Deux siècles d’existence! Il y a exactement deux siècles, Guillaume Ier, roi des Pays-Bas, signa le décret qui allait donner naissance à l’Observatoire. A l’origine, il ne s’agissait pas encore de l’Observatoire royal de Belgique. Et pour cause, la Belgique n’existait pas. Après la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815, les territoires de ce qui sera plus tard notre pays ont été rattachés au royaume uni des Pays-Bas. Le document signé le 8 juin 1826 par Guillaume Ier porte donc en réalité sur la création de l’Observatoire de Bruxelles, dont une partie des coûts étaient pris en charge par la ville. C’est cet observatoire qui deviendra par la suite l’Observatoire royal de Belgique.
Ce même document fondateur précise aussi clairement le but de ce nouvel observatoire: « contribuer à l’avancement de la science ». On y trouve aussi la mention « d’institutions utiles ». « Ce que ce texte fondateur ne dit pas explicitement, mais que l’on pouvait déjà lire entre les lignes, c’est que la mission de l’Observatoire ne se limitait pas à la recherche scientifique. Elle comprenait également un service scientifique rendu à la société », explique en substance Ronald Van der Linden, le directeur général de l’Observatoire royal de Belgique.
C’est à Saint-Josse-ten-Noode, alors en périphérie de la ville de Bruxelles, que le premier observatoire est établi. La Révolution belge de 1830 retarda sa construction. L’aventure scientifique démarra en 1833 pour la météorologie et en 1835 pour les observations astronomiques.

Comprendre le ciel, c’est aussi mieux comprendre la Terre
« En 1826, lorsque l’Observatoire fut fondé, les instruments étaient modestes », précise Ronald Van der Linden. « Les moyens de communication étaient lents. Et pourtant, les fondateurs partageaient déjà une conviction profonde: comprendre le ciel, c’est aussi mieux comprendre la Terre. »
« Cette conviction est restée remarquablement pertinente pendant deux siècles. Ce qui n’était au départ qu’un observatoire relativement modeste d’astronomie, de météorologie et de mesures fondamentales est devenu une institution scientifique de renommée internationale, active dans des domaines qui sont aujourd’hui plus importants que jamais pour notre société : l’astronomie, la géophysique, la sismologie, la météorologie spatiale et l’étude des autres planètes. »
Et le directeur de citer quelques exemples précis, ancrés dans notre quotidien. « Pendant des générations, l’Observatoire a fourni l’heure officielle du pays. Il a contribué à la cartographie de notre territoire. Il a observé la Terre, ses mouvements et ses variations. Il a permis de comprendre et de mesurer avec précision des phénomènes naturels. Et aujourd’hui encore, sa mission touche directement la société. Lorsqu’un séisme survient, l’Observatoire contribue à son analyse. Lorsque notre planète subit les effets du changement climatique, nos observations constituent des références essentielles. Lorsque l’activité du Soleil menace les satellites et les infrastructures technologiques, des chercheurs belges participent à leur surveillance. »
Déménagement à Uccle et double naissance
En 1890, le développement de la ville de Bruxelles perturbe le déroulement des observations de l’Observatoire de Saint-Josse. Son déménagement est organisé en 1890 vers un nouveau site plus rural, à Uccle: son implantation actuelle.
Au fil du temps, l’Observatoire donne naissance à deux autres institutions scientifiques. On assiste à la création de l’Institut royal météorologique de Belgique, en 1913. Puis, avec le début de la conquête spatiale et le lancement des premiers satellites, est apparu le besoin d’un institut spécialisé dans le développement des technologies spatiales. C’est ainsi qu’est né l’Institut royal d’Aéronomie spatiale de Belgique en 1964.
Aujourd’hui encore, ces trois institutions scientifiques fédérales sont hébergées avenue Circulaire (Uccle). A l’occasion du bicentenaire de l’Observatoire, elles ouvriront leurs portes au public les 26 et 27 septembre prochains. Une série d’autres événements en lien avec cet anniversaire est également au programme des prochains mois. Un programme riche et varié, à découvrir sur le site 200ans.observatoire.be