Christian Du Brulle

Les mosasaures ont le sourire au Muséum

Durée de lecture : 3 min

Tout à côté de la cage des iguanodons, au Muséum des Sciences naturelles à Bruxelles, les mosasaures pointent désormais du nez! Une nouvelle (petite) salle qui s’ouvre aujourd’hui au public leur est entièrement consacrée. Ils le méritaient !

La collection de fossiles de mosasaures de Bruxelles est une des plus riches du monde. Deux “gisements” importants de mosasaures sont en effet situés en Belgique : au Limbourg et en Hainaut, dans des terrains crayeux. Ces contemporains des dinos manquaient de visibilité au Muséum. La question est désormais réglée.

 

Neuf espèces différentes dont huit “holotypes”

Les mosasaures sont des lézards marins, des prédateurs qui peuplaient les mers chaudes du Crétacé”, explique Gérard Cobut, le muséologue qui a élaboré la nouvelle salle d’exposition. “Les spécimens dont nous disposons ne sont pas tous aussi complets que nos iguanodons. Mais d’un point de vue scientifique, ils sont prodigieux”.

Les iguanodons présents dans les collections de l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique appartiennent à deux espèces différentes. Les 52 squelettes de mosasaures conservés à Bruxelles représentent neuf espèces différentes.

Sur ces neuf espèces, huit ont servi à la description de l’espèce au niveau mondial. ce sont des holotypes. Ils sont uniques”, précise Gérard Cobut.

 

Les mosasaures ne sont pas des dinosaures (Gérard Cobut)

Hainosaurus, le lézard géant de Ciply

Le muséum propose à ses visiteurs de découvrir quatre espèces différentes dans sa nouvelle salle, dont deux de ces spécimens holotypes Très didactique, la salle aborde diverses facettes de la vie de ces animaux disparus : leur dispersion mondiale, leur anatomie, leur reproduction, etc.

 Un des plus grands mosasaures découverts en Belgique pays fait quasi 13 mètres de long. Son squelette fossile est exposé dans la nouvelle salle. Il a été découvert à Ciply, en province de Hainaut et son impressionnante mâchoire dotée de dents n’ayant rien à envier à celle du Tyrannosaure exposée dans la salle voisine.

Ce géant a été baptisé Hainosaurus bernardi. Un peu de sémantique scientifique? Haino-saurus signifie “reptile de (la vallée de ) la Haine”. Il s’agit de la rivière qui donne son nom au Hainaut, aux abords de laquelle il a été découvert.

Extrait d’une animation sur les mosasaures visible au Muséum des Sciences Naturelles de Belgique


Les reptiles de la Meuse

La salle, située en sous-sol, est lumineuse et agréable à explorer. Elle nous rappelle aussi l’origine du nom générique de cette espèce étonnante. Les premiers fossiles ont été découverts dans les années 1770, à la Montage Saint-Pierre, le long de la Meuse, près de Maastricht. En 1822, l’énorme crâne fossile qui y avait été exhumé fut enfin baptisé mosasaure, soit reptile (-saure) de la Meuse (mosa-).

 

Une spécialité belge ?

A noter encore, nombre des noms donnés aux différents spécimens découverts chez nous font référence à la Belgique ou aux activités minières (phosphate) qui ont permis leur découverte à l’époque. Outre l’Hainosaurus déjà évoqué, pointons Phosphosaurus ortliebi, Prognatodon solvayi ou encore Mosasaurus lemonnieri.

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Bien avant l’arrivée des mosasaures, une extinction massive fit place (quasi) nette sur Terre: l’extinction Permien-Trias. La faute aux microbes?

Les microbes responsables d’une extinction massive

Durée de lecture : 2 min

Il y a 252 millions d’années, bien avant l’apparition des mosasaures, 90% des espèces disparurent de la surface de la Terre de manière brutale, c’est ce qu’on appelle l’extinction Permien-Trias ou extinction permienne. Les causes de cette extinction massive ne sont pas encore totalement élucidées.

La piste des volcans

Météorites, comètes ont été tenues pour responsables par certains, mais cette hypothèse est contestée. Reste les volcans. A cette période, nombre de volcans étaient en éruption, particulièrement en Sibérie. Leur activité pourrait être la cause d’un mystérieux dépôt de carbone qui est le témoin d’une augmentation importante et soudaine de gaz contenant du carbone au moment de la catastrophe. La vie est fondée sur le carbone. Lors d’une modification brutale et importante de ce cycle, la vie sur Terre pourrait être mise en péril.

Méthane microbien

Des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) viennent de tordre le cou à l’hypothèse volcanique. Ils ne nient pas que les quantités de gaz émis par les volcans puissent avoir eu un effet sur la vie. Mais à leurs yeux, cette explication n’est pas suffisante. Dans le PNAS , les chercheurs américains estiment que la hausse des concentrations de carbone sur Terre pourrait provenir des microbes producteurs de méthane, Methanosarcina, qui se sont soudainement multipliés dans les océans.

Ce puissant gaz à effet de serre, produit de manière continue et croissante, aurait modifié tant la chimie des océans que le climat et provoqué cette extinction massive.

Daily Science, c’est parti!

Durée de lecture : 2 min

Votre nouveau rendez-vous quotidien pour tout savoir sur les sciences, la recherche et l’innovation en Belgique est désormais en ligne ! Comme tout site web, il va se développer au jour le jour en vous proposant de nouveaux articles, des photos inédites, des vidéos, des podcasts.

Pour mettre nos lecteurs en appétit, voici déjà quelques nouvelles fraîches qui, loin du tumulte de l’immédiateté de l’information “chaude”, vous proposent un autre regard sur l’actualité récente.

Par exemple cette longue rencontre-interview avec Vincent Blondel, le nouveau recteur de l’UCL. Ou alors avec cette invention liégeoise qui combat la migraine sans utiliser de médicaments.

Au passage, écoutez aussi Jean-Pierre Hansen nous parler du poids des mots en économie et nous donner rendez-vous au Collège Belgique! Sans parler des raisons qui nous ont fait adorer le film “Comment j’ai détesté les maths” qui sort ces jours-ci en salle à Mons, Bruxelles ou Liège. A moins que vous ne vous intéressiez à la chirurgie pratiquée au silex voici 7.000 ans en France ? En effet, Daily Science regarde parfois aussi ce qui se passe au-delà de nos frontières, surtout si son guide n’est autre que le célèbre paléoanthropologue français Yves Coppens !

Bonne lecture et… à demain?

Rencontre : Vincent Blondel, nouveau recteur de l’UCL

Durée de lecture : 7 min

Doyen de l’Ecole polytechnique de Louvain et professeur de mathématiques appliquées à l’UCL, Vincent Blondel est le nouveau recteur de l’Université Catholique de Louvain. Il a été choisi par quelque 33.000 étudiants et membres du personnel parmi cinq candidats au terme d’une procédure électorale en deux temps.

Quelques jours après son élection, cet ingénieur et philosophe de formation a longuement répondu aux questions de Daily Science. Comment voit-il l’avenir de « son » université au cours des cinq prochaines années ? Quelles sont ses priorités ? Comment va-t-il mettre son équipe en place ? Rencontre avec celui qui, au 1er septembre prochain, dirigera la plus importante université francophone du pays.

 

Vincent Blondel, la campagne électorale qui s’est achevée sur votre élection a été difficile, non ?

 

Je ne dirais pas cela. Elle a été assez longue : plusieurs mois. Elle a également mobilisé cinq candidats. Cela a permis de discuter d’une série d’enjeux importants pour les années à venir avec toute la communauté universitaire, dans un esprit positif et porteur pour l’institution.

 

Votre campagne a été très axée sur le web. C’est indispensable aujourd’hui ?

 

Il n’y avait aucune forme d’obligation à ce propos. Chaque candidat disposait de son site pour cette campagne électorale. Chacun avait aussi un programme documenté. Nous avons aussi fait chacun certains choix. Personnellement, j’avais complété mon site par un canal vidéo YouTube et par une page Facebook qui permettait d’alimenter le débat. Facebook par exemple a permis aux étudiants de me poser toutes les questions qu’ils voulaient. J’ai repris une dizaine de ces questions et j’y ai répondu dans une vidéo spécifique.

 

Il y a 33.000 personnes qui votent à l’UCL. On ne peut évidemment pas discuter en direct avec tout le monde. C’était là un des moyens que j’ai mis en place pour pouvoir dialoguer avec le plus grand nombre et de manière la moins unilatérale possible. Je ne voulais pas me limiter à mettre simplement à disposition le document un peu aride de 30 pages reprenant mon programme pour l’Université.

 

Ces technologies modernes de communication incarnent-elles également l’avenir de l’enseignement à l’UCL ?

 

C’est une réalité aujourd’hui, y compris pour les étudiants et les moyens grâce auxquels ils s’approprient les matières. Je pense par exemple à ma fille qui récemment, pour alimenter sa compréhension d’un cours de physique, a visionné des vidéos sur internet. Ces vidéos n’avaient pas été préparées dans le cadre de son cours mais elles l’illustraient parfaitement. Quoi qu’on fasse, les étudiants s’approprient le savoir en utilisant les outils numériques et en échangeant avec d’autres étudiants via les réseaux sociaux. L’université doit prendre cette réalité en compte.

 

Les cours de l’UCL seront-ils un jour donnés sur YouTube ?

 

C’est ce que nous faisons déjà. Nous avons investi récemment dans les MOOCs (« Massive online open courses », des cours publics en ligne, libre d’accès). A l’heure actuelle, quatre cours de l’UCL sont diffusés sous cette forme et ils sont suivis par plus de 50.000 étudiants à travers le monde.

 

Cette dimension numérique, est-ce un exemple des « idées nouvelles » que vous souhaitez voir se développer à l’université ?

 

C’est une forme de responsabilité que l’université doit assumer. Cela porte à la fois sur la recherche, l’innovation et la transmission du savoir. C’est le cas des MOOCs qu’il nous faudra bien sûr évaluer et adapter. Mais oui, quand on parle d’idées nouvelles que l’université doit porter, c’est exactement de cela qu’il s’agit. Ainsi que de toute autre initiative analogue. L’université est un lieu où il faut tenter et tester les idées nouvelles.

 

Reprendre les rênes de l’université au 1er septembre, n’est-ce pas aussi reprendre un certain passif ?

 

Je ne pense pas que ce soit à moi de faire le bilan de l’équipe rectorale sortante. Ce qui m’intéresse par contre, c’est de voir où se trouve l’université aujourd’hui et où nous allons pouvoir la conduire demain. Nous allons la porter ensemble, dans un contexte qui est effectivement parfois un peu difficile, notamment en ce qui concerne le sous-financement chronique auquel elle doit faire face, et ce au regard de l’ensemble des tâches qui nous sont assignées.

 

Les faibles moyens financiers auxquels vous faites allusion portent tout de même sur un budget annuel de 320 millions d’euros ?

 

En effet. C’est bien le budget annuel de l’université, hors contrats de recherche. Et deux tiers de ce budget proviennent de la dotation de la Communauté française. Quand je parle de faibles moyens, je fais référence à l’évolution de nos moyens ces dix dernières années. Si on rapporte ces moyens au nombre d’étudiants fréquentant l’université, il y a eu une décroissance des moyens de l’ordre de 20 pour cent en dix ans. Et si on compare la situation à ce que se passe dans les pays étrangers, nous sommes clairement moins bien lotis.

 

Comment améliorer cette situation ? (Ecoutez la réponse de vive voix de Vincent Blondel à cette question)

Quelle sera la première de vos priorités lors de la prochaine rentrée académique ?

 

Il y a beaucoup de projets que j’aimerais mener à bien en matière d’enseignement et de recherche. Mais nombre d’entre eux sont conditionnés par les moyens disponibles. D’ici début 2016, nous allons devoir imaginer un nouveau décret de financement. Actuellement, les universités sont financées par une allocation fixe et une autre qui varie en fonction du nombre d’étudiants. Cela nécessite une renégociation. Ce décret sera pour moi un enjeu majeur.

 

Il reste quelques mois avant votre prise de fonction effective. Vous allez composer votre équipe ?

 

Il va en effet falloir composer un nouveau conseil rectoral. Ce conseil est un peu le gouvernement de l’Université. Une partie du conseil rectoral ne va cependant pas changer car il n’est pas lié à l’arrivée d’un nouveau recteur. Une autre partie est appelée à être modifiée.

 

Je vais donc identifier au cours des deux prochains mois un ensemble de pro-recteurs et vice-recteurs susceptibles de la rejoindre. Dans mon programme, j’ai proposé de mettre en place quatre pro-recteurs, soit un de plus qu’actuellement. L’idée est de réintroduire un pro-recteur à l’International pour amplifier cette dimension. Cette fonction touche à la fois à l’accueil des étudiants internationaux mais aussi à la possibilité d’envoyer nos étudiants développer leurs savoirs à l’étranger. L’idée est aussi d’en faire des citoyens du monde, de les confronter à des langues, des pratiques qu’ils ne connaissent pas, pour les enrichir. Parce qu’à mes yeux, c’est cela que les étudiants de Louvain doivent être : des étudiants du monde.

 

Pratiquement, j’entre donc dans un processus de désignation. Pendant deux mois environ, nous allons travailler avec des candidats potentiels mais aussi des responsables de l’administration avec lesquels cette nouvelle équipe va devoir travailler.

 

Vincent Blondel veut faire des étudiants de Louvain des citoyens du monde, y compris en ce qui concerne les Arts. 

Vous avez dirigé dans le passé un PAI, un « Pôle d’attraction interuniversitaire » qui rassemblait quelque 200 chercheurs belges. La disparition annoncée des PAI, cet outil du gouvernement fédéral qui finance des collaborations entre universités du Nord et du Sud du pays, cela vous chagrine ?

 

Je souhaite le maintien de cet outil. En Belgique, les partenariats entre universités francophones et néerlandophones sont valorisants pour tous. Les PAI permettent de concrétiser de nombreuses collaborations scientifiques et de les mener de manière efficace. C’est une pleine réussite. Il s’agit là d’un outil extrêmement performant qui a créé une véritable dynamique de recherches en Belgique.

 

Je souhaite son maintien parce que c’est un des derniers moyens qui permet véritablement de financer une recherche conjointe entre les équipes du Nord et du Sud. Des équipes qui souvent ont déjà une série de collaborations qui s’appuient sur une tradition longue de nombreuses années. Il serait particulièrement dommage de voir disparaître cet incitant qui amplifie de telles relations.

 

Sur le plan scientifique, les relations entre les chercheurs sont souvent excellentes, quelle que soit leur langue. Les sciences n’ont pas ce problème de langues. Les mathématiques, par exemple ne s’écrivent ni en chinois, ni en néerlandais. Elles s’écrivent en « sciences ». Voir disparaître les PAI serait vraiment une perte. Parce que c’est à mes yeux une vraie perle dans le paysage de la recherche en Belgique.

La neuromodulation pour traiter la migraine

Durée de lecture : 6 min

Ce n’est peut-être pas « le » remède miracle mais la neuromodulation pourrait bien s’imposer comme une arme de choix pour lutter contre la migraine. Cette méthode non médicamenteuse devrait même connaître un regain d’intérêt grâce à une innovation technologique liégeoise testée et validée par deux études cliniques récentes.

 

Cette innovation technologique prend la forme d’une sorte de « paire de lunettes » à déposer non pas sur son nez, mais bien un peu plus haut, sur le front, comme un serre-tête.

 

« La neuromodulation consiste à stimuler certaines aires cérébrales pour accroître ou diminuer leur activité », explique le Dr Jean Schoenen, professeur en neurosciences à l’Université de Liège. « Souvent, les migraineux ont un cerveau qui travaille trop intensément. En ralentissant ou en prévenant cette activité, on évite la crise ».

 

Stimulation transcrânienne

Pour tenter d’éviter ou de limiter un épisode migraineux, le patient qui ne veut pas prendre d’anti-douleurs ou d’anti-inflammatoires peut agir lui même sur son cerveau par le biais des thérapies cognitivo-comportementales comme l’hypnose, la relaxation ou la méditation. Mais l’activité du cerveau peut aussi être modulée par diverses techniques externes non invasives. Ces techniques stimulent le cerveau à travers le crâne ou via les nerfs périphériques.

 

Dr Jean Schoenen, professeur en neurosciences à l'Université de Liège
Le Dr Jean Schoenen, est professeur en neurosciences
à l’Université de Liège. © DR

« En ce qui concerne la stimulation transcrânienne, on peut agir sur certaines aires cérébrales avec un courant électrique », précise le Dr Schoenen. « Celui-ci est diffusé par des électrodes placées sur le cuir chevelu. L’autre possibilité est la stimulation magnétique générée par des bobines. Ces stimuli répétés modifient l’activité de la zone du cortex cérébral sur laquelle on agit. Plusieurs études ont montré l’intérêt potentiel de ces techniques pour lutter contre la migraine ».

 

Se méfier de l’effet placebo

La pertinence de ces techniques demande encore à être confirmée. «Dans les migraines, l’effet placebo a une efficacité de 20 à 30%. Il faut encore vérifier si ces modes de neuromodulation transcânienne dépassent le seuil des 30% », prévient le spécialiste.

 

Aujourd’hui, ces appareils ne sont donc pas encore commercialisés. Ils ne font l’objet que de tests en milieux hospitaliers : au CHU du Sart-Tilman par exemple où des compléments de recherche sont en cours.

 

De même, la durée optimale du traitement n’est pas encore identifiée avec précision. Dans les études actuelles, la stimulation se fait durant deux à trois mois. « Si vous faites pendant cinq jours une stimulation magnétique transcrânienne sur une zone du cortex cérébral vous pouvez modifier l’activité de cette zone durant 1 à 9 semaines », explique le Pr Schoenen. « Cela varie d’un individu à l’autre ».

 

Un courant électrique sur le front

C’est ici que la nouveauté liégeoise entre en scène. Cette troisième technique fait appel à un appareil développé par une PME de Herstal (Liège) qui vient de recevoir son autorisation de commercialisation aux Etats-Unis comme moyen de prévention et de traitement des migraines.

 

Cet outil, (baptisé « Cephaly »), ressemble à un serre-tête à l’allure futuriste qui se place en travers du front. Sa particularité : il ne stimule pas directement le cerveau mais bien les nerfs périphériques qui se trouvent juste sous la peau.

 

Le courant électrique qu’il diffuse arrive donc dans le cerveau via les terminaisons du nerf trijumeau. « Nous espérons montrer que cela modifie l’activité de certaines aires cérébrales qui sont impliquées dans la douleur et la migraine. Mais notre étude n’est pas encore terminée », précise le Pr Schoenen.

 

Deux études belges encourageantes

Deux études préliminaires ont toutefois déjà montré l’intérêt de cette invention développée avec l’aide la Région Wallonne (SPW DGO6). La première a été publiée en février 2013 dans la revue « Neurology », éditée par l’Académie américaine de neurologie. Elle portait sur un échantillon de 67 volontaires belges.

 

La seconde étude, publiée en décembre dernier dans le « Journal of Headache and Pain », a concerné 2313 utilisateurs belges et français du Cephaly

 

Elle montre que dans 54 % des cas, le dispositif a apporté un réel soulagement aux patients. Chez les personnes déçues par le système, il apparaît que souvent, le « serre-tête électrique » en question n’avait pas été utilisé suivant les recommandations prescrites : c’est-à-dire une application quotidienne d’une vingtaine de minutes.

 

Traiter la douleur et sa cause

Pour le Dr Schoenen, impliqué dans ces deux études, il reste à démontrer quelle technique (stimulation à travers le crâne ou via les nerfs périphériques) est la plus efficace. « Le traitement n’est pas le même », estime-t-il. « Quand vous stimulez un nerf périphérique, vous allez cibler de façon totalement aspécifique des aires du cerveau qui n’ont pas forcément à voir avec les zones impliquées dans la migraine. Vous modifiez l’activité de centres généraux qui sont notamment impliqués dans le contrôle de la douleur ».

 

Mais la douleur n’est qu’un symptôme. « Avec le Cephaly, on ne traite pas la cause tandis qu’avec les stimulations transcrâniennes, on essaye de modifier l’activité cérébrale qui est responsable de l’apparition de la douleur », précise le médecin. « Les deux techniques pourraient donc être complémentaires. C’est notre hypothèse de travail mais elle reste à prouver ».

Si cela fonctionne, on pourrait imaginer un appareil qui stimule les deux niveaux à la fois: le cerveau et les nerfs périphériques, soit la douleur et ce qui la provoque.

 

Pas d’effets secondaires importants

L’avantage est que, contrairement aux médicaments, ces techniques ne provoquent pas d’effets secondaires. Elles peuvent donc être proposées en alternative aux traitements médicamenteux ou en combinaison avec ceux-ci.

 

Notons encore que toutes ces techniques sont préventives: « Il n’y a aujourd’hui pas de traitement curatif de la migraine. « Et il n’y en aura pas au cours de ce siècle», prédit le Pr Jean Schoenen. « La migraine est en effet une maladie génétique : il y a toute une série de gènes qui créent ce qu’on appelle un seuil migraineux ».

 

Ce seuil à partir duquel se déclenchent des maux de tête est plus bas chez les migraineux que chez les autres. Cela les rend plus sensibles à la lumière, au bruit ou aux variations hormonales… «Avec les traitements, on essaye de relever ce seuil migraineux », indique encore le Pr Schoenen.

 

Et le phénomène est loin d’être confidentiel. En Belgique, la prévalence de la migraine est de 20,2 %. Elle est environ trois fois plus élevée chez les femmes (32 %) que chez les hommes (9,5 %), selon le Centre belge d’information pharmacothérapeutique.

Quand le poids des mots façonne l’économie

Durée de lecture : 2 min

PODCAST

Le discours, une simple suite de mots, peut-il à lui seul créer des faits ? En économie, cette nouvelle théorie passionne autant les spécialistes que les sociologues. Ce mercredi 3 avril, le cours-conférence public du Collège Belgique à Bruxelles propose d’explorer cette approche appelée la « performativité ». Et c’est le sociologue Alain Eraly, de la Brussels School of Economics/ULB, qui exposera son opinion à ce sujet.

Cette leçon, intitulée « Le poids des mots : quand les modèles construisent la réalité », s’inscrit dans une série de six conférences consacrées à la justice et à l’économie. Jean-Pierre Hansen, administrateur d’Electrabel et conseiller de GDF-Suez, est le responsable académique de ces sessions spéciales.

 

“Le langage crée un fait”

 

« L’économie peut se décrire de diverses manières », explique Jean-Pierre Hansen. Il y a d’abord les faits et les chiffres qui la caractérisent. Mais ce n’est bien entendu pas suffisant pour expliquer une réalité économique.

« Une autre manière de voir les choses est de poser la question suivante : l’économie ne serait-elle pas aussi le résultat d’idées, de principes, d’idéologies ?

« Mais il y a encore un troisième niveau d’appréciation, qui est de l’ordre du discours, du symbolique. Des mots, un langage, peuvent créer un fait. C’est un sujet novateur et passionnant ».

 

 

Le Collège Belgique est ouvert à tous

Le Collège Belgique propose, tant à un public curieux qu’au chercheur spécialisé, des cours-conférences de haut niveau, orientés vers des thématiques peu explorées et aux confins de différentes disciplines. Il vise ainsi à sortir des universités, institutions artistiques et autres centres de recherche un savoir peu diffusé, afin de permettre à l’ensemble des citoyens d’y accéder. Ces cours sont gratuits, l’inscription est souhaitée.

Mercredi 3 avril 2014, de  17 à 19 heures, Alain Eraly (ULB)  abordera la problématique du « poids des mots en économie », au Palais des Académies à Bruxelles.

Quel avenir pour la cancérologie?

Durée de lecture : 4 min
La recherche sur les cancers / couverture
Le livre “Quel avenir pour la cancérologie ?” est publié dans la collection « L’Académie en poche » de l’Académie royale de Belgique. 5 euros en version papier ou 3,99 euros en version numérique.

« Ce n’est pas parce que l’on découvre un gène ou que l’on guérit une souris, qu’on peut espérer un quelconque bénéfice immédiat pour les malades », souligne l’oncologue Françoise Meunier, Maître de recherches honoraire du Fonds de la recherche scientifique (F.R.S.- FNRS) et directrice de l’EORTC (l’European organisation for research and treatment of cancer). « Le passage du laboratoire ou de l’animal à l’expérimentation humaine, c’est-à-dire à la recherche clinique, est inévitable ».

 

Dans le domaine des cancers, la recherche clinique vise à établir de nouvelles stratégies de traitement. À évaluer des molécules innovantes, plus actives ou moins toxiques. Ce sont les premiers essais cliniques qui ont permis de soigner et de guérir les malades atteints de leucémie et de lymphome. Pourtant, des patients restent réticents à collaborer aux études.

 

 « Participer à une étude peut paraître effrayant », reconnaît la responsable de la coordination des activités scientifiques et des stratégies de l’EORTC. « Mais se soigner avec des plantes non contrôlées ou des extraits non standardisés a déjà conduit à de graves toxicités et à des décès. Rappelons les méfaits de certaines plantes chinoises responsables du cancer de la vessie et de la mort de nombreuses patientes. Il faut souligner que ce sont les malades séropositifs qui ont fait changer les mentalités en comprenant l’importance de participer à des expérimentations cliniques ».

 

Du temps pour dialoguer

La recherche clinique est particulièrement complexe en cancérologie. Contrairement à d’autres pathologies, elle nécessite beaucoup d’intervenants: des spécialistes en radiothérapie, chimiothérapie, chirurgie, immunologie, génétique… L’oncologue doit avoir du temps pour expliquer au malade les raisons de participer à une expérimentation. Les objectifs, le déroulement de l’étude, les effets indésirables éventuels, le suivi après la recherche…

 

” Dans tous les cas, il est important de peser les risques inévitables liés à l’état de santé du malade par rapport aux risques et bénéfices potentiels d’un nouveau traitement expérimental », insiste l’EORTC dans sa brochure distribuée aux patients. « Au cours de l’étude clinique, le malade sera amené à mentionner au médecin tous les effets secondaires ressentis, de manière à ce que ce dernier puisse l’aider ».

 

Françoise Meunier est oncologue. © D.R.
Françoise Meunier est oncologue. © D.R. Maître de recherche honoraire du F.R.S.- FNRS et directrice de l’EORTC. ©D.R.

À l’échelle de l’Europe

Les études sont réalisées à l’échelle internationale pour recruter plus de malades et établir un traitement de référence le plus rapidement possible. En 1962, le Groupe européen pour la chimiothérapie anticancéreuse a été créé en Belgique. En 1968, il devient l’EORTC quand des chercheurs anglais se joignent à cette initiative de Belges, Hollandais, Suisses, Allemands et Français. Aujourd’hui, la mission de l’organisation est toujours de promouvoir, de coordonner, d’analyser et de publier des études cliniques effectuées par plus de 2.500 spécialistes européens qui examinent différents types de cancers ou diverses modalités de traitement. Ce réseau inclut plus de 250 hôpitaux universitaires ou affiliés, dont toutes les universités belges.

 

Plus de 6.000 nouveaux malades, dont 600 Belges, acceptent chaque année d’être traités dans le cadre de protocoles menés par l’EORTC. Actuellement, 160 personnes de 14 nationalités différentes, dont 121 Belges, y travaillent. Ce centre de recherche clinique situé à Bruxelles comprend plusieurs départements qui ont des compétences spécifiques et multidisciplinaires.

 

« Réjouissons-nous! », s’exclame le Dr Françoise Meunier. « Soyons idéalistes et Européens. Considérons que la recherche clinique n’est ni une fantaisie de médecin ni un luxe. Comme l’a écrit Vésale en 1543 : Soigner, c’est expérimenter ».

Cancer_Diminution de la mortalit

 

La spécialiste explique les raisons du nombre de plus en plus élevé de patients atteints de cancer, les défis de la recherche clinique en Europe dans « Quel avenir pour la cancérologie ? » paru dans la collection « L’Académie en poche ». Éditée par l’Académie royale de Belgique en version papier (5 euros) ou numérique (3,99 euros). « Ce petit volume dense s’adresse à la communauté des cancérologues dans le sens le plus large de ce mot. Ne comprenant pas seulement les soignants, mais aussi tous ceux qui touchent de près ou de loin cette grave maladie », commente le professeur Frühling, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie royale de médecine de Belgique.

Les serres de l’UCL sont les plus vertes d’Europe

Durée de lecture : < 1 min

Après une année de rénovations profondes et quasi 4,5 millions d’euros d’investissements, dont une partie a été apportée par le FNRS, l’Université Catholique de Louvain (UCL) a inauguré le 21 mars ses nouvelles serres. Elles sont aujourd’hui les plus performantes d’Europe, grâce à la combinaison de différentes technologies de pointe à découvrir ici.


 

« Comment j’ai détesté les maths » : on adore !

Durée de lecture : 4 min

« Les maths ? Je suis nulle et c’est pour la vie », lance une adolescente d’entrée de jeu. « Trop difficiles, trop hermétiques, inutiles ». « C’est destiné à sélectionner les étudiants trop nombreux en première année à l’université », diront les plus dégoutés. Bref : les maths, c’est l’horreur intégrale !

Des stéréotypes ? A voir…. Le film “Comment j’ai détesté les maths” qui relaie ces avis est certes français, mais la question qu’il pose concerne aussi la Belgique. Pourquoi les mathématiques sont-elles à ce point détestées par la majeure partie de la population alors qu’elles interviennent quotidiennement dans quasi toutes les sphères de notre vie ?

Le réalisateur Olivier Peyon ne livre pas de réponses précises dans son long (1h43!) documentaire. Mais il explore diverses facettes de cette problématique. Et au final, “Comment j’ai détesté les maths” ne laisse personne indifférent.

 

Une omniprésence portée par la révolution informatique

Parce que c’est clair, les maths, qu’on le veuille ou non, sont partout. Pire (ou mieux?) encore : nous sommes à leur merci, à chaque seconde de notre existence.

« Depuis 40 ans, toutes les sociétés modernes en sont devenues ultra-dépendantes. Les algorithmes se retrouvent au niveau de nos GSM, nos GPS, d’internet, des transactions bancaires, des dossiers médicaux centralisés, de la gestion du trafic (aérien, ferroviaire, automobile, fluvial, etc.). Il n’y a plus une facette de la vie humaine qui y échappe », martèlent les mathématiciens interrogés dans le film. Pourquoi cette accélération ? « Parce que dans les années 1970, on a assisté à l’explosion de l’informatique et à l’invention des mathématiques financières ».

 

Le secret de la « beauté »

Olivier Peyon balade ses caméras et ses micros aux quatre coins de la planète : d’Oberwolfach en Allemagne, au Congrès international des mathématiciens d’Hyderabad en Inde, en passant par Berkeley.

Il suit le mathématicien français Cédric Villani (dont la photo illustre la tête de cet article) dans ces différents lieux où « on fait des maths ». Avec Villani, qui a reçu en 2010 la médaille Fields (le « Prix Nobel » des mathématiciens), le réalisateur tente de nous initier à ce concept mystérieux qu’est la « beauté » de cette science.

« La beauté des maths, c’est une démarche », expliquait au « Plaza », de Mons, le Pr Gilles Godefroy, célèbre mathématicien parisien (Jussieu) qui entretient d’étroites relations avec l’UMons. « La beauté en mathématiques est une question d’élégance dans le raisonnement. Elle ne s’applique pas à une démonstration facile et simple à énoncer mais bien un raisonnement à la logique complexe qui débouche sur une explication satisfaisante”.Film Peyon math  1

“Mais surtout, c’est aussi une démarche parfaitement libre. Quand on fait des maths, on baigne dans une liberté totale de pensée. C’est exceptionnel ».

 

Elles ont été déconnectées du sensible

Cet avis parmi d’autres a émaillé le débat qui succédait à la projection en avant-première du film de Peyon en mars dernier, au cinéma Plaza, de Mons. Le débat organisé par SciTech² de l’Université de Mons a porté sur l’enseignement des mathématiques dans les écoles secondaires, sur l’art d’éveiller dès le plus jeune âge une certaine curiosité mathématique, ou encore, sur cette fameuse « beauté » des mathématiques et leur universalité.

Soit. Mais alors pourquoi cette aversion quasi généralisée sous nos latitudes pour les maths ? « Peut-être parce qu’on a déconnecté les maths du sensible » estime Olivier Peyon. « Elles ne racontent plus une histoire. Dans l’enseignement, elles n’incarnent plus assez la réalité. C’est une matière très abstraite. Pour pouvoir l’apprécier, il faut pouvoir l’expérimenter, passer par des expériences physiques. Il faut pouvoir “toucher” les maths, compter sur ses doigts, les assimiler. Ce n’est qu’après qu’on peut passer du physique à l’intellectuel, conceptualiser et enfin appréhender leur beauté », estime-t-il.

 

Quand les maths deviennent « toxiques » 

Une autre facette de l’omniprésence parfois « toxique » des maths dans notre vie est illustrée par la seconde partie du documentaire français. Peyon plonge son public dans ce qu’il appelle « l’horreur des maths ». Celle des algorithmes dévoyés par le monde de la finance et leur rôle joué dans les crises financières.

« Il ne faut pas perdre de vue que ces algorithmes sont des constructions mathématiques », explique encore le réalisateur. « Et on a un peu trop tendance à les considérer comme des objets figés, définitifs parce qu’ils sont efficaces dans un premier temps et dans une certaine mesure. Tant qu’ils permettent certains profits, on les adule. »

film Peyon math 3

« Or, ces constructions mathématiques sont surtout des objets scientifiques. Et comme toutes les sciences, elles sont appelées à être remises perpétuellement en cause, à évoluer ou dans certains cas, à être abandonnées. Les financiers ont peut-être perdu un peu trop vite de vue cette dimension scientifique des algorithmes ».

La projection au Plaza a fait salle comble. Un signe, sans doute, que cette problématique ne laisse finalement pas tout le monde indifférent!

 

(Toutes les photos qui illustrent cet article sont des captures d’écran tirées du documentaire d’Olivier Peyon)

Quand les chirurgiens incisaient au silex

Durée de lecture : 4 min
« Le présent du passé au cube », par Yves Coppens, Editions Odile Jacob, 218 pages, 23 euros environ.
« Le présent du passé au cube », par Yves Coppens, Editions Odile Jacob, 218 pages, 23 euros environ.

Voici 7.000 ans, nos ancêtres commençaient à s’organiser en villages. Et ils s’essayaient aussi avec plus ou moins de bonheur à la chirurgie ! « Alors qu’à cette époque Homo sapiens développe des outils pour l’agriculture, il utilise aussi le tranchant du silex pour couper dans les os de ses semblables », explique en substance le spécialiste français Yves Coppens dans son dernier livre: « Le présent du passé au cube ».

Bien sûr, le célèbre paléontologue est capable de faire la part des choses entre des traces de découpes osseuses signant un affrontement violent entre rivaux et ce qui ressemble aux stigmates d’une véritable opération chirurgicale. Et ses collègues de l’Inrap, l’Institut national (français) de recherche archéologique préventive, également! Ce sont eux, d’ailleurs, qui ont été à l’origine de cette étonnante découverte.

Cet épisode de chirurgie néolithique a eu lieu en France, à Buthiers-Boulancourt, une commune située au sud-ouest de Fontainebleau. Dans une sépulture creusée dans le calcaire, un homme âgé avec de l’ocre sur le crâne, une hache polie ainsi qu’un pic en silex à ses côtés et un jeune agneau à ses pieds, a été exhumé par les archéologues. Ces attributs font écrire à Yves Coppens que « Ce Monsieur n’était donc pas n’importe qui »! Un « Monsieur » qui présentait en outre la particularité d’avoir subi une véritable amputation et d’y avoir survécu !

 

70 siècles plus tard, une opération quasi en direct

Concernant l’opération chirurgicale, le paléontologue précise que ce vieillard « avait de l’arthrose et avait subi une amputation de la partie distale de l’humérus » et que cette amputation avait cicatrisé. « Grâce aux scanners, à la radiographie et à la micro-radiographie, on a pu voir non seulement où, mais comment l’homme avait été sectionné: le bras était posé, tendu sur sa partie dorsale tandis que le silex le découpait de l’avant vers l’arrière ».

On imagine sans peine que l’opération a dû prendre un certain temps et que les saignements ont sans doute été nombreux. « Mais peut-être, le patient avait-il été endormi au moyen de plantes? » suppute Yves Coppens. Quoi qu’il en soit, le résultat est évident: la cicatrisation osseuse montre que l’homme a survécu à un acte médical complexe (l’amputation du bras gauche). Ses « médecins » devaient donc manifestement aussi disposer de bonnes connaissances en ce qui concerne l’usage de moyens antiseptiques.

 

Voyage spatio-temporel

Cette exceptionnelle découverte est relatée dans « Le présent du passé au cube » sous forme d’une chronique. Yves Coppens, professeur honoraire au Collège de France et découvreur de « Lucy », une Australopithèque de plus de 3 millions d’années, signe en effet ici un troisième ouvrage (d’où la mention « … au cube ») condensant plusieurs dizaines de ses interventions, ses « chroniques », sur les ondes de France Info, entre 2007 et 2011.

Chaque texte de ce troisième opus se propose d’illustrer une actualité (« le présent… ») archéologique, préhistorique ou paléoanthropologique (« …du passé »), à la lumière des publications scientifiques, de l’actualité du moment mais aussi des préférences de l’auteur.

A chaque fois, le coup de projecteur sur l’histoire humaine et préhumaine est anecdotique et éblouissant. Coppens balaie large, dans le temps comme dans l’espace. Son livre démarre avec la découverte de fossiles vieux de 10 millions d’années au Kenya et en Ethiopie. Ils illustrent un moment de notre histoire où les ancêtres des chimpanzés et ceux des pré-humains ont pris des chemins différents. Le paléontologue pérégrine ensuite du côté du Moyen-Orient, de la Chine, de l’Inde et de l’Australie mais aussi de l’Amérique et bien sûr de l’Europe. A l’autre côté de l’échelle temporelle, il nous conte diverses anecdotes sur les monnaies gauloises, celtes et romaines ainsi que sur des murs parisiens datant du X ou XIe siècles…

Christian Du Brulle