examens des étudiants de première année peuvent être mis en lien avec l’utilisation de smartphones.

Les chercheurs ont mis en relation les résultats des examens de 696 étudiants de première année avec des données sur leur utilisation des smartphones. Concrètement, ce sont les résultats des examens de la première période d’examens des étudiants en janvier 2017 qui ont été analysés sur base de questionnaires détaillant leur fréquence d’utilisation de téléphone pour neuf activités différentes (lecture de courriels, recherche d’informations, etc.).

« Les analyses sont sans ambiguïté : les étudiants qui utilisent intensivement leur smartphone obtiennent de moins bons résultats aux examens. Les étudiants dont l’utilisation des smartphones est supérieure à la moyenne obtiennent en moyenne 1,1 point sur 20 de moins à leurs examens que les étudiants dont l’utilisation des smartphones est inférieure à la moyenne », indique le Pr Stijn Baert (UGent).

Autre constat : les étudiants qui faisaient un usage de leur smartphone supérieur à la moyenne ont réussi 60,6 % des examens auxquels ils ont participé. De leur côté, les étudiants ayant une utilisation inférieure à la moyenne des smartphones ont réussi 68,9 % de leurs examens.

Les yeux et les oreilles de Daily Science (122)

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Le Wallonium est de sortie à Namur, Science infuse plutôt que science confuse: un guide pour communicateurs, comment les étoiles géantes se refroidissent et se réchauffent de façon répétée…

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Le Wallonium est de sortie à Namur

Le Kikk 2019, ce festival des cultures numériques et créatives qui emprunte les codes des secteurs de l’art et de la culture autant que de la science et de la technologie, a accueilli cette année le « Wallonium », dans son espace « Market ». Cette surprenante construction, soutenue par l’Awex (Agence Wallonne à l’exportation) et WBI (Wallonie-Bruxelles International) illustre le savoir-faire de différents centres de recherche et d’entreprises en Wallonie.

Pourquoi le Wallonium, dont les atomes du sommet dessinent un « W », s’est-il posé quelques heures à Namur? « Notamment pour montrer qu’en matière “d’additive manufacturing” (impression 3D de différents composés), le Centre collectif de recherche de l’industrie technologique Sirris est et reste à la pointe », indique Thierry Coutelier, du Sirris.

« Nous développons actuellement une « assurance qualité », pour “l’additive manufacturing”. Une certification qui garantit au client ou à l’utilisateur final de la pièce que celle-ci répond bien à toutes ses exigences de qualité. Il s’agit d’une certification transparente, intégrée à tous les niveaux de la chaîne de production, depuis les matières premières utilisées (ou réutilisées) jusqu’aux critères à respecter lors des processus de fabrication ».

Technologies et arts font bon ménage à Namur. Comme le montrent également ces quelques instantanés du Kikk Festival 2019.

 

Science infuse plutôt que science confuse: un guide pour communicateurs

Comment parler de science sans verser dans l’angélisme, la langue de bois ou la contre-vérité? Dans « Science infuse », Marine Lhomel livre ses recettes. Cette spécialiste de la communication a longuement collaboré avec l’industrie biomédicale. Elle connaît ses enjeux, ses jargons, ses relations avec les patients, les investisseurs, les équipes scientifiques, les journalistes.

« Science infuse », par Marine Lhomel, Editions l’attitude des Héros, VP 24 euros.
« Science infuse », par Marine Lhomel, Editions l’attitude des Héros, VP 24 euros.

Son propos vise ici avant tout les communicateurs du secteur biomédical. Son ouvrage intéressera toutefois aussi les curieux avides de comprendre le déroulement et les enjeux d’une étude clinique par exemple. Les professionnels d’une start-up ou d’une spin-off qui souhaiteraient mieux communiquer vers un large public sur l’actualité de leur entreprise y trouveront aussi quelques recettes pour mieux faire comprendre à un public non spécialisé les enjeux de leurs nouveaux projets professionnels.

Son livre est aussi susceptible d’éclairer les journalistes sur les pratiques d’un secteur économique important en Belgique et sur la manière dont ses progrès leur sont distillés.

À travers une série d’études de cas, Marine Lhomel guide les apprentis communicateurs dans les méandres de la recherche qu’ils et elles auront à faire comprendre en dehors du cercle des initiés. Elle les prend par la main et les guide dans l’exercice de leur métier, à commencer par les informer sur la réticence que certains scientifiques peuvent avoir à simplifier la teneur de leurs travaux. Elle balaie également quelques cas de figure où ils pourraient être amenés à intervenir techniquement: conférences, posters scientifiques, présentation à un congrès.

Autant de trucs et astuces du métier à garder en tête quand on veut parler de ses recherches. Comme le résume l’auteure, son livre est surtout « un guide pratico-pratique pour aider entre autres, les chercheurs et entrepreneurs scientifiques à parler de leur science avec les médias, les investisseurs et le grand public ».

 

Comment les étoiles géantes se refroidissent et se réchauffent de façon répétée

Une équipe internationale d’astronomes professionnels et amateurs, comprenant Alex Lobel, astronome à l’Observatoire royal de Belgique, a découvert par quel moyen la température de quatre étoiles hypergéantes jaunes passe de 4000 degrés à 8000 degrés et vice versa en quelques décennies.

Les chercheurs ont analysé la lumière de quatre hypergéantes jaunes qui ont été observées au cours des cinquante à cent dernières années. Les hypergéantes jaunes sont d’énormes étoiles brillantes. Elles sont quinze à vingt fois plus massives que le Soleil et sont 500 000 fois plus brillantes que lui. Les atmosphères de ces étoiles sont tellement immenses que, si elles se trouvaient à la place de notre Soleil, elles s’étendraient au-delà de l’orbite de Jupiter.

Comme les chercheurs disposaient d’une longue série de mesures, ils ont pu voir en détail comment les étoiles se réchauffent en quelques décennies et se refroidissent en quelques années.

Le cycle commence avec une étoile froide. Quelques décennies plus tard, la température moyenne de l’atmosphère atteint environ 8000 degrés. Cependant, à 8000 degrés, l’atmosphère devient instable en raison des pulsations amplifiées. À un certain moment, l’atmosphère entière est éjectée. Par conséquent, l’étoile se refroidit rapidement et un processus d’autoaccélération se produit dans lequel les électrons se fixent aux ions hydrogène et une grande quantité d’énergie ionisante est libérée. Cela refroidit encore plus l’atmosphère. Le refroidissement de 8000 degrés à 4000 degrés ne prend que deux ans. Puis le cycle recommence, avec une étoile un peu plus légère. En fin de compte, les astronomes pensent que l’hypergéante se transforme en une étoile plus chaude et finit par devenir une supernova.

 

Des Belges à bord de la plus grande expédition scientifique jamais menée en Arctique

Durée de lecture : 4 min

La plus grande expédition scientifique jamais organisée vers l’Arctique a été lancée récemment depuis le port de Tromsø en Norvège. Baptisée MOSAiC, pour Multidisciplinary drifting Observatory for the Study of Arctic Climate, cette mission permettra de recueillir des données concernant l’évolution du processus climatique dans cette région fortement impactée par les changements climatiques. Des chercheurs de l’unité de recherches FOCUS  de l’ULiège font partie de l’équipage composée de scientifiques venant de 17 pays*.

La banquise, source ou puits de carbone ?

L’Arctique est la région du monde qui enregistre le réchauffement le plus élevé de ces dernières décennies. Comprendre les raisons de ce réchauffement, l’impact qu’il a sur cette zone et les répercussions que cela pourrait avoir sur d’autres régions de la planète est crucial.

Pendant une année, 6 équipes de recherche se relaieront à bord du Polarstern, le plus gros navire scientifique d’Europe. Il va se laisser emprisonner dans les glaces de l’Arctique, afin de collecter des données sur l’atmosphère, la glace de mer, l’océan, l’écosystème ou encore le cycle biogéochimique. Et ce, pour mieux comprendre les interactions qui façonnent le climat et la vie dans cet environnement polaire.

Le vaisseau de recherche allemand Polarstern durant son hivernage en Mer de Weddel  ©Stefan Hendricks

Bruno Delille, chercheur qualifié FRS-FNRS de l’Unité d’Océanographie Chimique, prendra part au dernier relais de l’expédition. « Un des principaux objectifs de notre groupe est d’estimer le rôle de la banquise arctique comme source ou puits de gaz à effet de serre pour l’atmosphère, dans un contexte où la banquise évolue très rapidement à cause des changements climatiques. »

Des mesures chimiques sur un cycle annuel complet

« Du fait des contraintes logistiques inhérentes au travail dans cette région, notre vision est désespérément parcellaire – quelques semaines d’étude par-ci, quelques mois au plus par-là – avec lesquels il est difficile de tirer un bilan annuel fiable des flux de gaz à effet de serre. MOSAiC est une opportunité unique d’étudier ces questions et d’intégrer nos mesures au cours d’un cycle annuel complet dans une des régions les plus inaccessibles. »

Infographie des principaux centres d’intérêt scientifique de MOSAiC ©MOSAiC

 

« C’est un effort logistique exceptionnel, jamais conduit jusqu’alors. MOSAiC sera pour nous un pas en avant déterminant, et donc un objectif essentiel. Nous serons à bord responsables des mesures d’oxyde nitreux, un des principaux gaz à effet de serre, et collaborerons pour la mesure de deux autres gaz plus connus, le dioxyde de carbone et le méthane. »

Une expédition folle aux chiffres fous

L’expédition MOSAiC, dont le budget est de 140 millions d’euros, est dirigée par l’Institut Alfred Wegener du Centre Helmholtz pour la recherche polaire et marine. Elle présente des défis sans précédent.

Une flotte internationale de quatre brise-glaces, d’hélicoptères et d’avions ravitaillera le Polarstern pour son voyage épique. Au total, 600 participants internationaux, dont la moitié de chercheurs, participeront à cette mission. Elle se terminera à la fin de l’été arctique 2020. Le Polarstern se libérera alors des glaces et retournera à son port d’attache de Bremerhaven, en Allemagne, où il devrait arriver vers la mi-octobre 2020.

Notre météo se mitonne en Arctique

Pour Markus Rex, Directeur de l’expédition et chercheur au Alfred Wegener Institute : “Cette mission est révolutionnaire. Jamais, auparavant, il n’y avait eu une expédition aussi complexe dans cette partie du monde et en hiver. Nous étudierons les processus climatiques dans le centre de l’Arctique. Ainsi, pour la première fois, nous serons en mesure de les comprendre et de les représenter correctement dans les modèles climatiques. »

« L’Arctique est l’épicentre du réchauffement de la planète et a déjà subi des changements spectaculaires. Et c’est là que « se cuisine » la météo en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Les conditions météorologiques extrêmes comme les éclosions d’air froid de l’Arctique en hiver ou les vagues de chaleur en été sont liées aux changements qui y surviennent. En même temps, les incertitudes de nos modèles climatiques ne sont nulle part plus grandes que dans cette région polaire. Il n’y a pas de pronostic fiable sur la façon dont le climat arctique évoluera ou sur les impacts potentiels sur notre climat. Notre mission est de changer cela. »

 

*Belgique, Canada, Chine, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Russie, Espagne, Suède, Suisse et Etats-Unis.

 

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