Les yeux et les oreilles de Daily Science (104)

ULiège: pas de fumée blanche au rectorat, l’histoire et le trucage de la célèbre photo du premier Conseil Solvay étalés au grand jour, « Pint of Science » va abreuver les curieux pendant trois jours, le plaisir des paris sportifs en ligne décortiqué à l’ULB, identification d’un mécanisme de défense des bactéries à l’UCL…

À la rédaction de Daily Science, nous repérons régulièrement des informations susceptibles d’intéresser (ou de surprendre) nos lecteurs. Découvrez notre dernière sélection.

 

ULiège: pas de fumée blanche au rectorat

Il restait deux candidats en lice, cette semaine, à l’élection rectorale de l’Université de Liège: le Pr Albert Corhay et le Pr Pierre Wolper (le Pr Eric Pirard, troisième candidat, ayant été écarté au premier tour).

Université de Liège: trois hommes pour un fauteuil

Au second tour de l’élection, qui s’est déroulé ces 8 et 9 mai, aucun de ces deux candidats n’a recueilli 50% de votes pondérés. La majorité absolue étant une nécessité pour accéder au rectorat, le Conseil d’administration de l’Université de Liège, qui se réunit la semaine prochaine, va devoir lancer un nouvel appel à candidats et organiser un troisième tour.

« Ce troisième tour est ouvert à tous les candidats remplissant les critères d’éligibilité », précise-t-on à l’ULiège. Cela signifie que les trois candidats initiaux ont le loisir de se représenter mais aussi que d’autres candidats au rectorat, une fonction accessible à tout professeur ordinaire de l’Université de Liège jouissant des droits civils et politiques, pourraient également se manifester.

« Si au terme de ce troisième tour, aucun candidat ne décroche la majorité absolue, un quatrième et dernier tour devrait alors être organisé. Celui-ci consacrera alors Recteur le candidat ayant remporté le plus de voix (majorité simple).

C’est la première fois de son histoire que l’Université de Liège est confrontée à ce nouveau règlement électoral, une procédure prévue depuis 2014.

 

L’histoire et le trucage de la célèbre photo du premier Conseil Solvay étalés au grand jour

« The SOLVAY SCIENCE project », un site ouvert à tous, vient d’être mis en ligne par l’ULB, la VUB et les Instituts de Physique et de Chimie Solvay. Il s’agit de rendre largement accessible les comptes rendus des Conseils Solvay et leurs archives via une digithèque tout en proposant aussi une exposition virtuelle racontant l’histoire des Conseils Solvay, depuis 1911 jusqu’à aujourd’hui.

Premier Conseil de physique Solvay, 1911, Hôtel Métropole, Bruxelles. Ernest Solvay est assis en bout de table. A droite: Albert Einstein. Cliquer pour agrandir.
Premier Conseil de physique Solvay, 1911, Hôtel Métropole, Bruxelles. Ernest Solvay est assis en bout de table. A droite: Albert Einstein. Cliquer pour agrandir.

The Solvay Science Project est le fruit d’un travail de longue haleine mené par une équipe interdisciplinaire composée d’archivistes, de chimistes, d’historiens, de physiciens, d’informaticiens, de traducteurs. Ce projet a débuté en novembre 2015 par la poursuite de l’inventaire des archives des Instituts internationaux de physique et de chimie Solvay, lesquelles ont été déposées aux Archives de l’Université libre de Bruxelles en 1976, 1989 et 2016.

On y découvrira notamment une vidéo démystifiant une photographie aussi célèbre que manipulée datant du premier Conseil de physique Solvay. Sur cette photo, on observe au centre l’industriel belge Ernest Solvay, aux côtés de Marie Curie, Albert Einstein ou encore Walther Nernst et Max Planck. En réalité, Ernest Solvay n’était pas présent le jour de la photo. Un homme de paille avait pris la pose à sa place et un trucage habile a ensuite été réalisé. Le célèbre cliché est donc un bel exemple de manipulation! Ce qui n’a pas empêché ce premier Conseil d’être suivi de nombreux autres. Un format de réunion scientifique de haut vol dont le succès n’est toujours pas démenti à ce jour.

 

 

« Pint of Science » va abreuver les curieux pendant trois jours 

Le concept est britannique et remonte à 2012. Deux chercheurs londoniens ont osé sortir la science et les scientifiques de leurs labos pour les installer dans des pubs, au plus près d’un public pas nécessairement acquis à leur(s) discipline(s).

Organisé pour la première fois en Belgique la semaine prochaine, le festival scientifique international « Pint of Science » ouvre ses portes pendant trois jours à Liège, Bruxelles, Louvain-la-Neuve mais aussi en Flandre, à Leuven, Gand, Anvers et Bruges.

Le concept? A chaque fois, en soirée, dans un bistrot, un lieu public, sur scène, un scientifique vient exposer ses recherches. Dans la salle, une pinte à la main (ou sur la table), le public découvre un volet de la science qui se construit quotidiennement près de chez lui. Après la présentation du scientifique, la parole est à la salle et le dialogue s’installe.

En Wallonie, ces rencontres se dérouleront en français. A Bruxelles, c’est l’anglais qui sera privilégié tandis qu’en Flandre, on parlera selon les cas anglais ou néerlandais. A chaque fois, la science et ses progrès seront au centre des débats. L’avant-première, organisée à Bruxelles mi-avril, a été…, comment dire… un véritable succès!

 

Le plaisir des paris sportifs en ligne décortiqué à l’ULB

Le chercheur Damien Brevers (ULB Neuroscience Institute) en collaboration avec des chercheurs de l’UZ Gent, s’est intéressé à l’activité cérébrale chez les fans de football. Il s’est plus particulièrement intéressé à leur activité cérébrale quand ils regardent un match et que cette activité se double de la possibilité, ou non de parier en ligne et en temps réel.

Les chercheurs ont observé davantage d’activité cérébrale pour les matchs de football associés à une opportunité de parier, et ce, dans des zones du cerveau impliquées dans les processus de prise de décision (ex.: le cortex orbitofrontal), les émotions (ex.: cortex insulaire), et le traitement d’une récompense (ex.: le striatum).
Ces résultats offrent donc une simulation précise qui explique comment l’accessibilité aux paris sportifs augmente nos sensations de plaisir lorsque nous regardons des événements sportifs.

 

Identification d’un mécanisme de défense des bactéries à l’UCL

Le Dr Camille Goemans, actuellement postdoctorante au Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), a identifié, alors qu’elle menait ses recherches doctorales à l’Institut de Duve de l’UCL, l’existence d’un mécanisme bactérien de défense. Il s’agit d’une protéine chaperonne, baptisée CnoX, qui protège les bactéries de l’oxydation.

Ces résultats viennent d’être publiés dans une revue scientifique. L’UCL en a profité pour réaliser une petite vidéo vulgarisant cette découverte. Nous vous proposons de la découvrir ci-dessous.